Un projet Kickstarter loin de faire l’unanimité
Le 17 mai dernier, Anita Sarkeesian lance son projet Tropes vs. Women in Video Games sur Kickstarter. L’idée est simple: elle demande 6000$ afin de lancer une série de vidéos explorant les différents stéréotypes des personnages féminins dans le monde du jeu vidéo. Anita est bien familière avec le sujet. Universitaire, elle a étudié les différents systèmes d’oppression et leurs représentations dans la culture populaire. Elle tient aussi un blog, Feminist Frequency où elle critique avec un point de vue ouvertement féministe, la représentation des femmes dans différents médias.
Difficile de nier que l’industrie est grandement menée par des hommes. Du journaliste au développeur, ce sont majoritairement des hommes qui créent et qui écrivent sur les jeux vidéo. Difficile de nier aussi
que la femme a un certain problème de représentation dans notre industrie. Hypersexualisée, fétichisée, dénudée, passive parfois même violentée. La récente controverse autour de la bande-annonce de Hitman: Absolution démontre bien la maladresse de certaines compagnies (à lire l’excellent article de Keza McDonald de IGN).
Certains cependant pensent le contraire et l’ont fait savoir de façon assez agressive. Depuis le lancement du projet sur Kickstarter, elle a été attaquée et harcelée sur tous les fronts. Un phénomène qui dépasse le "trolling", je le qualifierais d’anti-féminisme. L’intimidation a pris différentes formes, toutes plus dérangeantes les unes que les autres.
On a modifié sa page Wikipedia en la dénigrant. Les commentaires YouTube de ses vidéos ont rapidement dégénérés. Des "memes" ont été faits tentant de la dénigrer. Pire, des dessins
dépictant Anita se faisant violé ont circulé sur le web. Intimidation, menaces de mort, etc. Si vous voulez vraiment vous exposer à toute cette haine en images, simplement visiter son blog. Je fais le choix de ne pas les intégrer, certaines sont assez choquantes.
Plus récemment, un jeu a été mis en ligne où l’objectif principal est de frapper Anita dans le visage. Sur Twitter, Ben Spurr (@Bendilin) l’actuel créateur du jeu, se défend disant que les critiques le dénoncent seulement parce qu’il s’attaque à une femme. Il accuse même Destructoid, qui a publié un article sur le sujet, de misandrie (le contraire de la misogynie). Disons que les réactions ont dépassé la limite du bon goût pour être bien poli.
Malgré ces h
istoires d’horreur, Anita s’en tire bien. Elle a de loin dépassé son objectif atteignant 158,922$ à la fin du Kickstarter le 16 juin. Elle a reçu l’appuie d’une grande partie de l’industrie en plus de faire circuler son histoire sur d’importants blogues couvrant l’industrie. Que l’on soit d’accord ou non avec l’idéologie féministe, je crois que son point de vue est à écouter. Il y a du travail à faire avant que l’on puisse compter en égale proportion les protagonistes hommes et femmes dans nos jeux vidéos préférés. Si on peut en tirer une leçon, c’est que personne pour ses opinions mérite un tel traitement, à prendre en note lors de vos prochaines interactions en ligne!










Image de marque féministe/jeu vidéo, elle parait très bien sur youtube et elle ramasse 150 000$. Alors? On peu donc seulement dire mission accomplie pour cette militante féministe et son super jeu. Mais la cause féministe dans le jeu vidéo tant qu’a c’est plutôt superflu… C’est la preuve qu’il va toujours avoir une militante féministe, peu importe la sphère, et c’est bien comme ça. Il avait une fenêtre ouverte pour elle sur kickstarter et elle en profite. Une fille charismatique, intelligente et sincère qui revendique la place des femmes dans le jeu vidéo et qui ramasse autant d’argent, c’est cool.