[Critique] Dishonored
Dishonored vous propose d’incarner Corvo, le Lord Régent et protecteur de l’Empire. Du jour au lendemain, votre vie bascule: l’impératrice est assassinée sous vos yeux et sa fille, l’unique héritière du trône, est enlevée sans que vous ne puissiez arrêter les malfaiteurs, des assassins capables disparaître le temps d’un clignement des yeux. Votre honneur est entaché davantage alors que vous êtes désigné comme principal suspect. Vous n’avez d’autre choix que de prendre la fuite, afin de traquer les conspirateurs.
Après vous être échappé de la forteresse de Dunwall, vous ferez la connaissance des Loyalistes, un groupe de rebelles sachant que vous avez été victime d’un complot. De leur quartier général, vous effectuerez plusieurs missions pour leur compte, afin d’atteindre le Maître-espion qui s’est autoproclamé Lord Régent et règne sur la ville d’une main de fer. Pour éviter d’être identifié par vos ennemis, vous porterez un masque terrifiant. Un être mystique, connu sous le nom d’Outsider, vous apparaîtra également en rêve et vous conférera des pouvoirs surnaturels, afin que vous puissiez rivaliser d’agilité avec les assassins et tromper ceux qui vous traquent, qu’il s’agisse des gardes de l’Empire, ou encore des Superviseurs, une faction militaire de l’Abbaye du Quidam, un ordre religieux qui s’oppose aux alliés de l’Outsider en utilisant des techniques antiques leur permettant de bloquer les pouvoirs surnaturels.

A l’instar de Thief, Hitman et Deus Ex, Dishonored est un jeu où la furtivité est de mise. Bien qu’il soit possible de compléter les missions en semant le chaos à tout vent, une arme dans chaque main, le jeu récompense davantage la discrétion. Il est d’ailleurs possible de compléter le jeu sans déclencher d’alarme et sans éiminer un seul adversaire, ce qui n’est pas une mince tâche. En effet, en ne permettant pas de consulter les statistiques de la mission en cours (elles sont divulguées à la fin de chaque mission), il est difficile de savoir si notre parcours est toujours sans faute, un garde au loin pouvant avoir découvert un collègue endormi par un de nos carreaux anesthésiant. Si vous désirez compléter le jeu sans être détecté, vous devrez donc sauvegarder votre progression manuellement sur une base régulière et cacher tous corps inanimé, dans un coin sombre ou un conteneur à déchets. Même si vous êtes prudent, il sera parfois nécessaire de recommencer une mission du début, ce qui devient frustrant. Fait à noter, une fois quelques missions terminées, les premières missions ne peuvent plus être jouées de nouveau, sans démarrer une nouvelle partie du tout début. C’est probablement dû au fait que la résolution des missions affecte la population des niveaux ainsi que l’ultime mission du jeu. Si vous semez le chaos, la ville sera plus agitée, les civils vous rapporteront aux autorités, les rats seront plus nombreux, de même que les geignards, ces victimes de la peste, dépourvues d’humanité.

Comme c’était le cas dans BioShock, vous pourrez utiliser vos deux mains pour combattre. Malheureusement, l’épée se trouvant dans votre main droite ne pourra être changée. Cette arme de base vous permettra de croiser le fer avec vos adversaires, ou assassiner ceux-ci en vous faufilant derrière eux ou en vous laissant tomber du haut d’une corniche. Votre main gauche pourra transporter une arme de jet, qu’il s’agisse d’une arbalète, d’un pistolet ou encore d’une grenade. L’arbalète est la plus versatile des armes puisqu’elle peut être équipée de différents carreaux (réguliers, explosifs, anesthésiants). Vous pourrez aussi poser des pièges au sol, ou même sur des ennemis, si vous avez ralenti le temps. Vous pourrez d’ailleurs équiper votre main gauche d’un pouvoir surnaturel. Le clignement vous téléportera vers des lieux inaccessibles (non sans difficulté quelques fois), la vision des ténèbres vous permettra de repérer les êtres vivants à travers les murs, le pli temporel stoppera le temps, la possession vous permettra d’entrer dans le corps d’un être vivant l’espace d’un moment, la nuée vorace enverra des rats dévorer vos adversaires ainsi que leurs cadavres et enfin la rafale enverra une bourrasque capable de briser certaines barrières et de renverser vos ennemis.

Tous ces pouvoirs actifs peuvent être améliorés une fois, pourvu que vous disposiez d’un nombre suffisant de runes. Vous pouvez aussi améliorer quatre pouvoirs passifs, qui jouent sur vos points de vie, votre niveau d’adrénaline, votre agilité et vos talents d’assassin. A propos des runes, ces dernières sont dissimulées dans les niveaux du jeu, vous pourrez les trouver en utilisant un artéfact magique pouvant être équipé dans votre main gauche. Ce dernier permettra de retrouver aussi les charmes d’os, de petites insignes à accrocher à votre veste, qui vous octroieront des bonus passifs très variés. Outre les runes et les charmes d’os, vous pourrez récupérer tout butin se trouvant sur votre chemin ou en pickpocketant les gardes. Ces items seront automatiquement convertis en argent, ce qui vous permettra de vous procurer des munitions pour vos armes de jet, des potions de santé ou de mana, de même que des améliorations diverses pour votre équipement. C’est donc dire que la seule manière de progresser dans le jeu passe par l’exploration. Vos compétences en matière de furtivité ou de combat ne seront récompensées que par des succès à débloquer, ce qui est fort dommage.
D’un point de vue visuel, Dishonored n’impressionne pas. Toutefois, comme il repose sur une solide direction artistique, celle de Viktor Antonov (Half-Life 2), le monde de Dunwall, où l’industriel se mêle au mysticisme, est intéressant à explorer. S’il avait été possible d’équiper l’ensemble des armes et pouvoirs sur les deux mains, le jeu aurait gagné en fluidité. Pour bien combiner vos aptitudes surhumaines et vos armes, vous devrez interrompre l’action constamment, ce qui devient lassant à la longue. Le jeu n’est toutefois pas très long, il ne vous faudra qu’une quinzaine d’heure pour compléter les neuf missions du jeu. De par son aspect aléatoire et sa structure de sauvegarde, le jeu donnera du fil à retordre aux complétionnistes, mais ces derniers pourront explorer les différents embranchements narratifs du jeu.
Ma note: 8/10
Testé sur Xbox 360
Disponible en français
Site officiel : http://www.dishonored.com/
























