[Critique] Shantae and the Pirate’s Curse

Shantae n’a peut-être jamais connu le succès mérité. Si on ne parle pas d’une grande série, on peut à tout le moins dire qu’elle a excellé dans le genre qu’elle a repris, proposant à chaque opus un beau périple dans le style « Metroidvania ». Or, même si chaque volet a été acclamé par la critique, le succès commercial de chacun des jeux n’a pas été aussi flamboyant. Est-ce que cela changera avec Shantae and the Pirate’s Curse ? Espérons-le parce qu’encore une fois, il ne s’agit pas du tout d’un mauvais jeu !

Synopsis

La demi-génie Shantae n’en est plus une. Devenue humaine suite à sa dernière aventure, elle coule des jours paisibles sur son île paradisiaque jusqu’au jour où Ammo Barron bombarde le sable, les palmiers ainsi que les habitations rustiques de ce coin perdu. N’écoutant que son courage, Shantae se lance à l’attaque de l’assaillant, mais se retrouve rapidement plongée au sein d’une quête qui la forcera à s’allier à Risky Boots, son ancienne ennemie. Pourquoi ? Eh bien, tout simplement parce que la paix du monde est menacée par un adversaire d’outre-tombe, un certain maître pirate que semble connaître Risky.

Si l’histoire ne révolutionne absolument rien, elle n’en demeure pas moins peuplée de personnages très attachants. La personnalité de chaque héros a été préservée, faisant en sorte que les vétérans de la série retrouveront les figures de la franchise comme ils les ont connues dans le passé. Shantae est toujours aussi expressive, Risky demeure une pirate envers laquelle on questionne son allégeance et les amis comme ennemis de l’ancienne demi-génie sont tous plus colorés les uns que les autres. Bref, si elle n’est pas très originale, la mise en scène n’en demeure pas moins fort sympathique.

Même bon jeu de plates-formes

Autant vous le dire tout de suite: Shantae and the Pirate’s Curse reprend le même style de jeu que ses prédécesseurs. Vous aurez donc droit à un jeu de plates-formes qui s’apparente aux Metroid et Castlevania classiques de ce monde. Autrement dit, vous parcourez plusieurs îles en marchant à l’horizontal et acquérez progressivement des objets qui vous permettront d’accéder à des endroits inaccessibles auparavant. Par exemple, un fusil vous donnera l’occasion de tirer sur des leviers confinés dans de petites ouvertures tandis qu’un chapeau vous permettra de flotter et d’atteindre des plates-formes lointaines. C’est vraiment le style « Metroidvania » qu’on reprend et qui, honnêtement, fonctionne à merveille. Les mouvements de Shantae sont rapides et les niveaux demeurent relativement courts pour qu’on ne se lasse pas de les explorer.

En plus d’objets accentuant vos capacités, vous pourrez aussi mettre la main sur d’autres items, dont des coeurs et des bijoux que laisseront tomber vos ennemis. De plus, vous pourrez amasser et activer d’autres objets situés dans votre inventaire afin de vous donner un coup de main. Ainsi, vous aurez notamment l’occasion de récolter des boules ou des lames qui tourneront autour de vous afin de blesser vos adversaires, une bulle protectrice qui parera les attaques ennemies et diverses formes de nourriture qui vous redonneront de la santé. Il y a même certains produits pour cheveux qui augmenteront temporairement les capacités de Shantae. Parce que oui, les produits capillaires sont très importants pour cette feu demi-génie attaquant principalement avec sa couette mauve !

À noter que malgré son apparence enfantine, Shantae and the Pirate’s Curse n’est pas un jeu facile. Au départ, ce dernier démarre assez doucement et donne l’impression d’une expérience qui sera relativement aisée. Or, il y a des pics de difficulté assez prononcés, la plupart n’étant d’ailleurs pas prévisibles. Vous verrez qu’une portion assez facile peut être suivie d’une zone assez ardue et de combats plus difficiles que ce que vous veniez de vivre. Globalement, ce n’est pas un jeu très difficile, mais il propose quand même un défi bien relevé !

Quelques problèmes de design

Autant Shantae and the Pirate’s Curse est un bon jeu, très facile à prendre en main et hautement plaisant, autant il peut aussi faire grincer des dents. En effet, certains problèmes relatifs à la structure de l’aventure se font rapidement ressentir. Ainsi, attendez-vous à rager à certains endroits parce que vous ne saurez tout simplement pas où aller. Le jeu ne nous prend pas toujours par la main et il arrive que le prochain objectif à atteindre ne soit pas bien identifié ou encore qu’un indice soit transmis dans le cadre d’un échange très banal sans que nous y portions une attention particulière.

C’est ce qui est très frustrant dans ce nouveau Shantae. Parfois, les informations qui vous seront transmises seront anodines et, dans d’autres cas, elles seront essentielles pour savoir où vous devez aller. Or, faire la différence entre une information utile et une autre inutile n’est pas facile. Personnellement, j’ai dû demander de l’aide en début d’aventure parce que je ne savais pas où trouver un objet requis par un personnage pour poursuivre mon périple. Le fait que ce ne soit pas en raison de la difficulté, mais bien du design questionnable de certains pans de l’aventure rend le tout rageant.

Autre point: vous ferez beaucoup de va-et-vient entre les différentes îles du jeu. Certes, faire cela pour tout explorer et ramasser tous les objets n’est pas problématique pour un « Metroidvania », mais lorsque cela est requis pour mener à bien plusieurs missions, ce peut être lassant. Ainsi, attendez-vous à utiliser plusieurs fois le bateau de Risky pour passer d’une île à une autre afin d’avancer dans l’aventure, pour le meilleur et pour le pire !

Techniquement semblable

Au niveau visuel, peu de changements sont observables. En effet, Wayforward n’a pas apporté de grandes améliorations de sorte que les décors et personnages ont toujours beaucoup de pixels ainsi que des couleurs plus ou moins nettes. Cela n’empêche pas certains niveaux d’être très réussis, surtout la seconde île prenant majoritairement place dans une caverne. C’est surtout lors des dialogues que vous verrez une différence marquée puisque Wayforward a amélioré la qualité des images représentant les personnages. Leurs couleurs sont plus belles, tout comme la beauté des images représentant, disons-le, plusieurs demoiselles bien taillées et aux décolletés plongeants !

Au niveau sonore aussi, vous remarquerez une similitude avec les jeux antérieurs. Certains bruits tendent à irriter en raison d’effets dignes de l’époque du 16 bits, mais du reste, c’est réussi. Il n’y a pas de voix, mais vous entendrez parfois Shantae pousser une expression ou un petit mot. La musique rappelle elle aussi l’époque du 16 bits, mais colle merveilleusement bien à l’aventure. Les rythmes sont soutenus et entraînants de sorte qu’ils ajoutent au plaisir de parcourir les niveaux sans nous encourager à diminuer le volume !

Verdict

Une belle expérience qu’est Shantae and the Pirate’s Curse ! Si le jeu souffre de quelques lacunes par rapport au design ainsi qu’en regard à la progression globale, il n’en demeure pas moins facile d’accès et plaisant pour les quelques heures qu’il vous prendra afin d’être terminé. Wayforward livre une expérience honnête se situant dans la même veine que le genre dans lequel il a fait sa renommée. En espérant que le quatrième volet de la franchise, qui est déjà en développement, poursuivra dans la même lignée tout en corrigeant, au passage, certaines lacunes facilement améliorables !

Ma note: 8 sur 10

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Site web officiel: https://wayforward.com/games/shantae-and-the-pirates-curse/

 

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