[Critique] The Order 1886

Rares sont les nouvelles franchises qui captent l’attention dès leur dévoilement. Cependant, lorsqu’un développeur présente un jeu dans un univers fantastique à la sauce steampunk, on rentre dans le champ d’intérêt d’une forte portion de joueur. Ready at Dawn avait donc les cartes en leur faveur lors de l’annonce de The Order 1886 à l’E3 2013. Un peu plus d’un an plus tard, j’ai finalement pu voir en quoi le jeu consistait en l’essayant au dernier Comic-Con et j’ai été subjugué par sa qualité visuelle. Par contre, tout le monde se demandait si la qualité du jeu allait être à la hauteur de son visuel.

Synopsis

The Order 1886 nous plonge à l’époque victorienne dans un univers alternatif où Londres est constamment menacé. Notre héros, Sir Galahad, et son groupe de chevaliers-élites sont alors mandatés afin de protéger la population contre les Lycans, une dangereuse race de créature mi-humaine et mi-bête. Cette guerre perdure depuis bien des années et, tandis que l’humanité est en pleine évolution, elle se bat aussi plus que jamais pour sa survie.

Le premier réflexe que j’ai eu en ouvrant The Order 1886, c’est d’être heureux de constater que le produit final était aussi beau que ce que j’ai testé en septembre dernier. Visuellement, les développeurs n’ont pas tourné les coins ronds. C’est le premier jeu de la nouvelle génération qui me donne vraiment l’impression d’être passé à un autre niveau. Les personnages sont bien détaillés surtout au niveau du visage. On sent bien l’émotion dans leurs expressions de visages et les détails comme la moustache de Galahad, les cheveux ou les rides du visage sont très réalistes. J’ajouterais aussi que les décors sont tout simplement sublimes. La première fois qu’on se retrouve à l’extérieur et qu’on voit Londres à l’arrière-plan, c’est impressionnant. En fait, tout a été pensé pour donner un look rétro futuriste au jeu comme les habits des gardes et tous les éléments de technologies qu’on retrouve un peu partout. Au niveau de l’atmosphère, tout a aussi bien été pensé. Les paysages et environnements sont très sombres et c’est exactement ce à quoi je m’attendais. Ils ont même ajouté une touche supplémentaire un peu grise aux couleurs pour nous plonger encore plus dans cette époque victorienne. Aucun jeu n’est arrivé à ce niveau de réalisme auparavant.

D’ailleurs, ça sert extrêmement bien le jeu. Le studio responsable du développement n’a jamais voulu le cacher, leur but était de faire une histoire de qualité presque cinématographique, mais dans lequel le joueur pouvait interagir. On le constate rapidement simplement en voyant les deux bandes noires situées en haut et en bas de l’image du jeu pour donner cet effet additionnel. Dans cette optique, difficile de leur reprocher quoi que ce soit. Les transitions des cinématiques aux séquences de jeu sont très fluides et il n’y a aucun temps de chargement. Il est même parfois difficile de distinguer les deux. Le problème, c’est que pour les premières heures, le rythme du jeu est fortement ralenti par les cinématiques beaucoup trop fréquentes. Même si on y a ajouté quelques actions QTE, ce n’est pas suffisant pour rassasier tous les joueurs.

Personnellement, ça m’a moins dérangé parce que j’aime beaucoup ce type de jeu. Il tombait aussi à point pour moi qui venais tout juste de passer une semaine à faire que du multijoueur dans Evolve et plusieurs mois dans Destiny. Deux titres mettant beaucoup plus l’accent sur leur jouabilité respective que sur leur histoire. J’étais donc bien heureux de vivre une bonne histoire avec une bonne intrigue qui mélange des faits historiques avec de la fiction. Par exemple, il y a le réputé scientifique, Nikola Tesla qui est un facteur important dans l’histoire ou encore plusieurs références à Jack the Ripper. Même Galahad et son ordre de chevaliers font référence aux chevaliers de la Table Ronde, malgré qu’ils ne soient pas de la même époque. Pour revenir sur l’histoire, c’est vrai que le scénario est digne d’un bon film. Il y a plusieurs moments forts en plus de revirements de situations et de trahisons inattendues. Malheureusement, c’est vrai que le jeu est plutôt court. Ça m’a pris environ 7 h 30 pour terminer l’aventure et j’ai effectivement l’impression de ne pas avoir joué assez à mon goût.

Je dirais qu’à partir de la troisième heure de jeu, le rythme prend plus son air d’allée et le joueur est plus impliqué. Cependant, c’est presque à la moitié de l’aventure. Ce qui est bien dommage, parce que la prise en main pour les combats est très bien. Ça ressemble beaucoup à Uncharted ou à Gears of War pour ceux qui sont familiers avec le style qu’ils offrent. C’est un style que j’aime beaucoup et c’est parfait pour un jeu à la 3e personne. De plus, il y a un vaste arsenal d’armes qui ont des utilisations bien différentes. Je n’ai jamais vu un fusil comme le Thermite Riffle avant et c’est bien plaisant de s’en servir. L’intelligence artificielle aussi est à point. J’ai joué à « Medium » et le défi est intéressant. Ce que j’aime surtout c’est le fait que lorsque les ennemis voient qu’ils ont une ouverture pour nous attaquer, ils n’hésitent pas. Ils vont vider leur chargeur sur nous jusqu’à notre dernier souffle. Le seul défaut que je vois à ce niveau, c’est qu’on se bat énormément contre des humains et trop peu contre les bêtes. Bref, dans l’ensemble, bien que peu innovateur, les combats sont engageants et solides.

The Order 1886 n’est vraiment pas un jeu pour les enfants. Il aborde plusieurs thèmes sérieux et matures qui s’imprègnent bien dans l’histoire. De plus, la violence démontrée est très graphique et certaines scènes sont particulièrement sanglantes. D’ailleurs, en tant que chevalier, je ne comprenais pas toujours les motifs de mon personnage quand venait le temps de tuer un soi-disant ennemi. Je croyais que notre but était de protéger la population et non de tuer gratuitement un garde qui faisait tout simplement son boulot. C’était parfois bien difficile de prendre part à tous ces massacres inutiles. Il faut dire que notre protagoniste passe souvent d’un extrême à l’autre au niveau des émotions. Les acteurs jouent très bien leur rôle, mais certains changements brusques par rapport aux alliances de Sir Galahad sont un peu douteux.

En terminant, The Order 1886 vaut la peine d’être joué. J’ai trouvé mon expérience plaisante dans l’ensemble, bien qu’un peu court. C’est d’ailleurs son plus gros défaut, car l’aventure tire à sa fin alors qu’on commence à peine à se sentir plus impliqué dans l’histoire. Cependant, il y a assez d’ouverture et d’aspects non réglés pour préparer une suite que j’aimerais bien voir. En même temps, je comprends que certains n’apprécient pas les jeux dans lesquels notre rôle est plutôt effacé et le sent assurément dans celui-ci. Je le recommande principalement pour une location dû à sa courte durée et le peu d’éléments présents pour justifier d’y jouer une seconde fois. Or, dans l’ensemble, j’ai tout de même bien apprécié mon aventure.

Ma note: 7.5/10

Par Anthony Gravel
Exclusivité PlayStation 4
Offert en français
Site Officiel: http://www.playstation.com/en-us/games/the-order-1886-ps4/

7 Comments

        1. Lol non content que tu l’as lu. Je t’écoutais bien avant de me joindre à l’Épée donc ça fait plaisir 🙂

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