[Critique] Resident Evil HD

Il y a de ces compagnies qui écoutent leurs fans. D’accord, la grande majorité d’entre elles vont vous dire qu’elles le font et cela est tout à fait normal si elles ne veulent pas se tirer dans le pied à court, moyen ou long terme. Mais comment peut-on réellement le savoir si elles prennent en considération les commentaires de leurs clients? Une de preuves qui existent est les rééditions faites par les entreprises puisque la demande est présente. Moyen de rentabilité certes pour certains, travail de colosse pour d’autres. Un des exemples récents de travail titanesque réalisé : Resident Evil HD par Capcom.

Le développeur ne s’est pas contenté d’améliorer les graphiques afin de renflouer leurs coffres et de se retrouver avec un portage bâclé. Non, on parle de refaire complètement le jeu, et ça, pour un amateur de la première heure comme moi concernant Resident Evil, c’est tout simplement une joie immense. Je peux vous nommer quantité de jeux que j’aimerais voir refaits au goût du jour (Metal Gear Solid et Final Fantasy VII sont les deux qui me viennent rapidement à l’esprit), mais pour une raison que j’ignore, les développeurs semblent craintifs concernant la tâche à faire. Peur de décevoir les amateurs en raison de la nostalgie qui leur est réservée, tâche trop ardue en raison de contraintes, projet sur la glace pour faire place à d’autres priorités, refus catégorique des actionnaires? Bref, les raisons peuvent être nombreuses, mais cela ne pardonne pas tout. Je salue donc le courage de Capcom d’avoir mis les mains à la pâte pour cette nouvelle mouture.

Pour ceux n’ayant jamais expérimenté Resident Evil, il s’agit de ce qu’on appelle un « ‘survival horror »” ou un jeu d’horreur avec la survie comme objectif principal. Un virus s’est propagé dans la ville de Racoon City et transforme ses habitants en zombies. C’est alors que l’équipe du S.T.A.R.S. dont font partie nos protagonistes est envoyée afin d’enquêter sur le sujet. Le premier opus étant sorti en 1996 sur la première PlayStation, on réalise alors que beaucoup d’années sont passées et que le temps a tout de même fait ses ravages. Pas parce que le jeu n’est pas beau, loin de là, mais pour un jeu de la nouvelle génération, il y a tout de même mieux sur le marché. Cependant, si on compare avec sa première version, il s’agit d’un pas de géant. Le rendu est intéressant, avec des graphiques plus que respectables, ce qui permet de vivre l’aventure avec le même frisson que celui de la belle époque. Une des grandes faiblesses de la série a toujours été ses angles de caméra discutable et c’est avec grand regret que je vous annonce que le tout est loin d’avoir été corrigé. Encore une fois, on se retrouve en position de faiblesse face à un adversaire et ce n’est pas en raison de notre incapacité devant celui-ci ni à cause du niveau de difficulté mal balancé, mais plutôt parce qu’il était impossible de le voir venir vu que la caméra était médiocre.

Les plus nostalgiques se souviendront que le contrôle du personnage n’était pas de tout repos. Est-ce que Capcom a bien travaillé de ce côté? C’est un retentissant oui que je peux vous pousser! En fait, les contrôles ont été directement inspirés des derniers opus tels que Resident Evil 4 et Resident Evil 5 afin de retirer l’impression que le personnage avance avec quelque chose dans le derrière (je sais, je suis vulgaire!). Pour les puristes, soyez rassurés, vous pourrez choisir la bonne vieille façon de déplacer Claire et Chris Redfield si vous le désirez. En fait, c’est la beauté de la chose : Capcom a respecté les amateurs en leur laissant l’opportunité de vivre l’aventure comme à l’époque ou dans la nouvelle mouture. Il est même possible de faire un choix au niveau des personnages, soit Claire et Chris avec leur look d’origine ou bien avec le look de Resident Evil 5.

Resident Evil, c’est aussi un puzzle game dans le sens où, dans bien des cas, il faut déplacer un item à un autre endroit que celui où on l’a trouvé au départ afin de pouvoir avancer dans l’aventure ou afin d’avoir un nouvel item. Le niveau de difficulté réside dans le peu d’items que l’on peut déplacer à la fois, rendant l’utilisation d’un coffre où on peut déposer nos articles essentiels. Autre détail à noter : la sauvegarde. Aujourd’hui, bon nombre de jeux utilisent un système de sauvegarde automatique qui permet à l’utilisateur de ne pas penser à le faire soi-même. Dans mon temps (oui je suis vieux bon!), ce système n’existait pas et on devait penser à cela en tout temps, ce qui est le cas de Resident Evil avec la machine à écrire qui nécessite des cartouches d’encre pour enregistrer notre aventure. Bien qu’on ne manque jamais de cartouches (à moins d’enregistrer à répétition), il n’y a rien de plus rageant que de devoir recommencer une grande partie de ce que l’on vient de faire parce qu’on a oublié de sauvegarder notre partie. Pour les anciens comme moi, cela ne devrait pas trop poser de problème, mais pour les nouveaux amateurs de jeux vidéo, il suffit d’avoir un petit coin dans la tête qui nous le rappelle, lorsque nécessaire. La durée de vie est plus que respectable pour un jeu en téléchargement avec, en moyenne, de 9 à 11 heures pour faire l’aventure d’un bout à l’autre. Vous pouvez compter le double si vous désirez le refaire avec le deuxième personnage.

En terminant, Resident Evil HD s’adresse, avant tout, aux nostalgiques, ceux qui ont tellement apprécié la première version qu’ils vont se procurer celle-ci les yeux fermés. Cependant, je serais très déçu si les amateurs du genre qui n’ont jamais eu la chance d’y jouer ne prennent pas la peine de le faire. Il s’agit d’un jeu qui en a influencé des centaines d’autres et c’est toujours bon de connaitre d’où on est parti afin de savoir où on s’en va. Il faut juste y aller un pas à la fois… si on ne veut pas se faire dévorer!

Ma note : 8.5/10

Par Kevin Cormier
Testé sur Xbox One
Sous-titré en Français
Site Officiel: http://www.capcom.co.jp/biohd/index.html

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