[Critique] To The Moon
On peut vraiment dire que cette année c’est l’année du jeu indépendant. Je n’arrête pas de trouver de vrais bijoux un peu à droite et à gauche dans la communauté de l’indie. Freebird Games est une compagnie qui existe depuis plus de 5 ans et qui a été créée par Kan Gao. Son slogan pour la compagnie est simple et c’est le suivant : mon but est de créer un jeu qui transporte le joueur à travers une histoire sous la forme d’un grand spectacle immersif et interactif. Il explique aussi sur la page de sa compagnie qu’il cherche à recréer une expérience familière et à la fois alternative aux classiques RPG. Une bonne présentation, de l’excellente musique et une belle atmosphère sont les éléments qu’ils cherchent à apporter à ces jeux.
Je trouve que ça représente effectivement très bien ce que Kan Gao nous fait vivre à travers l’expérience qu’est To The Moon.
To the Moon c’est l’histoire de deux scientifiques Dre Eva Rosalene et Dr Neil Watts qui ont vraiment une job très particulière. Leur boulot consiste à donner littéralement la chance à quelqu’un de vivre une deuxième fois. Effectivement, la compagnie pour laquelle ils travaillent est reconnue comme étant les experts dans la manipulation de la mémoire. Au point, où ils sont littéralement capables de prendre une partie de la mémoire de quelqu’un et de l’altérer pour basculer le restant de cettedite vie. Cette nouvelle mémoire est artificielle, mais c’est un service qui semble très en demande dans leur monde. Malheureusement, comme ces nouvelles mémoires sont permanentes, le conflit entre celle-ci et les anciennes se percutent. Cela fait en sorte qu’il devient impossible pour la personne de fonctionner normalement. C’est pourquoi l’opération ne peut donc se faire que sur les gens en phase terminale dans le but d’accomplir ce qu’ils auraient aimé faire dans leur vie.
Or, un jour, Johnny, un vieil homme sur son lit de mort, décide de faire appel à leur service. Lorsque Eva et Neil arrivent devant celui-ci, les deux lui demande alors Johnny qu’est-ce que tu veux? Être un homme super riche ou, peut-être que tu voudrais être une vedette? Et ce dernier lui répond non, mon rêve est d’aller sur la lune. Les deux docteurs lui demandent donc et bien pourquoi vous voulez aller sur la lune, question de nous aider à retravailler votre mémoire. Johnny leur répond alors, je ne sais pas vraiment.
Eva et Neil n’ont d’autre choix que de revivre certaines mémoires clés du vieil homme afin de le motiver à atteindre son rêve ultime. Allant de ses mémoires les plus récentes, jusqu’à sa plus tendre enfance. Leur but est vraiment à la fois de le motiver, mais en même temps de comprendre pourquoi il veut tant aller sur la lune. À travers tout ça, vous allez comprendre que revivre ces étapes de la vie d’un homme, c’est très touchant. Certaines parties sont très tristes et d’autres sont un peu plus joyeuses.
Bref, l’histoire a vraiment tout pour vous faire vivre un paquet d’émotion. On dit souvent que les gamers sont sensibles et qu’ils ont un grand cœur. Moi, j’ai pleuré à plusieurs reprises. Autant des larmes de joies que des larmes de tristesse pour celui dont je revivais la vie. Même la deuxième fois que j’y ai jouée j’en pleurais encore. C’est vraiment une histoire touchante et qui vaut la peine d’être entendue.
Pour ce qui est de la jouabilité. Eh bien, comme Kan Gao le dit sur son site, son réel but n’est pas vraiment de faire un jeu comme tout le monde est habitué à voir. C’est pourquoi, même si le jeu est extrêmement simple, qu’il ne suffise en fait que de se promener un peu et découvrir des objets et lire beaucoup de texte, je ne veux pas le critiquer pour cet aspect. Certains diront peut-être que ce n’est pas vraiment un jeu, un peu comme Dear Esther dont j’avais fait la critique plus tôt cette année. Néanmoins, j’ai vraiment adoré. On peut dire que ça ressemble plus à l’expérience de voir un film de 4 heures défiler devant mes yeux que de jouer à un jeu.
La trame musicale, un autre aspect sur laquelle Kan Gao voulait mettre l’accent est tout simplement sublime. C’est une des rares trames sonores que j’ai littéralement décidé de m’acheter. Pour 5 $, on a un total de 31 chansons qui sont toutes très importantes à travers le jeu. Elles ajoutent très bien à tout l’aspect émotionnel du jeu. Autant aux belles scènes qu’aux scènes plus tristes. En réécoutant certaines chansons, je revois certaines scènes du jeu. C’est Laura Shigihara qui est en grande partie responsable de cette trame. Elle a entre autres déjà fait de la musique pour Plants Vs Zombies, World of Warcraft et Minecraft. Elle a vraiment une très belle voix qui se prête bien au côté émotionnel du jeu. Elle me rappelle un peu les chansons des classiques de mon enfance des films de Disney comme « a whole new world » dans Aladdin pour ceux qui connaissent ça un peu.
La présentation graphique est vraiment parfaite pour jeu indie. Ça emprunte le bon vieux style des RPG. Moi ça me rappelait beaucoup les graphiques de Chrono Trigger. Au point que dans les premiers instants du jeu, j’étais convaincu que c’était un RPG tour par tour. Donc, un style moins réaliste, mais qui se prête bien au jeu. Malgré cela, on ressent très bien l’émotion que veut exprimer le jeu.
J’aimerais dire que c’est mon jeu indie de l’année, malheureusement il est sorti au mois de novembre l’année dernière. Je veux tout de même soulever mon chapeau à cette petite compagnie qui est encore un peu méconnue, mais qui risque d’avoir de plus en plus d’admirateurs. De plus, la fin du jeu laisse place à la suite. En fait, c’est assez évident, car à la fin on dit que c’est le premier épisode d’une série. J’attends le prochain avec impatience et on n’a pas encore vraiment de date précise ni d’approximation. Tout le monde devrait y jouer, c’est une expérience à vivre et une histoire qui mérite d’être entendue. De plus, ce n’est pas vraiment long. Ça prend en moyenne 4 heures et demie pour passer à travers le jeu. Aller l’acheter on le retrouve sur Steam ou sur gog.com à 10 $. Si ça vous tente de donner un peu d’argent à EA (LOL), il est 12 $ sur Origin.
Ma note : 9,5/10














