[Critique] Assassin’s Creed Unity

Cette année, Ubisoft n’offre pas un jeu mais bien deux jeux de la franchise Assassin’s Creed. Unity, le plus attendu des deux, est réservé uniquement sur les plateformes de nouvelles génération et le PC et est sans l’ombre d’un doute le plus attendu des deux. Plongez dans l’époque de la Révolution de la France!

Dans Assassin’s Creed Unity, vous incarnerez Arno Dorian. Après que son père ai été tué, Arno fut adopté par M. de la Serre, il tissa des liens forts avec la fille de celui-ci, Elise de la Serre. Une fois adulte et ayant l’habitude de se mettre dans le pétrin, Arno est accusé du meurtre de M. de la Serre. En prison, il rencontre un membre de la fraternité des Assassins qui l’introduit dans la Fraternité afin qu’Arno puisse prendre quête pour retrouver l’assassin de M. de la Serre mais aussi de son propre père. Le scénario d’Assassin’s Creed Unity est assez classique. Un homme qui part en Vendetta personnelle pour retrouver les assassins de proches, c’est du déjà-vu. Toutefois, cette histoire est tout de même bien amenée et l’action démarre bien plus rapidement que d’autres titres de la franchise, comme Assassin’s Creed III par exemple.

Si le scénario est plutôt classique, la toile de fond elle est plutôt unique. La période de la Révolution française est peu couverte dans le domaine du jeu vidéo et c’est un réel plaisir de l’explorer. Essentiellement, toute l’aventure se déroule à Paris et à Versailles : cette édition ne propose donc pas de navigation en bateau de pirates comme son homologue Rogue et Black Flag, n’en déplaises à ceux qui sont fan de cette jouabilité. Pour ma part, je suis plutôt positif que la franchise revienne à une jouabilité plus classique.

Parlant de jouabilité, AC Unity introduit la Lame Fantôme : une nouvelle arme qui fusionne les couteaux d’Assassins et une mini-arbalète. Il est donc maintenant possible de lancer ses couteaux très rapidement et à une bonne distance. Cette arme remplace aussi du même coup la Sarbacane que l’on retrouvait habituellement dans les titres précédents.

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Autre nouveauté, Ubisoft introduit aussi dans AC Unity le Parcour vers le haut et vers le bas. Auparavant, lorsque le joueur se déplaçait, le personnage sautait automatiquement à l’élément le plus près, ce qui pouvait causer certaines frustrations, en particulier si l’objectif était précisément de monter ou de descendre. Dans AC Unity, il est possible de maintenir enfoncé A ou B pour faire le Parcour vers le haut ou vers le bas. En clair, si vous maintenez A enfoncé durant une séance de Parcour, votre personnage cherchera à grimper les éléments et rester plus haut. Si vous maintenez B, il cherchera au contraire à descendre les édifices au lieu de simplement sauter à l’élément devant. Ce changement subtil en apparence donne beaucoup plus de contrôle au joueur pour être beaucoup plus efficace dans cet aspect du jeu. En théorie.

C’est seulement en théorie, puisqu’en pratique il arrivera encore que le héros se perchera sur des éléments du décor, comme une table, une chaise ou une clôture, ce qui pourra créer certaines frustrations au joueur. Vous comprenez qu’avec tout ce que l’engin à gérer, atteindre la perfection restera difficile, mais j’aurais personnellement aimé encore un peu plus de précision à ce niveau. Mais tout de même, les déplacements du personnage sont en général mieux réalisés que dans les éditions précédentes de la franchise.

Qui dit nouvelle génération dit aussi nouveaux graphismes. Sur cet aspect, Ubisoft a vraiment tenté l’impossible avec AC Unity. Ce jeu est de loin l’un des univers ouverts des plus massifs, des plus complexes, des plus vivants et des plus beaux qui m’a jamais été donné de voir de toute ma « carrière » de joueur. Jamais je n’ai vu un univers qui offre autant au joueur, et je ne pourrai jamais insister assez sur cet élément. AC Unity est magnifique, bluffant, une vraie toile vivante proposée au joueur. La France est montrée très fidèlement et avec beaucoup de réalisme. Il m’a même été donné de voir un comparatif vidéo entre AC Unity et le « vrai » Paris. Très impressionnant.

Et ce n’est pas tout. AC Unity offre aussi dans son monde ouvert une tonne de maisons ouvertes partout que le joueur peut entrer et sortir à tout moment. C’est un changement majeur, puisque auparavant les fenêtres ne servaient qu’à se cacher temporairement dans l’obscurité, mais maintenant vous pouvez carrément les traverser. L’intérieur des maisons et aussi entièrement modélisées, certaines avec un deuxième étage et un escalier, et la majorité avec des personnages non-joueurs aussi animés qui y vivent. Et comme si ce n’était pas assez, le monde ouvert offre aussi un réseau de canaux souterrains où le joueur peut aussi se balader librement pour parcourir la ville en toute quiétude.

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Le nombre de personnages non-joueurs est aussi franchement impressionnant à l’écran, beaucoup plus que j’ai jamais vu dans aucun autre jeu. Parfois plusieurs centaines, ou parfois plusieurs milliers, tous ces personnages animés semblent très différents et l’algorithme semble assez efficace pour ne pas revoir les même modèles trop souvent, sauf peut-être du côté des gardes. Et parlant de gardes : terminé le temps où il y avait un foutu garde sur chaque toit. Désormais, le joueur peut se promener beaucoup plus librement en ville sans passer le clair de son temps à se faire poursuivre par des gardes. Une grande frustration de moins par rapport aux opus précédents.

Tout ce visuel, toute cette grandeur, tout ce réalisme et tous ces personnages animés à un prix sur les performances brutes du jeu. Sur PC, il faut un monstre de puissance pour tout gérer correctement et sur consoles, le jeu affiche au maximum 30 images par secondes, à une résolution de 900p. Toutefois, qui parle d’un nouvel engin et de nouvelles plateformes parle aussi généralement de problèmes d’optimisations diverses. Sur Xbox One, la situation est relativement contrôlée : le jeu a bien quelques ralentissements occasionnels et j’ai aussi vu quelques personnages mourir étrangement, mais rien qui n’a brisé mon expérience ou rien qui m’a empêché de progresser. À l’heure où je rédige ces lignes, c’est donc probablement la meilleure version et la plus stable. Sur PS4 et PC, les problèmes d’optimisations semblent être plus graves pour certains, passant des bugs de textures, à certains joueurs qui passent à travers des planchers, ou qui flottent dans les airs, ou carrément des crashs du jeu complet. Ubisoft a d’ailleurs déjà répertorié les problèmes les plus criants et une mise à jour sera déployée très prochainement. Pour ma part, je n’ai pas vécu tous ces problèmes : je considère donc que la situation n’est pas si pire que certains le laissent entendre, mais tout de même un travail doit être effectué par Ubisoft pour améliorer la situation.

Autre truc, Ubisoft a fait le choix d’implanter un système de micro transactions à l’intérieur d’AC Unity. Du long de mes 23 heures de jeu, jamais le système m’a incité à dépenser de l’argent réel, mais je comprends bien que certains joueurs puissent ressentir une certaine frustration de voir l’option d’acheter du matériel à prix réduit et de devoir utiliser de l’argent réel. Si cette pratique n’est pas nouvelle (c’est le cas dans Forza Motorsport 5 et Battlefield 4, pour ne donner que ces exemples), je constate que cette pratique devient de plus en plus répandue. Je ne ferai pas le procès de tous ces distributeurs, mais certainement le respect du client doit être respecté. Si ces options demeurent optionnelles et que la progression réelle du jeu n’est pas affectée pour mousser les micros transactions, je crois que ça demeure acceptable. C’est le cas d’AC Unity : je n’ai jamais ressenti le besoin d’acheter du matériel plus puissant et que ce que j’ai débloqué avec ma propre progression, même avec peu de missions secondaires complétées, a été suffisant pour me donner les outils nécessaires pour compléter la campagne solo.

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Assassin’s Creed Unity offre évidemment beaucoup d’heures de jeu. Seulement pour la campagne solo, vous devrez investir 20 heures de jeu environ, mais le jeu offre aussi une tonne de missions secondaires à compléter et une tonne de « collectibles » à trouver. AC Unity offre aussi plusieurs coffres à trouver, dont certains ne peuvent que s’ouvrir que si on s’inscrit à une application disponible pour Windows 8.1, Android et iOS. Je comprends l’idée de vouloir offrir une expérience plus connectée mais l’implantation est un peu maladroite. Encore là du moins, il s’agit de trucs optionnels à faire qui n’influence pas du tout la campagne principale.

Et une fois tout ça complété, vous aurez aussi l’occasion de joueur en coopération avec des amis. Exit donc le multijoueur inintéressant des éditions précédentes, le coopératif prend place. En coop, les missions proposées sont uniques à ce mode, mais n’offrent pas d’interaction avec l’histoire principale, ce qui est regrettable. Malgré tout, le coopératif est beaucoup plus amusant que le multijoueur traditionnel, c’est donc un point positif dans l’ensemble.

Alors que penser d’Assassin’s Creed Unity? Et bien c’est sans doute l’itération du jeu qui a le plus à offrir. La campagne solo seule offre de longues heures, jamais elle ne devient ennuyante, et le titre a une tonne de contenu à offrir par-dessus celle-ci. Et tout ça dans l’un des univers les plus grands, des plus complets, des plus beaux et des plus vivants jamais créés. Cela dit, AC Unity n’est pas parfait, Ubisoft devra donc s’assurer de faire le suivi de la qualité pour améliorer la situation de la baisse de la fluidité et des bugs techniques plus graves sur Playstation 4 et PC, mais malgré tout, je n’ai aucune difficulté à recommander cette nouvelle itération qui m’a procuré beaucoup de plaisir durant plusieurs heures.

Ma note : 8,5 / 10

Testé sur Xbox One, aussi sur PlayStation 4 et PC
Disponible en français
Visitez le site officiel : http://assassinscreed.ubi.com/