[Critique] Citizens of Earth

Chaque année commence plutôt tranquillement dans le monde du jeu vidéo. C’est rare qu’on voie des titres paraître en janvier, mais, en 2015, il y en a quelques-uns. Life is Strange, Hyperdimension Neptunia Re;birth 2 et le très attendu Dying Light font saut sur les consoles en plus de quelques jeux indie. Je joue d’ailleurs à un de ceux-ci depuis plusieurs jours : Citizens of Earth. Un jeu développé à Vancouver par Eden Industries et publié par Atlus.

En résumé

Le jeu vous plonge dans la peau du vice-président du monde qui vient tout juste de gagner ses élections. Alors qu’il espère prendre de petites vacances après une longue campagne, il se rend compte qu’il y a un nombre incalculable de manifestants sur sa rue. Or, comme tout bon bureaucrate, il n’aime pas se salir les mains. Il décide alors d’aller examiner les alentours accompagnés de sa mère et son frère. Sur son chemin, le vice-président va rencontrer plein d’autres citoyens dans le besoin qui vont l’accompagner dans sa quête. Il va vite se rendre compte qu’il y a quelque chose de gros qui se trame dans son quartier et les alentours. Ce sera à lui et ses sbires de régler le problème.

C’est quoi Citizens of Earth? Je dirais que c’est un RPG à la sauce un peu plus nord-américaine. Fini les rencontres aléatoires d’ennemis, finis le « grinding » et on sort du cadre de la science-fiction au profit d’un scénario tournant autour de personnages un peu plus ordinaires; réalistes. J’adore l’approche et ça m’a fait penser énormément au premier jeu que j’ai critiqué lors de ma première baladodiffusion avec L’épée Légendaire : On the Rain-Slick Precipice of Darkness fait par Penny Arcade. C’est vrai autant au niveau de ses personnages que de son humour et de ses décors. En effet, on sent aussi la touche à la Earthbound alors qu’on visite des scènes de tous les jours : une ville, un parc, une ferme, etc. Bref, rien de très fantaisiste.

Néanmoins, le jeu a un tempo plus rapide que les RPG classiques et ça le sert bien. Les combats se déroulent rapidement même s’ils sont au tour par tour et il est toujours possible de les éviter. Côté scénario, comme je le mentionnais les développeurs ont aussi beaucoup misé sur l’humour. En fait, tout y est comique : les attaques, les dialogues, les situations, les ennemis et même les personnages. Honnêtement, Eden Industries a bien exploité les clichés sans se prendre trop au sérieux. C’est bien écrit et l’histoire m’a tenu en haleine non seulement grâce à son humour, mais aussi grâce à son étrange intrigue.

Ensuite, alors que le niveau de difficulté de base ne vous posera pas vraiment de problème, je recommande aux joueurs habitués au genre de l’augmenter. En visitant la mascotte de l’école qu’on rencontre relativement vite, il est possible de l’augmenter et l’aventure peut devenir un tout nouveau jeu. Citizens of Earth en offre vraiment pour tous les goûts.

J’aime aussi le fait que notre équipe est toujours formée de citoyens ordinaires. Selon ceux qu’on a recrutés, on pourrait, par exemple, avoir un psychologue, un pâtissier et un jardinier pour former notre groupe de trois. Chacun possède des habiletés très distinctes et c’est à nous de trouver la bonne synergie. Je pense qu’il n’y a pas deux personnages qui ont la même attaque. D’ailleurs, il y a plusieurs dizaines de personnages à débloquer et tous les recruter représente une bonne partie du plaisir du jeu. Non seulement ils ont des attaques très distinctes comme la mascotte qui peut encourager notre équipe ou notre mère qui gronde les ennemis, les personnages ont aussi chacun des attributs qui leur sont propres. Par exemple, le psychologue peut nous faire visiter nos rêves, la sauveteuse nous permet de visiter l’océan, la mascotte peut changer le niveau de difficulté du jeu et bien plus. Chacun a son utilité en combat et hors combat. Ça nous encourage donc fortement à aller chercher chacun d’entre eux. Bref, la diversité du jeu est franchement impressionnante et ça m’a encouragé à jouer plusieurs personnages au lieu de toujours améliorer le même groupe de trois.

Puis, comme l’aventure est un vrai monde ouvert, on n’est pas vraiment limité dans les endroits qu’on peut explorer. Outre quelques chemins qui doivent être débloqués avec certains personnages, tout est accessible relativement facilement. C’est ce que les développeurs voulaient. Au lieu d’avoir un jeu avec une tonne de « grinding », ils ont offert un jeu avec beaucoup d’exploration.

Par contre, il devient assez facile de s’y perdre. La mini-carte nous donne un bon indice de la direction à prendre, mais il manque une vraie carte du monde pour nous retrouver plus facilement. Ce qui fait en sorte que l’aventure paraissait parfois plus longue qu’elle devrait normalement l’être. À un certain moment, j’étais devenu beaucoup trop puissant pour l’endroit où j’étais et ça m’a déplu. Je me suis souvent tanné de chercher à droite et à gauche. Dans un monde ouvert aussi vaste, c’est difficile de se rappeler où était chaque région.

J’ajouterais que la touche visuelle est jolie. Ça permet au jeu d’être facilement accessible sur toutes les plateformes sans être lourdes pour celles-ci. Je n’ai pas eu de problème de latence ni de bogues. Par contre, je sais que Mélanie a eu quelques problèmes avec sa version Vita donc ce sera à vérifier si c’est la version qui vous intéresse. Pour revenir au style 2D, je trouve qu’il se prêtait parfaitement au côté très humoristique du jeu. La musique aussi s’apprête bien au style rétro du jeu, mais me tapait parfois un peu sur les nerfs. J’ai préféré la retirer. Cependant, j’aime que malgré que ce soit un jeu à plus petit budget, il y ait tout de même des acteurs qui ont prêté leur voix pour faire la majorité des dialogues. Ils ont fait du bon boulot. J’embarque toujours plus dans un scénario quand c’est le cas. En plus, leurs voix cadrent toujours bien avec les personnages et leur personnalité souvent poussés à l’extrême.

En conclusion, malgré quelques défauts, j’avais toujours hâte d’ouvrir mon ordinateur jour après jour pour retourner dans Citizens of Earth. C’est très difficile de m’accrocher, surtout chez les jeux moins grand public, et lui a parfaitement réussi. J’ai mis plusieurs dizaines d’heures et, bien que j’avais parfois un peu de difficulté à progresser et je me tannais, j’y retournais quelques heures plus tard. C’est un bon jeu, peu coûteux et qui, pour moi, représente une belle surprise en ce début d’année. Il a beaucoup à offrir et mérite qu’on s’y attarde. Par contre, ça reste un RPG qui représente un style niche, mais qui pourrait aussi être une belle première expérience pour ceux qui n’ont jamais essayé le genre. Je suis bien content qu’Atlus ait aidé les développeurs à terminer le jeu après un Kickstarter échoué, car il tire bien son épingle du jeu sur le marché. J’espère maintenant que le public lui donnera maintenant sa chance.

Ma note : 8/10

Testé sur PC
Sous-titré en français
Site officiel: http://www.atlus.com/citizensofearth/

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