[Entrevue] Simon Lachance de Berzerk Studio

Gérer le succès est une chose, gérer la défaite en est un autre. En décembre dernier, Berzerk Studio de Québec, fondé en 2008, annonce une perte nette de 100 000$ et par le même fait se voit dans l’obligation de quitter leurs bureaux au centre-ville ainsi que de licencier plusieurs de ses employés. Le choix aura été difficile, mais les trois co-fondateurs du studio, Simon, Marc et Étienne ont préféré se retrousser les manches plutôt que d’abandonner et déclarer faillite.

Écoutez l’intégrale de cette entrevue avec Simon Lachance.

Aussi, appelé Lachhh sur les réseaux sociaux, Simon Lachance est très ouvert à discuter de sa compagnie de jeux, des bons comme des mauvais coups. C’est un peu pourquoi depuis la dissolution des bureaux de Berzerk, il a créé la série Indie Your Face sur Youtube qui tente de démystifier son travail. Il tente aussi de donner des conseils sur comment se lancer en affaires ou simplement sur le design de jeu vidéo. C’est d’ailleurs un besoin de plus en plus senti pour les indies que de se faire connaître du grand public:  « Les gens sont plus enclins à acheter mes jeux, s’ils connaissent le gars en arrière du jeu. »

La capsule vidéo de Indie Your Face de Lachhh produite en marge des événements chez Berzerk Studio.

C’est donc en décembre 2013, après 5 ans de croissance, que le studio se voit dans l’obligation de revoir ses opérations drastiquement. Alors que Berzerk avait trouvé un certain succès dans le jeu flash, en vendant à des sponsors leurs jeux, le marché se transforme, notamment vers le jeu mobile, et suite à quelques malencontreux contrats, le studio subit de lourdes pertes. « Les compagnies mettent encore de l’argent dans le jeu flash, mais il ne dépensent plus des 30-40 mille dollars pour des jeux de qualité, dit Simon Lachance. Ils préfèrent la quantité et on a été un peu pris avec ça. […] Ceux qui avaient beaucoup d’argent à mettre dans les jeux flash avant, ils le mettent dans les jeux mobiles. » Depuis, les trois co-fondateurs reprennent du service à travailler à contrat sur des jeux afin d’amasser un gagne pain suffisant pour se lancer dans la production d’un jeu original. Ce prochain projet qui verrait possiblement le jour sur Steam cette fois.

Pas question cependant de retourner dans l’industrie traditionnelle: « Un coup qu’on est rendu indie, c’est vraiment dur de quitter ça, être son propre boss. […] En plus, ça concilie beaucoup travail-famille. Je travaille de la maison en ce moment. Je vais porter ma fille à l’école à tous les matins.  […] Je peux pas être plus proche de mes enfants que ça, je suis dans la maison! »  Et avec Skype pour communiquer avec ses collègues, le tout se fait très bien selon lui.

 

Pourquoi alors ce besoin d’être aussi honnête avec sa communauté et ses 337 000 amateurs sur Facebook? « Pour deux, trois grosses réussites, il y a dix mille personnes qui ont tombé. En étudiant ce que ceux qui ont tombé ont fait, on peut au moins réduire le nombre d’erreur. » Selon lui, il faut parler des dangers de se lancer en entreprise, notamment l’endettement possible. En ne parlant que des bons côtés, on fausse la réalité de ce que la vie d’un développeur indépendant peut être.

 

 

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  1. Quelle sagesse, surtout concilier travail famille, l’argent n’est pas tout, la qualité de vie vaut plus que tout les millions. Bravo car ma fille et mes petits enfants sont heureux, xx

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