[Critique] Sleeping Dogs
Après six ans de développement, un changement de studio et de titre, Sleeping Dogs est enfin sortie. Ce qui devait être, à l’origine, la suite de True Crime, a finalement été abandonné en 2011 puis reprit quelques mois plus tard. En effet, Activision avait initialement les droits de la série, mais ils ont dû le laisser filer faute de budget. C’est donc Square Enix qui a finalement mis la main sur ce projet. La compagnie a continué ce qui était entamé. Soit un jeu d’action et d’aventure dans un monde ouvert, très semblable à Grand Theft Auto. Par contre, elle a refusé de payer les droits sur le nom True Crime, d’où le nouveau nom Sleeping Dogs.
On se transporte donc en plein centre de la ville de Hong Kong, là où les triades semblent avoir le contrôle total. On s’infiltre, d’ailleurs, dans cesdites triades grâce à Wei Shen, un jeune policier. Ce dernier est originaire de la ville, mais il l’avait quitté pour se joindre quelques années au peuple américain. De retour à Hong Kong, le jeune homme se lie d’amitié rapidement à plusieurs membres de gangs de rue. Certains sont d’ailleurs des amis d’enfance de Wei. On apprend très vite que sa soeur était accro aux drogues. C’était, par ailleurs, la raison pour laquelle la famille Shen avait quitté la Chine. Malheureusement, même une fois aux États-Unis, ce problème l’a suivie et elle est éventuellement décédée d’une overdose. C’est dans cette optique que le policier veut aller de l’avant et éliminer le cartel de la drogue. Si les intentions du jeune homme sont humbles, c’est plutôt difficile une fois sur le terrain. Wei Shen prend, en effet, son emploi très sérieusement. On peut même dire trop à coeur. Une dualité se forme dans sa tête. Il est déchiré entre ses amitiés, auxquelles il est de plus en plus attaché, et son travail. Est-ce que Wei va finir par s’enliser dans l’enfer des triades? Ou va t’il mettre fin au chaos qui règne à Hong Kong?
Plutôt dur de ne pas le comparer à GTA
C’est simple, le jeu aurait pu tout simplement s’appeler Grand Theft Auto : Hong Kong City et personne n’aurait trouvé ça bizarre. La jouabilité est vraiment très semblable. D’une part, tout comme dans GTA, on a une vue à la troisième personne. On peut se promener un peu partout dans la ville sans problème. Il y a des missions à faire qui ne respectent pas vraiment d’ordre précis. On peut voler des voitures, sauter, nager, courir, bref tout est pratiquement pareil de ce côté. De plus, l’interface est vraiment très similaire, autant du côté de la « minimap » que du côté de la jauge de vie. On peut aimer ou pas. On peut aussi les traiter de copieurs certes, mais cela n’empêche pas que c’est une sauce parfaite pour ce genre de jeu. Même du côté graphique, c’est pratiquement pareil. Donc pas beaucoup d’innovation de ce côté. Bref, la grosse différence est plutôt le fait que c’est dans une nouvelle culture que le jeu se déroule et non dans une autre ville américaine.
L’influence de Georges St-Pierre
Qui dit culture asiatique dit art martiaux. Non, ce n’est pas un expert asiatique que Square Enix est allé chercher. C’est plutôt vers le champion d’arts martiaux mixtes, le québécois Georges St-Pierre, qu’ils se sont retourné. Ce qu’il a amené au jeu, c’est aider les développeurs à peaufiner les combats à main nue. S’il y a un endroit où le jeu innove vraiment c’est à ce niveau! Ça m’a pris plus de 17 heures pour passer à travers l’histoire et, malgré cela, je n’ai jamais trouvé les combats redondants. Je crois que c’est principalement parce qu’on a beaucoup de possibilités de combinaisons différentes. D’une part, on a plus d’une façon de commencer le combat. On peut soit courir vers l’ennemi et lui donner un bon coup de pied. On peut aussi le plaquer contre le sol ou encore simplement lui administrer un bon coup de poing. Une fois le combat entamé, nous avons tous autant de possibilités. Il y a plusieurs techniques de coups de poings et de prises. Lorsqu’on attrape un ennemi, on peut soit le projeter au sol ou encore le lancer sur un autre méchant. On peut aussi utiliser certains éléments du décor pour se débarrasser des ennemis. Par exemple, il y avait une pièce avec une cuisinière en marche et on peut brûler la face d’un ennemi sur le rond de poêle. Bref, les prises sont percutantes, les combats sont super violents et le tout semble très réaliste.
Quelques éléments de RPG
Un autre aspect qui aide beaucoup à la diversité c’est qu’on peut apprendre de nouvelles combinaisons d’attaques. Pour se faire, il suffit de ramasser les différentes statues que notre maître d’arts martiaux s’est fait dérober. Chaque fois, qu’on lui en rapporte une, il nous apprend une nouvelle attaque. C’est, d’ailleurs, un des éléments de RPG du jeu. Lorsque l’on rapporte une statue, on a le choix entre deux branches d’habiletés à débloquer. Par contre, au bout du compte si on les trouve toutes, on peut tous les débarrer. Il y a trois autres arbres de talents que l’on peut déverrouiller. Les statues ne sont pas les seuls objets à collectionner. Il faut aussi trouver les reliques de vie un peu partout dans le monde. Chaque fois que l’on en trouve 5, on obtient 10 % de plus de points de vie. On peut aller jusqu’à un total de 100 % de vie. C’est intéressant, car contrairement à certains autres jeux, trouver les items sert à quelque chose d’utile.
La police ou les triades?
Ça vous est probablement tous déjà passé par l’esprit de bien conduire dans Grand Theft Auto. C’est-à-dire de ne pas foncer dans aucune voiture, ni dans aucune borne-fontaine, même si ça n’apportait rien de plus. Eh bien, dans Sleeping Dogs, lorsqu’on fait une mission, on est récompensé par des points de policier si on ne fait pas de casse dans la ville. Au début de la mission, on débute avec tous nos points. Par contre, si on tue des innocents ou on fracasse des objets de la ville, on perd des points. À la fin des quêtes, plus on a gardé de points, plus notre niveau en policier augmente. À chaque niveau, on peut débloquer un nouveau point de talent. Là aussi, il y a deux branches à choisir. On peut, par exemple, améliorer nos habiletés avec les armes, car oui on peut aussi se battre au pistolet. De l’autre côté, il y a les points de triades. Ses points s’accumulent, durant les missions, par la violence de vos combats. Si on se sert des éléments de l’environnement, on obtient plus de points. C’est pareil si on réussit à tirer les ennemis en plein dans la tête. Encore une fois, on accumule des niveaux de triades et on obtient de nouveaux talents comme celui de faire plus de dommages avec nos attaques. Finalement, on a souvent le choix de faire une quête pour la police ou pour les triades. La quête va donc donner plus de points d’expériences à la catégorie à laquelle elle correspond.
Plutôt facile de se distraire de la quête principale
Un autre aspect vraiment génial, c’est qu’en se promenant dans la ville, il y a plein de personnes qui nous demandent de l’aide. Une des quêtes secondaires nous fait sortir un homme complètement ivre qui trouble le chef d’un restaurant. Chaque quête nous donne plus d’argent et des points de « face ». Ces points sont particulièrement utiles, car ils nous donnent la possibilité, entre autres, d’acheter de meilleures voitures. Il y a des missions secondaires de courses d’autos, donc c’est toujours pratique. On peut aussi des outils supplémentaires comme un valet qui va venir nous apporter notre auto peu importe où on est. Le dernier aspect que l’on peut améliorer avec ces points c’est notre linge. En effet, on peut trouver des boutiques qui vendent du linge qui permet d’avoir des bonis supplémentaires. Certaines requièrent d’avoir un certain niveau de « face » avant de pouvoir se les procurer. Les bonis inclus par exemple, de pouvoir obtenir 10 % de plus de points de triades.
De combats de coqs aux arènes de batailles
On peut vraiment être distrait par n’importe quoi et c’est parfois très stéréotypé. Il y a certains endroits où on peut assister à des combats de coqs. On peut donc miser jusqu’à 30 000 $ sur un des deux animaux et les observer se battre. Ça n’amène vraiment rien au jeu, mais c’est quand même comique. Il est aussi possible de tomber sur une arène de combat. C’est donc un total de 6 vagues d’ennemis que l’on doit éliminer les unes après les autres. On ne reprend pas nos points de vie après les vagues, ça pratique donc beaucoup nos talents à se battre. Finalement, on peut aussi être distrait par arrêté certain membre de gang de rue adverse en flagrant délit.
Une belle tentative de sortir de la routine
Étant membre de la police, Wei a accès à beaucoup d’outils qu’un être ordinaire n’aurait pas nécessairement. On peut utiliser les réseaux de communications auxquelles la police à accès pour retrouver des gens. On peut aussi pirater des caméras pour en prendre le contrôle et il ne suffit pas de peser sur un bouton pour procéder. Il faut, chaque fois, réussir un petit défi pour y accéder. C’est de même pour les portes à déverrouiller ou pour les micros qu’il faut placer parfois dans les maisons ennemies pour les espionner. Bref, ça nous éloigne parfois de la simple petite routine de tout simplement se battre et conduire. Malheureusement, les défis à réussir sont très redondants. Ils nous donnent même, à un certain moment, l’impression de nous faire perdre notre temps.
La culture asiatique de A à Z
C’est parfois exagéré à certains moments et un peu dérangeant. La radio en auto n’est pas celle de Grand Theft Auto. Il n’y a pas de postes de « talkshows » comiques et la musique était moins intéressante. Il manquait un peu de chanson populaire à la radio. Par contre, lorsqu’on est au karaoké du jeu, il y a des chansons populaires comme « All Out Of Love » d’Air Supply. Malheureusement, dans l’auto, vous n’avez qu’un poste de musique classique, un poste de musique métal et le reste c’est de la musique asiatique. Bref, je comprends qu’ils veulent nous mettre dans la culture, mais ils auraient pu mettre de la musique un peu plus populaire. Sinon, pour les dialogues, le jeu des acteurs n’est pas pire. C’est un peu bizarre de les entendre parler en permanence en anglais avec un accent asiatique, mais ça passe. Il ne faut pas oublier de mettre les sous-titres, car parfois les dialogues sont dans leurs langues et les sous-titres font la traduction. Même le nom des personnages et parfois simplement ridicule. Par exemple, il y a un homme qui est particulièrement gros et il se prénomme Two Chin Tsao ou Deux Mentons Tsao en français. Je ne sais pas si tous les Asiatiques vont trouver tous ces stéréotypes si drôles. D’autres aspects très stéréotypes comme trouver des petites places de massages érotiques rendent le jeu assez drôle. Pour un certain montant, une demoiselle va s’occuper de vous. Vous aurez un boni comme la régénération de vos vies plus rapide pour un certain temps. On peut aussi trouver des vendeurs louches dans des ruelles qui vendent de l’électronique. Je me suis acheté une meilleure chaîne stéréo pour mon appartement à un homme louche caché dans un coin perdu. Bref, les développeurs se sont lâchés lousses sur ces clichés.
Quelques bogues mineurs
Il n’y a pas eu beaucoup de bogues dans le jeu. Néanmoins, j’en ai noté quelques-uns. Dans une des missions, un personnage nous conduit vers un endroit pendant qu’on est dans le siège du passager en train de tirer sur nos poursuivants. À un certain moment, il a commencé à faire des ronds dans une allée. J’ai été obligé de recommencer la mission. D’autres petits bogues sont plutôt du côté du graphisme comme celui-ci dessous. Sinon, rien de vraiment majeur. C’est quand même excellent, considérant que j’y ai joué sur PC. D’ailleurs, il y a un fichier disponible qui permet d’améliorer graphiquement la version PC sur Steam et ça fait une jolie différence.
17 heures que je n’ai pas vu passer
J’ai vraiment beaucoup apprécié le jeu. Ceux qui aiment les titres à la GTA ou à la Saints Row ne seront certainement pas déçus. Je ne crois pas qu’il est aussi original que le dernier Saints Row. Néanmoins, il y a assez de différence avec GTA pour ne pas le trouver tout à fait pareil. De plus, à 17 heures, je n’avais pas fini toutes les quêtes secondaires. Il y avait encore plusieurs autres missions du côté des policiers que je n’avais pas encore réussies avant de finir la quête principale. C’est donc dire que vous en avez amplement pour votre argent avec sa durée de vie. Bref, en attendant le prochain Grand Theft Auto, si vous cherchez un jeu rempli d’action et avec une bonne histoire, n’hésitez pas. Allez vous le procurer.
Ma Note : 8.5/10






















Excellente critique, un GTA sauce "asian post-psyche" et juste un peu de n’importe quoi… Mais ma question: est-ce que le gameplay est semblable à GTA?… l’espèce de gameplay à la Rockstar un peu saccadée sur les bords qui me tue! Quand je compare à exemple Prototype, InFamous ou Red Faction (THQ).. Bref j’ai toujours trouvé que depuis GTA3, c’était pas évident de combattre l’ennemi! Le format de gameplay TPS à la Red Faction serait vraiment à souhait..
Ben le gameplay est semblable, mais pour les combats c’est surtout à mains nus et c’est très bien fait. Ça ressemble à un melange de Batman Arkham City et Assasin’s Creed. Mais avec beaucoup de moves d’arts martiaux. C’est assez complexes les combats tu peux pas tjs faire les memes moves pcq l’ennemi s’ajuste à ta tactique. Pour les combats à armes c’est du shooting normal la rien d’exceptionnel.
Une belle critique complète. Tu me donnes vraiment le goût d’y jouer. J’adore GTA, donc je l’ajoute sur ma liste à acheter.
merci bcp!
J’ai lu le test, j’ai testé la demo, achat prévu pour septembre, merci, très bon test!!
Je suis convaincu que tu vas aimer
Salut, ta critique est très sympa et reflète dans son ensemble le jeu tout a fait fidèlement. Quelques points négatifs cependant que j’aimerais ajouter de mon coté :
- Les graphismes ne sont vraiment pas des plus agréables sans l’amélioration sur PC… comparé à Saint rows the third qui n’est deja pas fou niveau graphisme, on est encore un niveau en dessous, ce qui est du en partie au coté trop photoréaliste qu’ils ont voulu donner.
-la maniabilité est un peu trop rigide à mon sens, c’est peu agréable de se balader, tout est fondé sur 1 seul bouton d’action qui s’adapte en fonction de la situation. même se balader à pied n’est pas très agréable et donne le sentiment de ne pas contrôler pleinement son personnage.
-la dualité et les effets de choisir plutôt le coté police que triade n’est pas exploité à son maximum, ce qui enlève un peu à l’originalité scénaristique.
-Je n’ai pas encore fini Sleeping dogs, mais je viens de terminer St rows 3 il n’y a pas longtemps et pour le moment j’ai beaucoup plus pris mon pied sur St Rows que sur Sleeping dogs.
Je trouves que tu ammène aussi des points très interessants. J’avais aussi beaucoup aimé Saints Row 3. Particulièrement le côté humoristique. J’ai trouvé que c’était deux jeux très différents malgré leur similitudes. Je crois que c’est deux titres qui valent vraiment la peine d’être joué. Il y en a pas vraiment un que je préfère que l’autre.