[Critique] Story of Seasons

Depuis quelques semaines, je me divertis dans une simulation où je participe à la trépidante vie d’un jeune homme ayant décidé de quitter l’ennuyeuse vie urbaine au profit d’un paysage plus pur; une vie de fermier. Un beau matin, alors qu’il est en train de vider la boîte postale, un dépliant capte l’attention de notre héros. Dans celui-ci, on lui propose de postuler pour devenir le nouveau fermier du petit village d’Oak Tree. Dès lors, notre personnage part à la découverte de sa nouvelle vie où il devra travailler la terre afin d’enrichir lui et son nouveau coin de pays.

C’est quoi Story of Seasons?

Ça faisait déjà quelques mois que j’avais un œil sur le tout dernier jeu développé par Marvelous AQL et publié en Amérique du Nord par XSEED Games. Même si je n’ai pas joué à un jeu de la série Harvest Moon depuis Harvest Moon : A Wonderful Life en 2004 au GameCube, j’avais envie de jouer à ce genre de jeu sur ma 3DS. Après avoir apprécié, dans l’ensemble, des jeux comme Tomodachi Life et Animal Crossing : New Leaf, Story of Seasons me semblait être la suite logique pour pousser le genre à un autre niveau.

Je dois d’abord faire un aparté que je trouve bien important. Comme je le mentionnais précédemment, bien que le titre puisse sous-entendre autre chose, Story of Seasons fait bel et bien partie de la série Harvest Moon. Cependant, dû au fait que les droits nord-américains du nom n’appartiennent pas à XSEED, ils ne pouvaient pas mettre ce préfixe comme au Japon. C’est donc un autre jeu intitulé Harvest Moon : The Lost Valley, qui a hérité du nom. Paru en novembre dernier, celui-ci a été très mal accueilli par les critiques et on comprend mieux lorsqu’on constate qu’il ne venait pas du même développeur. Bref, on passe donc aux choses sérieuses avec cette vraie suite spirituelle.

Après une introduction un peu longue, mais qui vous explique bien en détail toutes les possibilités qui se trouvent dans Story of Seasons, vous obtenez enfin votre propre terrain. De plus, la gentille grand-mère Eda vous a offert la plupart des outils nécessaires pour commencer à exploiter la terre vous-même. À travers les saisons, votre but sera donc de vous démarquer comme fermier et enrichir votre ferme. Les possibilités sont très grandes et donc bien plus poussées que les jeux dont je mentionnais en introduction. Je vais donc essayer de découper le tout.

Accumuler les ressources

Il n’y a pas de secrets, dans tout bon jeu de simulation, il faut ramasser les différentes ressources pour progresser et il y a énormément de manières de procéder. La première, c’est de planter des graines de fruits et légumes divers afin de les faire pousser et d’avoir plus que ce que vous aviez initialement. On engrange donc du profit en revendant ces produits. Il faut simplement s’assurer d’arroser les plantes régulièrement et avoir un œil sur celle-ci pour ne pas perdre son investissement avec des plantes séchées. À mesure que les saisons passent, il y a de nouvelles semences sur le marché et elles ne peuvent pas toutes pousser hors-saison.

Une autre manière d’accumuler des ressources, c’est de les chercher un peu partout dans la nature. On peut briser des roches avec notre marteau afin d’en récolter les matériaux. On peut couper des arbres et accumuler du bois. On peut aussi capturer des insectes ou encore plonger dans les eaux afin de ramasser toutes sortes de trésors. Personnellement, j’aimais bien aller à la pêche et réussir à trouver les plus gros et plus rares poissons possible. Bref, dans l’ensemble, cette partie du jeu a bien été développée. C’est sûr que ça prend beaucoup de patience, mais il y a assez de tâches différentes pour rendre le tout moins redondant aux yeux des joueurs.

Enfin, en achetant des animaux, vous avez aussi l’occasion de vous enrichir. Le jeu vous laisse premièrement avec une seule vache, que vous devez brosser et que vous pouvez traire une fois par jour. Comme le lait est une ressource primordiale pour faire des recettes et bien d’autres choses, c’est important de bien l’entretenir. Puis, vous pourrez obtenir des poules, des chèvres et j’en passe. Toujours dans le but de bien les traiter afin de retirer un maximum de chacun.

Vendre pour mieux rebâtir

La deuxième partie important du jeu, c’est de vendre ses ressources, mais pas à n’importe quel prix. Malheureusement, pour la première partie du jeu, on ne peut vendre qu’à Asche qui est l’intermédiaire entre les vendeurs et les acheteurs. Comme elle est seule, on devient très dépendant de cette dernière et il faut toujours regarder notre calendrier pour savoir lors de quelles journées de la semaine elle sera présente. Ensuite, il faut résister à la tentation de tout lui vendre à la première occasion. En effet, selon les journées et la demande sur le marché, les vendeurs auront tendance à offrir des montants différents pour certains produits. Par exemple, il y a des jours où ce sont les poissons qui sont très demandés, donc c’est là que le moment est bien choisi pour les sortir de votre réfrigérateur et les revendre. Comme on a énormément de place pour faire du stockage, il ne faut pas hésiter à patienter un peu.

Puis, c’est en accumulant des sous, un peu à la fois, qu’on peut acheter des plans afin de construire de nouveaux équipements. Par exemple, dans vos premiers achats, je vous recommande fortement le réfrigérateur pour garder vos aliments frais et les revendre plus cher ainsi qu’un local pour fabriquer des graines. Ainsi, vous n’aurez pu à repayer le lourd prix qu’elles coûtent. Assurez-vous aussi d’avoir avec vous au moins 5 graines de navet, car ils sont nécessaires pour cette importante construction et il devient très difficile de se les procurer après le printemps. Bref, c’est ce qui nous motive toujours à poursuivre. Il faut travailler dur puis investir afin de s’enrichir davantage à long terme.

Faire mieux que les autres

Ce qui est plaisant, c’est que le jeu nous offre plusieurs belles occasions d’évaluer notre progression. En effet, en suivant le calendrier, vous verrez qu’il y a plusieurs festivals importants chaque mois. Durant ceux-ci, on a la chance de se mesurer aux autres fermiers de la région que ce soit avec une compétition de pêche ou encore pour comparer la qualité de nos récoltes. Il y a quelques concours différents durant lesquels j’ai toujours eu bien du plaisir.

L’autre aspect de compétition qui s’installe dans le jeu, c’est pour le contrôle des terres. À partir d’une certaine portion du jeu, la chef de la guilde du village va vous offrir une des terres sur laquelle vous pourrez faire un peu tout ce que vous voulez. Puis, à l’expiration de votre permis, un fermier va vous lancer un défi pour prendre le contrôle de celle-ci. C’est là que notre esprit de compétition s’active. Au départ, vous aurez peut-être l’impression d’avoir plus que suffisamment d’espace avec votre première terre, mais votre opinion va vite changer. Ce sera même à vous de lancer des défis à vos adversaires pour leur piquer leur petit coin. Enfin, chacune de ses régions a la particularité d’être meilleure pour faire pousser certains fruits et légumes. D’où l’intérêt d’en prendre contrôle. Pour moi, c’était vraiment ça le défi principal du jeu.

Gérer son énergie et son temps

Évidemment, ce ne serait pas un jeu de simulation de vie de fermier s’il ne fallait pas gérer notre énergie, nos points de vie et notre temps. Chaque action que vous faites dans le jeu coûte un peu d’énergie et de points de vie et il faut s’assurer de bien les utiliser. Au départ, j’ai trouvé la gestion un peu lourde, car ça prenait plus d’une journée pour couper un arbre ou briser une roche, mais on s’y fait rapidement. Alors que l’énergie se remplit plus difficilement, il est toujours possible de manger pour remplir ses points de vie, mais les ressources sont très coûteuses.

En plus, il faut gérer son temps, car les magasins ne sont pas ouverts à tout moment de la journée et, à mesure que le temps avance, notre personnage devient un peu plus fatigué. Enfin, il est aussi important de gérer nos journées selon le calendrier ainsi que de s’assurer qu’il nous restera quelques ressources de la saison présente avant de passer à la suivante. Il faut bien profiter de chacun de ces aspects pour maximiser nos gains quotidiens.

Un multijoueur plutôt simple

J’ai pris le temps de faire un peu de multijoueur avec Story of Seasons afin de voir ce que ce dernier offre et j’ai conclu que c’était un bon complément. En effet, il est très utile, car il nous permet d’inviter jusqu’à 3 personnes sur notre ferme et ces derniers débarquent avec une baguette magique pour fertiliser nos terres plus rapidement. Ainsi, on accélère le procédé. Outre cela, on peut aussi faire des échanges, mais il n’y a vraiment pas grand-chose de plus. C’est seulement légèrement complémentaire.

Une belle expérience

En conclusion, je dirais qu’il faut être conscient que ce n’est vraiment pas un jeu pour tout le monde. La majorité de mes amis rigolaient bien lorsque je leur mentionnais que je travaillais sur la critique d’un jeu dans lequel j’incarne un fermier. Personnellement, j’ai bien aimé et c’est le genre d’expérience qui peut assurément plaire aux joueurs occasionnels. Pour ma part, j’ai vraiment accroché. Il y a une journée que j’ai pratiquement passée 7 heures sur celui-ci. Les amateurs de simulation y trouveront aussi leur compte et c’est un jeu qui pousse encore plus loin que ce qu’on a vu des jeux du même genre sur la console portable précédemment. Bref, outre quelques délais de latence et des éléments que je trouvais mal optimisés, j’ai aimé, dans l’ensemble, jouer à Story of Seasons.

Ma note 8/10

Par Anthony Gravel
Exclusif à la 3DS
Pas offert en français
Site officiel: http://storyofseasons.com/

Les commentaires sont fermés.