[Opinion] GaymerCon: tout le monde joue
Il y a exactement un mois, je vous présentais le projet Kickstarter de Anita Sarkeesian. L’article a fait beaucoup parlé de lui et a lancé la discussion, sur le site et sa balado, mais aussi sur les médias sociaux. Qu’on soit en accord ou non, l’échange est important.
C’est pourquoi je décide de nouveau de frapper où ça fait mal. C’est effectivement encore une fois un projet Kickstarter, lancé par un groupe de gens qui travaillent dans l’industrie du jeu vidéo et de la technologie, qui tentent d’organiser le GaymerCon. Le savoureux jeu de mot explique bien ce que c’est : une convention qui recevra toutes sortes de conférences, de compagnies de jeu vidéo, de concerts, etc., tout cela tourné vers la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Au coeur de San Francisco, qui (pour ceux qui l’ignorent) abrite un des plus importants quartiers gais du monde Le Castro, la convention sera aussi simplement une façon pour les jeunes (et moins jeunes) LGBT de se rencontrer, partager et créer des liens.
Son financement de 25,000$ a été rapidement atteint, et ce sans que le projet fasse la manchette pour les commentaires négatifs qu’il a reçu. Le projet est important, car c’est vrai que si l’image de la femme dans le jeu vidéo est souvent à désirer comparée aux hommes, on y trouve certains modèles intéressant comme Alix Vance de Half-Life 2, Faith de Mirror’s Edge et même Lara Croft jusqu’à un certain point. Du côté de personnages homosexuels, bisexuels ou transgenre… la liste est mince. D’abord, l’identité sexuelle est ou bien supposée et sous-entendu et non pas affirmée fièrement, ou bien elle définit complètement le personnage sous ce seul angle, comme "Gay Tony" de GTA 4 qui est forgé avant tout par son orientation sexuelle en plus d’être caricaturé à des fins humoristiques. Ça aura tout pris aussi pour les développeurs de RPG comme Bioware ou Bethesda de permettre la romance entre deux personnages de même sexe.
Le GaymerCon est donc l’opportunité de montrer l’importance et la force de la communauté queer au sein de l’industrie du jeu vidéo. C’est une façon de faire pression sur les créateurs de l’industrie afin qu’ils portent attention à leur cause, car si au centre-ville de Montréal on a parfois l’impression que la question homosexuelle se porte mieux que jamais, la réalité aux États-Unis et ailleurs est bien différente. Maintenant que je sais que l’article fera réagir, je vous conseille de lire tout de suite l’éditorial de Jim Sterling de Destructoid qu’il a publié sur le sujet. Si à la lecture de mon article vous vous dites: "Pourquoi s’isolent-ils du reste des gamers?" ou "À quand la convention des hétérosexuels!?!" l’article de Sterling vous sera particulièrement bénéfique.
Finalement, je me suis questionné sur pourquoi Kickstarter. Pour j’écris toujours sur des projets qui se retrouvent sur le site. J’y trouve une piste de réponse dans le fait que ce ne sont pas des projets instigués par de grandes compagnies de jeux vidéo. Elles ont donc le droit d’être un marginales (ne pas lire bizzare, mais en marge) et sont donc souvent loin de ce que nous présente l’industrie habituellement.









