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7 octobre 2012

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[Critique] Resident Evil 6

par François Taddei
Resident-Evil-6-featured

La saga Resident Evil, qui compte une vingtaine de titres depuis quinze ans, est capable du meilleur, comme du pire.  Ce sont les titres de la série principale, ceux numérotés, qui ont retenu davantage l’attention.  Après trois excellents titres, où les joueurs devaient survivre dans des environnements hostiles et angoissants, peuplés de morts-vivants et autres créatures surnaturelles, la franchise s’est réinventée avec Resident Evil 4, considéré comme le meilleur titre de la série. Ce jeu, fortement américanisé, représente un point de rupture du genre. Ceux qui suivirent mirent davantage l’emphase sur l’action et le gore, plutôt que la survie et l’horreur.

Resident Evil 6 - Jaquette Xbox 360

Les adeptes de survie et d’horreur n’ont pas tous été enjoués par les épisodes subséquents des franchises Resident Evil, Silent Hill et Alone in the Dark, les trois pilliers du genre.  Ces derniers se sont alors dirigés vers de nouvelles franchises, comme  F.E.A.R., Dead Space, Left 4 Dead ou encore Penumbra. En revanche, les excellentes ventes de Resident Evil 4 (plus de 5 millions d’unités) ont convaincu Capcom que cette nouvelle direction était viable.  Il est bon de se rappeler qu’après un début éclatant (Resident Evil 1 et 2 se sont écoulés à 6,5 et 5 millions d’unités), les ventes de la franchise avaient commencé à s’essouffler (les ventes de Resident Evil 3 n’étant que de 3,5 millions d’unités). Il n’est donc pas étonnant que Resident Evil 5 ait poursuivit dans cette voie.  Même si le jeu a reçu quelques critiques négatives, les ventes ont encore été au rendez-vous (plus de 5 millions d’unités) et ce, malgré le départ de Shinji Mikami, le créateur de la série.

Que Resident Evil 6 ne soit pas un jeu de survie et d’horreur dans la lignée des premiers titres ne devrait étonner personne.  Pourtant, son lancement a rapidement polarisé les critiques de jeux vidéo.  Une minorité ont démoli le jeu et lui ont décerné le type de note que l’on ne décerne habituellement qu’à un jeu inachevé, qui a raté de beaucoup ses objectifs, ou qui constitue une grande déception pour quiconque aurait le malheur d’y jouer.  Est-ce le cas?  Après avoir terminé les trois campagnes principales ainsi que la campagne bonus du jeu, je peux affirmer que les détracteurs les plus extrémistes du jeu font preuve de malhonnêteté intellectuelle. S’ils ont raison sur certains points (caméra dysfonctionnelle, événements scriptés trop nombreux et causant des morts inévitables), il est difficile d’imaginer comment ces désagréments puissent peser aussi lourd dans la balance (Dark Souls,  un jeu souffrant de problèmes similaires, a pourtant été louangé par ces mêmes critiques).  C’est à se demander si cette grogne n’est pas plutôt attribuable au vent de ressentiment qui souffle sur certains développeurs japonais, que l’on peut observer depuis environ deux ans dans les médias électroniques.

Reprocher à Resident Evil 6 ses séquences d’action spectaculaires, irréalistes et bourrées d’explosion reviendrait à se plaindre des mêmes artifices dans un film de Michael Bay. Que cela vous plaise ou non, Resident Evil 6 s’inscrit dans la continuité des précédents titres, il s’agit d’un jeu d’action.  Même si chacune des campagnes intègre des phases d’exploration plus atmosphériques, des sections où la furtivité est de mise ou des puzzles environnementaux, vous passerez la majorité de votre temps à combattre des ennemis,  à l’aide d’une variété d’armes ou au corps à corps. Oui, vous aurez à affronter des morts-vivants, mais vous serez plus souvent confronté aux J’avos, des mutants surdoués, capable de travailler en équipe, d’utiliser des armes à feu, ou même de conduire des véhicules, bref des super soldats comparés aux Granados de Resident Evil 4. Vous aurez également à faire face à des gardiens aussi grotesques que vicieux et étonnamment résistants. Vos réflexes seront également mis à l’épreuve régulièrement, lors d’événements scriptés, certains plus réussis que d’autres.  Certes, il vous arrivera de périr lorsqu’un événement scripté vous prendra par surprise, mais l’abondance de points de sauvegarde ne devrait pas ralentir votre progression.  On peut toutefois reprocher au jeu le placement de sa caméra, trop rapprochée par rapport à des jeux d’action comparables (Uncharted, Splinter Cell, Gears of War), de même que son système de couverture, plutôt maladroit. Même si Capcom peut se défendre en prétextant qu’une caméra rapprochée augmente la claustrophobie du joueur, comme il ne s’agit plus d’un jeu de survie ou d’horreur, ce n’est pas une décision design justifiée.

En ce qui concerne le contenu du jeu, Resident Evil 6 en offre beaucoup aux joueurs.  D’abord, les quatre scénarios du jeu s’entrecroisent à plusieurs reprises, offrant au joueur des perspectives nouvelles sur les motivations des sept personnages jouables.  Même si l’on devra revisiter certains lieux du jeu et combattre certains gardiens à deux reprises, Capcom n’a pas fait preuve de paresse.  Les campagnes de chaque duo (Leon/Helena, Chris/Pierce, Jake/Sherry), ainsi que la campagne de Ada Wong, introduisent une bonne dose de nouveauté au niveau des armes, ennemis, habiletés navigationnelles, animation de combat au corps à corps et même des menus. Le jeu propose une grande variété d’environnements (ville, cimetière, laboratoire, ruine, bateau, sous-marin), des mécaniques de jeu exotiques (poursuites et combats à bord de véhicules terrestres, maritimes et aériens), un système d’habiletés permettant de personnaliser nos héros, des armoiries à collectionner, un système de notation utilisant des médailles, un mode coopératif à deux joueurs (en-ligne ou sur écran divisé), un mode mercenaire où il faut repousser des hordes d’ennemis et un mode chasse à l’homme où l’on peut rejoindre la partie d’un autre joueur en tant que créature.

Bref, si vous abordez Resident Evil 6 pour ce qu’il est, à savoir un jeu d’action un peu gore, fort en explosions et que vous êtes en mesure de vous habituer à sa caméra rapprochée, le jeu devrait vous divertir durant une trentaine d’heures. Si vous êtes à la recherche d’un jeu de survie et d’horreur comme ceux de vos souvenirs, vous serez déçu.

Ma note : 8 / 10

Testé sur Xbox 360

Disponible en français

Site officiel : http://www.residentevil.com/6

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3 Commentaires Poster un commentaire
  1. oct 7 2012

    J’ai vraiment hâte de mettre la main sur RE 6. J’avais été un grand fan du 4ième et du 5ième (à contre-courant certainement).

    D’ailleurs, RE 5 avait été critiqué notamment à cause de l’intelligente artificielle sommaire du personnage secondaire dans la quête. Est-ce le cas dans RE 6 ou l’IA du personnage accompagnateur a été relevé d’un cran ?

    Réponse
  2. François Taddei
    oct 7 2012

    A aucun moment l’IA du personnage accompagnateur ne m’a posé problème. J’ai très rarement attendu après lui (plusieurs portent nécessitent qu’il soit à nos côtés) et j’ai trouvé qu’il se débrouillait assez bien lors des phases de combat (il attaquait et me réanimait). Ça ne bat pas le plaisir de jouer avec un humain par contre.

    Réponse

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