[Critique] Code Name S.T.E.A.M.

En février 2013, j’ai redécouvert un genre que j’avais un peu perdu de vue. En effet, ça faisait un moment que je n’avais pas joué à un jeu de rôle tactique avant Fire Emblem : Awakening. Ce fut une sacrée belle expérience et, à ce jour, je le considère mon favori sur Nintendo 3DS. Deux ans plus tard, le studio responsable de son développement et de l’excellente série Advance Wars, Intelligent Systems, est de retour avec une toute nouvelle franchise.

Code Name : S.T.E.A.M. reprend donc le genre qui a si bien servi le studio, mais sous une perspective à la troisième personne pour la première fois.

Synopsis

L’histoire se déroule dans une version fictive de Londres où la période Steampunk bat son plein. On y incarne initialement Henry Fleming qui fait partie de l’unité de défense d’élite nommée « S.T.E.A.M. » et dont le but est de défendre la Terre d’une invasion extra-terrestre. À sa tête, ce n’est nul autre qu’Abraham Lincoln qui a monté sa petite équipe de combattants experts basés sur des personnages mythiques de la littérature américaine. Alors, joignez-vous au Lion peureux du Magicien d’Oz, à Tom Sawyer des Aventures de Tom Sawyer, à Tiger Lily du royaume de Peter Pan et bien d’autres personnages qui ont marqué notre imagination.

Je vais vous le dire tout de suite, je suis en amour avec ce jeu et je me doutais bien qu’il allait me plaire après avoir essayé la démo offerte gratuitement sur le eShop. Un jeu de tactique au tour par tour, c’est parfait pour une console portable comme la 3DS et celui-ci est particulièrement bien fait. Pour vous l’expliquer simplement, on est lancé dans chaque tableau avec quatre personnages. Chacun d’eux a une certaine quantité de vapeur pour se déplacer, pour attaquer ou pour se défendre à chaque tour. Puis, le but est généralement simplement d’atteindre la zone de l’objectif finale, mais il y en a aussi où il faut sauver des citoyens ou éliminer un monstre particulier. Donc, dans l’ensemble, le principe n’est pas très compliqué.

Or, j’ai vraiment aimé les combats. D’une part, la perspective à la 3e personne permet des batailles plus interactives encore que ce que les développeurs avaient fait précédemment. Désormais, il ne faut pas simplement permettre à notre joueur d’atteindre l’ennemi. Il faut aussi se garder suffisamment d’énergie pour viser et tirer sur ce dernier. Ainsi, on se sent plus impliqué dans les combats que jamais. De plus, chaque créature possède un point faible qu’il faut atteindre pour faire encore plus de dégâts. Le positionnement est donc toujours à considérer. Le plus important, par contre, reste les attaques ultimes que chaque personnages peut activer une fois par tableau. Il n’y a rien de plus satisfaisant que de tirer sur la manivelle de notre écran tactile et activer notre super pouvoir comme un conducteur de train de vapeur qui tire la corde de son klaxon.

L’autre élément que j’adore, c’est qu’il faut penser à chaque fait et geste qu’on va poser et on a énormément de choix. Les joueurs un peu plus axés sur l’attaque vont peut-être se dire qu’il vaut toujours mieux attaquer en premier, mais la vérité est tout autre. Parfois, il vaut mieux rester en repli et se garder un peu d’énergie pour surprendre l’ennemi avec une attaque défensive bien placé et qui peut paralyser celui-ci. Dans quelques niveaux, il faut même faire attention aux différents éléments du terrain qui peuvent décider si vous serez en bonne position ou non pendant la phase d’attaque des extra-terrestres. Bref, j’adore qu’on n’ait pas simplement repris la formule de Fire Emblem, même si elle fonctionnait très bien. Le studio a pris un risque et ç’a été payant selon moi.

Ensuite, dans chaque tableau, il y a trois écrous cachés un peu partout qu’il faut réussir à trouver, car en les accumulant, c’est là qu’on débloque de meilleurs chauffe-eau. Ceux-ci possèdent des caractéristiques spécifiques, par exemple, un meilleur débit de rechargement d’énergie, et ils nous permettent d’avoir une meilleure équipe. Généralement, je me plaisais à tous les obtenir avant la fin, même lorsque le tableau me donnait énormément de fil à retordre. L’autre élément à collectionner, ce sont les sous. De leur côté, ils permettent de débloquer un nouvel arsenal d’armes secondaires.

Car, un autre aspect stratégique qu’il faut contrôler, c’est l’importance de maximiser l’utilisation optimale de nos deux armes ainsi que de s’armer de bonnes combinaisons. Alors que l’arme principale de chacun ne changera pas, l’arme secondaire peut amener un complément intéressant. Il faut décider si on préfère des fusils pour restaurer les points de vie ou des modèles permettant une autre forme d’attaque que les armes de base. Je dirais que le jeu est quand même assez difficile et le défi est de recommencer sans cesse et de modifier les stratégies afin d’avoir un résultat gagnant. En fait, je dirais que chaque tableau a su apporter une expérience renouvelée à chaque occasion et c’est ce qui m’a permis de ne jamais me tanner de ce jeu même après une vingtaine d’heures en seulement une semaine. Enfin, il faut dire que l’intelligence artificielle est assez forte. Elle sait bien optimiser ses attaques pour maximiser les dégâts contre nous et il faut user de ruse pour le berner.

Pour l’histoire, elle prend tranquillement son envol petit à petit après chaque tableau pour atteindre le paroxysme de l’intrigue assez loin dans le jeu. Son style visuel est à l’image d’une bande dessinée et les dialogues se limitent à quelques phrases courtes tout comme celle-ci. Je dirais que c’est plutôt humoristique et disjoncté. Chaque fois qu’un nouveau personnage iconique se joint à nous, on descelle immédiatement son trait de personnalité et on l’implémente rapidement dans l’équipe. C’est toujours une belle surprise de découvrir qui sera le prochain à se joindre.

Pour revenir au visuel, en fait c’est du cel-shading qui se prête plutôt bien au genre, mais qui ressort plutôt mal lorsqu’on utilise la 3D de la console. Même avec l’écran plus large de la New 3DS, l’image n’est jamais parfaitement stable. C’est pourquoi il vaut mieux l’enlever. Puis, je sais qu’on peut s’habituer à utiliser l’écran pour viser les ennemis, mais je préfère de loin me servir du deuxième stick de ma manette puisque Code Name S.T.E.A.M. devient presque un jeu de tir lorsqu’on attaque. J’ai essayé sur une ancienne 3DS XL et, maintenant que j’ai connu la New, je ne voudrais vraiment pas retourner à l’ancienne.

Pour les amiibo, c’est un des premiers jeux sur 3DS à s’en servir, mais c’est aussi le premier jeu, à mon avis, qui les utilise de manières intéressantes. Ainsi, si vous avez la statuette de Marth ou Ike (et éventuellement Lucina et Robyn) vous pouvez les intégrer à votre groupe de combattants. Ils vont prendre une des quatre places du groupe et ils possèdent leurs propres attaques. Ils ont même leurs propres biographies instaurées directement dans l’encyclopédie du jeu. Il est aussi possible de les utiliser dans le mode multijoueur qui consiste à tester nos stratégies à un contre un contre d’autres joueurs. Comme les autres personnages, ils sont plutôt bien balancés et ne devraient pas faire basculer le résultat d’un combat plus qu’un autre.

En terminant, je ne peux pas reprocher grand-chose à Code Name S.T.E.A.M. Le jeu offre un excellent rapport qualité-prix. En plus, il offre plusieurs dizaines d’heures de combats ainsi qu’un intérêt à parfaire nos résultats sur chaque tableau. Le fait que les studios ont tenté d’essayer quelque chose de différent tout en gardant l’accent sur l’aspect tactique m’a plu. Le défi est présent et c’était bien intéressant de suivre le jeu des acteurs qui ont bien été choisis. Wil Wheaton fait quand même un bon Abraham Lincoln. C’est bien que le studio japonais a décidé de mélanger l’histoire et la fiction en se servant de personnages que l’occident connait bien et non ceux propres à la culture asiatique. Bref, tout ça pour dire que j’ai traîné ma console portale partout avec moi depuis que j’ai le jeu. Tout comme Monster Hunter 4, j’y ai joué pendant mes pauses au boulot ainsi que dès que j’avais un instant de libre dans le métro. Je dirais même que je n’ai pas touché à mes consoles de salon depuis 2 semaines tellement je suis embarqué dans ma 3DS. C’est une belle période pour être propriétaire de la console.

Ma note 9.5/10

Par Anthony Gravel
Exclusivité 3DS
Offert en français
Site officiel: http://codenamesteam.nintendo.com/

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