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24 juillet 2012

3

[Critique] Max Payne 3

par Nicolas Verge
max-payne-3-trailer

[Note aux lecteurs] Je vous invite à écouter les pièces de la bande-sonore du jeu que j’ai sélectionné en lisant la critique, question de se mettre dans l’ambiance.

Cela faisait presque 10 ans que la série du développeur Remedy n’avait pas été touchée. Max Payne a passé ce temps à boire dans les bas fonds du New Jersey. On reprend le personnage alors qu’il est dans un état piteux, incapable de tourner la page sur le meurtre de sa femme, de sa fille et de Mona Sax. Tourmenté, il rencontre Raoul Passos qui lui propose un contrat de protection d’une riche famille brésilienne, les Brancos. Rockstar Games, qui reprend les reines de la série, provoque donc un profond changement de ton pour Max qui quitte à contre-coeur pour les rues ensoleillées et les boîtes de nuit de Sao Paolo.

L’histoire développe la relation entre les deux partenaires, Max et Passos, en plus des conflits familiaux des Brancos. Rockstar ne se cache plus de ses critiques sociales, on écorche souvent l’Amérique et ont dépeint bien un Sao Paolo, où riches et pauvres vivent isolés l’un de l’autre. Max Payne 3 est à certains moments, la violente rencontre entre ceux-ci. Parce que oui, le jeu est violent. Max Payne semble damné à attirer la malchance et la violence, un problème dont il est bien au courant. Le ton de la narration est fidèle aux précédentes itérations du jeu, l’humour noir des premiers jeux est conservée, mais on met un peu de côté l’auto-référence qu’on leur connaissait.

James McCaffrey reprend son rôle et donne une véritable profondeur au personnage qui a un véritable arc narratif cette fois-ci. Rares sont les interruptions à l’histoire, le jeu et les cinématiques s’enchaînent fluidement en cachant les chargements derrières des séquences pré-enregistrées. Un tour de passe-passe agréable pour un premier playthrough, mais qui fait rager lorsqu’on veut traverser rapidement les modes plus arcades. Le scénario est absolument captivant d’un bout à l’autre, autant pour ce qu’il fait de ses personnages que pour la façon dont il traite les questions sociales et politiques. Il brille aussi par ses procédés narratifs de préfiguration (foreshadowing) et à ses moments iconiques très métaphoriques, tout a été pensé et réfléchi plusieurs fois avant de faire son chemin dans le jeu.

Mécaniquement, c’est le jeu de Rockstar qui fonctionne le mieux depuis un moment. Le jeu de tir est précis, efficace et satisfaisant. Se lancer d’un côté et de l’autre en ralentissant le temps pour tirer avec plus de précision est amusant que ce l’était à l’époque. Les armes sont toutes assez différentes l’un des autres et le manque de munitions nous force à toutes les utiliser. À tout moment, on peut avoir accès à deux armes de poing et une arme d’assaut. Cependant, si vous voulez tirer de vos deux armes de poing, vous devrez vous départir de la plus grosse. La façon dont les animations prennent en charge ces changements est brillante. L’arme ne flotte pas magiquement dans le dos de Max, on a vraiment l’impression qu’il la tient de main ferme. Son arsenal se reflète même dans les cinématiques, un détail souvent mis de côté.

Les animations sont d’ailleurs une des grandes forces du jeu. Il nous donne vraiment l’impression que Max est âge et plus lourd qu’auparavant. Si lors d’une course on décide brusquement de changer drastiquement de direction, il prend quelque seconde pour s’arrêter et repartir de plus belle. Si on décide de s’élancer contre un mur, Max prendra l’impact très durement et d’effondrera sur le sol. Une fois au sol, on peut viser à 360 degrés et le personnage se tourne naturellement dans la direction voulue. Se relever est cependant plus laborieux faisant du "shootdodge" une habileté à utiliser avec parcimonie. Le système de santé revient des jeux précédents, ce sont les painkillers qui permettront à Max de diminuer les dommages qui lui sont infligés. Reste que le jeu est difficile, même à normal. Il faut savoir utiliser le "bullet time" et le "shootdodge" à bon escient.

Les artisans de chez Rockstar Vancouver ont fait le pari de confier au groupe américain Health la bande-sonore du jeu. Ça a rapporté gros, car le groupe a réussit à donner un son complètement différent de ce qu’on entend dans des bandes-sonores de jeu habituellement. Un ton assurément rock, mais qui a aussi des touches sud-américaines qui rappelle les environnement du jeu.  La bande-sonore est aussi intégrée admirablement aux séquences d’actions, notamment avec la pièce Tears qui est joué au tout dernier niveau du jeu. Graphiquement, le jeu est superbe, surtout sur PC, et la direction artistique léchée. On reprend aussi le côté bande-dessinée de la série lors des cinématique et ce qu’on pourrait qualifier comme des "glitchs" graphiques indiquent même quand Max est sous influence de l’alcool.

En plus de la campagne qui dure une dizaine d’heures, le jeu a un mode multijoueur qui comprend tout ce qu’on attend de nos jour de celui-ci. Différentes classes, de l’expérience gagnée à chaque match, la possibilité de modifier son apparence, etc. Le mode "Gang War" est intéressant, car il fait changer les objectifs à chaque ronde et comptabilise les victoires et défaites de chacune des équipes. À la dernière ronde, l’équipe qui a le moins bien performé au cours de rondes précédente commence avec un handicap. Sinon, en mode solo, le mode New-York minute propose de refaire les niveaux de la campagne le plus rapidement possible et le mode arcade de garder un combo le plus longtemps possible.

J’ai rarement le goût de recommencer un jeu tout de suite après l’avoir terminé. Cependant, Max Payne 3 a ce je-ne-sais-quoi qui rend addictif les séquences de tir et il est tellement bien écrit que les dialogues valent la peine d’être décortiquées une deuxième fois. Les scènes d’actions sont impressionnantes et réglées aux quart de tour. Max Payne 3 c’est une histoire de rédemption, de trahison et de recherche de soi. C’est un jeu d’action extraordinaire qui ne laisse pas sur sa faim. À jouer absolument.

Ma note : 9/10

Testé sur PC

Disponible en français

Site officiel : http://www.rockstargames.com/maxpayne3

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3 Commentaires Poster un commentaire
  1. Le jeu est effectivement en français mais seulement en texte. Les dialogues sont tous en anglais comme dans tout les jeux de Rockstar. Pour ma part, j’adore les jeux de Rockstar mais je trouve ça plate de ne pas pourvoir les jouer complètement en français. Je comprend très bien l’anglais mais j’en perd des petits bout de temps en temps quand les personnages parlent avec un accents où qu’ils font référence à des personnages ou des lieux dans le jeu. J’ai acheté le jeu sur Steam mais il est encore disponible à 30$ chez Walmart.ca. En passant, bravo pour la critique, j’ai très apprécié la lire avec la musique du jeu en background.

    Réponse
    • juil 26 2012

      On manque des bouts surtout quand ça parle portguais! C’est dommage pour le français effectivement, mais je doute qu’ils auraient pu lui faire un doublage francophone qui égale la performance de Mcaffrey. Pour le reste, il y aura toujours les sous-titres…Merci pour les bons commentaires!

      Réponse

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