[Critique] Screamride

Quand on nous a demandé qui d’entre nous à L’Épée Légendaire désirait faire la critique sur un jeu qui représente une suite spirituelle des Roller Coaster Tycoon, j’ai crié un retentissant moiiiiiiiiiiiiii! (avouez que vous êtes capable d’entendre ma voix à travers votre appareil!). Il faut dire que j’ai passé d’incalculables heures sur les premiers jeux de la série sur mon ordinateur. C’est donc avec un grand enthousiasme que je me suis installé devant le jeu qui allait sans aucun doute me faire perdre le fil du temps, j’ai nommé ScreamRide. Résultat? Une amère déception.

Quel est le concept de ce nouvel opus? On incarne un employé de la firme ScreamWork, entreprise qui fait la pluie et le beau temps dans l’univers des parcs thématiques. Comme vous êtes une personne compétente et polyvalente, vous avez le choix entre trois types d’emplois en tout temps, soit de personnifier un pilote, un ingénieur ou bien un expert en démolition. Comme vous pouvez vous en attendre, le travail à accomplir ne sera pas le même selon votre choix. Pour chacun des métiers, il faut réaliser une série d’objectifs à travers 20 niveaux, répartis sur 6 épisodes, pour un total de 60 niveaux différents. Dans le cas du pilote, il suffit de conduire la nacelle du manège à bon port en réalisant quelques acrobaties afin de maximiser vos points. Pour ce qui est de l’ingénieur, il faut finaliser la construction du manège selon certaines conditions. Finalement, l’expert en démolition doit faire de la place pour une nouvelle attraction en détruisant le maximum de bâtiments et de décors. Reste qu’il est possible de créer son propre manège, mais j’y reviendrai un peu plus tard.

Je dois admettre dès le départ que je ne m’attendais pas à ce que le jeu soit aussi intuitif en terme de contrôle sur une console de salon que sur un PC. Par le passé, les jeux de ce genre n’ont jamais eu la facilité que procure une souris et encore une fois, ce jeu éprouve des difficultés à ce niveau. Beaucoup trop de boutons doivent être appuyés afin de réaliser quelque chose de simple à la base. On appuie sur le mauvais bouton, on doit recommencer, ça devient irritant, bref, la prise en main est loin d’être évidente. Même après plusieurs heures de jeu, je trouvais cela difficile (cependant, cela dépend de l’emploi sélectionné). Ce qui ajoute à une autre grande frustration : les angles de caméra. On a l’impression que les caméras ne sont jamais au bon endroit ou elles sont positionnées afin de rendre la tâche à faire encore plus ardue qu’elle ne l’est réellement. Les développeurs ont eu la bonne idée de pouvoir changer l’angle à certains moments du défi en court, mais même à cela, on dirait que le jeu n’arrive jamais à nous donner la vision parfaite afin de voir ce que l’on vient de faire. En plus, pour augmenter le niveau de difficulté au joueur, le texte est écrit tout petit à l’écran. Je tiens à dire que je joue quand même sur un téléviseur de 48 pouces. C’est une erreur impardonnable en 2015.

Pour ce qui est des graphiques, je vous dirais qu’on se trouve dans la moyenne de ce qui se fait présentement sur le marché des nouvelles consoles. Sans être beau, le jeu offre un décor minimaliste, mais il se rattrape grâce aux grandes possibilités en terme de destruction. En effet, les décors peuvent être détruits et la réaction en chaîne qui est déclenchée lorsque bien réalisée est impressionnante. Ce qui est triste et un peu lassant, c’est de voir régulièrement les mêmes cinématiques entre deux épreuves. Il faut toutefois leur donner crédit concernant le niveau d’humour des créateurs. Celui-ci est très présent et procure des sourires ici et là.

Il faut cependant garder un aspect à l’esprit, le réel objectif du jeu est la réalisation de votre propre manège. Les niveaux mentionnés plus haut doivent être vus comme un long didacticiel qui familiarise le joueur avec les contrôles et les possibilités du titre. Pour une personne qui aime être le maître à bord, celui-ci trouvera le jeu plus stimulant que le simple amateur. L’éditeur est complet et même un peu trop à mon goût et je m’explique. Il est impossible de réaliser uniquement un manège et d’en faire le test. Non, il faut également que les bâtiments, les objectifs et autres aspects techniques existent. Il faut donc compter plusieurs heures avant de voir le résultat final de notre œuvre. Je n’ai tout simplement pas la patience ainsi que la dextérité pour passer des heures devant mon écran à créer ce genre de chose.

Heureusement, le jeu a tout de même des points positifs. Par exemple, on se prend au jeu en ce qui concerne le challenge dans chacun des niveaux. On tente de monter son score afin de faire partie des meilleurs au monde. Ou encore, jusqu’à ce que l’on soit satisfait de notre accomplissement. Au risque de me répéter, l’éditeur de niveau est complet et il saura satisfaire les amateurs du genre. Mais à quel prix? Parce qu’il faut l’admettre, le jeu n’est pas donné. Est-ce qu’il est justifié? En ce qui me concerne non, il ne l’est pas du tout. Le jeu est relativement court pour sa trame narrative (quoique de nos jours, ça ne semble pas déranger toutes les entreprises de faire payer le gros prix au consommateur), mais vous pouvez vous même vous faire une idée puisqu’une démo est disponible. Malgré le débat qui existe présentement à savoir si une démo est négative ou non pour une entreprise, je ne peux que vous conseiller de faire l’essai avant l’achat. Sinon, vous pourriez le regretter.

Ma note : 6/10

Par Kevin Cormier
Testé sur Xbox One (aussi disponible sur Xbox 360)
Site officiel: http://www.xbox.com/fr-CA/games/screamride

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