[Opinion] Payons-nous nos jeux au bon prix?

Pour ma première chronique de l’année, j’avais envie de me faire un peu l’avocat du diable sur le sujet du prix des jeux et des microtransactions. Sans agenda, simplement pour satisfaire ma curiosité et pour solliciter votre opinion sur le sujet.

Un marketing trop coûteux?

Il y a quelques mois, à l’approche de la sortie de Destiny, je regardais la liste des jeux qui ont coûté le plus cher dans les dernières années. Un des aspects qu’on remarque rapidement, c’est l’explosion des coûts de marketing qui équivaut souvent au double du budget de développement. Même qu’avec Modern Warfare 2, les coûts de marketing étaient 4 fois plus élevés que le budget de développement. Évidemment, ça fait en sorte qu’on peut générer des attentes hallucinantes envers un jeu avant sa sortie. On garantit ainsi un nombre incroyable de précommandes sans même assurer la qualité du jeu final. Le but n’est pas ici de déplorer qu’une compagnie veuille faire connaître son jeu le plus possible, mais simplement souligner cette montée fulgurante des coûts. C’est à se demander s’il n’y a pas des avenues plus intéressantes et moins dispendieuses pour passer ces messages.

Top 10 plus gros budgets JV

Je suis aussi forcé de me poser une question. Serait-il plus viable d’avoir un équilibre qui penche plus en faveur des coûts de développement du jeu et dans son peaufinage que dans sa mise en marché? Ou, du moins, avoir un meilleur équilibre. Je pense que c’est assurément quelque chose que les compagnies devraient regarder.

Un prix qui stagne

Parallèlement à l’explosion de ces coûts, on n’a pas vraiment vu d’augmentation du prix des jeux. Je me souviens très bien d’avoir payé 69,99 $ en début d’année 2002 pour un exemplaire de Tony Hawk’s Pro Skater 3 sur GameCube. J’avais 13 ans à l’époque et je m’en souviens comme si c’était hier. Or, lorsqu’on fait un calcul rapide, on comprend que le prix de 69,99 $ en 2002 est l’équivalent de 86,47 $ en dollar de 2014. J’ai tiré le chiffre de la feuille de calcul de l’inflation du site web de la Banque du Canada. Heureusement, on ne paye pas encore 84,99 $ pour nos jeux vidéo, mais c’est certain qu’il y a un léger manque à combler. C’est sûr qu’aujourd’hui il y a plus d’acheteurs que jamais, mais le nombre n’a pas vraiment suivi l’augmentation des coûts au même rythme. De plus, on peut ajouter que l’offre s’est multipliée dans les dernières années. Il y a un très grand nombre de studios sans compter tout ce que les plateformes mobiles proposent comme alternatives.

D’où les compagnies qui cherchent désespérément de nouvelles façons d’aller chercher des sous supplémentaires dans vos poches. Ce qui m’a amené à me questionner si je préférais endurer les microtransactions incluses dans nos jeux payés à pleins prix ou si j’accepte de payer 85 $ + taxes pour ne pas les avoir.

Destiny Cover

La réponse logique est de les endurer, mais elles doivent être bien implémentées. D’une part, tant que le fait de ne pas conclure de transactions ne ralentit pas ma progression, c’est OK. Tant que le fait que quelqu’un d’autre effectue une transaction ne diminue pas le plaisir que je retire, moi-même, du jeu, c’est OK. Tant qu’on ne m’offre pas à toutes les 5 minutes encadrées en gros en pleine partie de dépenser un extra, j’accepte.

Est-ce qu’on devrait donc être un peu plus tolérant et laisser les compagnies dont c’est le but premier, essayer de chercher un profit de plus chez les plus avides amateurs de leurs jeux? Tant que cela ne déroge pas des conditions mentionnées précédemment; pourquoi pas? C’est toujours mieux que de payer 20 $ de plus pour un jeu sur lequel je ne vais peut-être pas mettre autant d’heures que d’autres.

De bons exemples

Alors que de bons exemples se retrouvent plus fréquemment dans des « Free-2-Play », ils sont un peu plus rares à trouver dans les jeux payés au plein prix. J’ai quand même retenu quelques exemples qui ont réussi à se prouver concluants. Certains se souviennent peut-être du multijoueur de Mass Effect 3. J’avais été particulièrement accroché par celui-ci même si je ne m’attendais absolument à rien. Un des aspects intéressants, c’était la possibilité d’obtenir des pièces d’équipements rares, mais qui amélioraient seulement l’esthétique. En fait, ça ressemblait beaucoup au modèle de Team Fortress 2.

Mass Effect 3 Multijoueur

Sinon, je ne suis pas contre toute forme de DLC tant qu’il s’agit bien d’un complément et non d’une partie absente de l’histoire principale. Ça ne peut pas non plus être un DLC de boni de précommande qui cause un débalancement total dans la progression initiale du jeu. Mieux vaut s’en tenir à un « Skin Pack » ou à quelque chose d’équivalent.

Il y a même un MMORPG dont on entend peut-être un peu moins parlé, mais qui a réussi à s’établir une bonne base : Guild Wars 2. Alors que la compagnie a décidé de s’en tenir à un frais fixe pour le jeu et non un abonnement, il y a tout de même plusieurs joueurs qui dépensent dans leur système de microtransactions. Cela permet aux développeurs de poursuivre le support qu’ils accordent à leur jeu en offrant en plus du contenu supplémentaire régulièrement. Leur magasin en ligne offre vraiment plein de modifications cosmétiques que les amateurs du jeu apprécient beaucoup.

Mieux protéger ses acquis

Bref, il y a deux réalités qui s’affrontent en ce moment. D’une part, comme certains studios ont montré le mauvais exemple, quelques joueurs les ont rapidement tous placés dans le même bateau. Ça en prend souvent seulement quelques-uns pour entacher toute une industrie. On le voit de plus en plus de nos jours. Néanmoins, les gros studios devraient aussi être en mesure de mieux évaluer le marché. Considérant la somme d’argent qui est en jeu, certains auraient avantage à se prémunir d’experts dans le domaine. Comme le dit l’adon, ça prend des années pour se bâtir une bonne réputation et à peine quelques minutes pour la détruire. Donc, essayez peut-être de mieux la protéger et de respecter les acheteurs.

Batman Arkham Knight Collector Edition

Pour revenir sur le prix des jeux et mon approche, je conclurais avec mon seul conseil que j’ai appris au fils des dernières années en achetant beaucoup de jeux. Soyez prudent avec les précommandes. Si c’est vraiment une option que vous voulez garder, essayez de les faire lors des spéciaux annuels pendant l’E3. On peut souvent retrouver jusqu’à 20 à 30 % de rabais durant cette période. Ça amortit un peu l’effet d’un jeu qui est moins bien reçu. La compétition et les offres alternatives (Collector’s Edition, DLC, etc.) nous permettent encore de profiter de jeux à coût relativement abordables à mon avis. Qu’est-ce que vous en pensez?

Posted In:

Les commentaires sont fermés.