[Critique] Avengers: L’Ère d’Ultron

Le premier blockbuster de la saison estivale est finalement arrivé ! Après des mois et des mois à avoir été aguichés par des bandes-annonces, Avengers: L’Ère d’Ultron fait finalement son entrée en salles afin de préparer l’été 2015. Si la commande était lourde pour le réalisateur Josh Whedon, qui nous a conquis avec le premier Avengers, cette suite n’est pas ratée malgré certaines lacunes.

Avengers, unissez-vous !

Avengers: L’Ère d’Ultron démarre en force avec une scène d’action au sein de laquelle les Avengers sont appelés à récupérer le fameux sceptre de Loki conservé par le baron von Strucker. Oubliez une mise en scène de réunion justifiant le retour des Avengers ensemble, dès le départ, les cinq héros reviennent en force et mettent à profit leurs forces afin d’accomplir leur mission. Or, comme vous pouvez vous en douter, la suite des événements prendra une tournure inattendue.

En effet, les forces de l’Hydra peuvent désormais compter sur deux nouvelles recrues mutantes, à savoir le rapide Quicksilver et la puissante et dangereuse Scarlet Witch. Qui plus est, les Avengers seront pris de court par l’apparition d’une intelligence artificielle que voudra exploiter Tony Stark afin de reprendre le développement de son projet Ultron. Si son but est d’apporter la paix dans le monde, Stark mesurera mal la portée d’une intelligence artificielle aussi développée ayant sa propre conscience ainsi que son libre arbitre. Alors qu’il devait être le salut de l’humanité, Ultron deviendra rapidement sa plus grande menace ainsi que l’objet de la dissension des Avengers.

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Un film au-delà des scènes d’action

Depuis quelque temps, nous assistons à une volonté d’amener les films de super-héros au-delà des effets spéciaux et des scènes d’action rocambolesques. C’est exactement là où Avengers: L’Ère d’Ultron réussit. S’il y a bien des scènes d’action (dont celle opposant Hulk et Hulkbuster qui est extrêmement bien réalisée), le film ne se contente pas de nous présenter un enchaînement de combats. C’est un film qui, entre deux scènes d’action, prend du temps à mettre en place la psychologie de ses personnages de même que le fil des événements subséquents. On plonge davantage dans les motivations et la psyché des héros ainsi que des ennemis afin d’explorer leur personnalité, ce qui est fort intéressant.

On voit à quel point Bruce Banner/Hulk ressentent la menace qu’ils posent pour l’humanité, la maltraitance qu’ont subi Quicksilver et Scarlet Witch dans leur enfance pour justifier leurs actions de même que leur haine envers Tony Stark ayant fabriqué les armes ayant détruit leur pays ainsi que leur famille et le déchirement opposant Captain America et Tony Stark quant à la vision de leurs gestes sur le monde. Même Hawkeye, sans doute l’Avenger le moins aimé, occupe une plus grande place et nous permet de voir les sacrifices qu’un héros doit faire par rapport à sa famille.

Le film nous fait également réaliser en quoi les héros, aussi gentils se disent-ils être, sont effrayants pour le commun des mortels et même comment ils peuvent être mal perçus en raison de la destruction qu’ils laissent sur leur passage. L’Ère d’Ultron a donc un développement moins rapide que d’autres films de super-héros, mais il s’avère aussi un film plus intelligent que bien d’entre eux, ce qui est fort apprécié.

Ceci dit, le long métrage souffre quand même de certaines longueurs tout bonnement inutiles. J’ignore pourquoi, mais on a pensé que c’était une bonne idée de développer une amourette entre Hulk et Black Widow, donnant ainsi droit à des scènes pseudo-romantiques aussi longues qu’ennuyantes. Je pense notamment à cette scène dans la maison de Hawkeye où Bruce Banner et Natasha Romanoff se questionnent pendant je-ne-sais combien de minutes si leur idylle peut mener à quelque chose. C’est à bailler, à l’instar d’autres scènes étendant sans raison la durée du film. Disons que sur 2h21m, on aurait facilement pu couper une bonne vingtaine de minutes sans rien enlever à la production.

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Pourquoi l’ère d’Ultron ?

Parlons maintenant d’Ultron, cet ennemi métallique divisant les Avengers. Bien entendu, il s’agit d’un personnage totalement animé par ordinateur. D’ailleurs, son faciès ne fait pas l’unanimité, certains affirmant que les mouvements de sa bouche enlèvent une partie de la crainte ressentie à son endroit. Pour ma part, je vous dirais que sans remplacer un brillant Tom Hiddleston en Loki, Ultron est un excellent antagoniste. Comme pour les autres personnages, on a fait d’Ultron un ennemi se questionnant sur sa nature et justifiant ses motivations autrement que par la simple destruction de l’humanité. Même s’il n’est pas aussi puissant qu’on pourrait le croire (j’ai vu plus de destructions de ses clones que je ne m’y attendais), Ultron est un redoutable ennemi parce qu’il force les héros à le détruire autrement que par la force brute. C’est un ennemi intelligent qui se voit conquérir en pensant à ses actions plutôt qu’en croyant, comme Loki, qu’il vaincra en ayant plus de forces armées. C’est, en bout de ligne, ce qui le rend aussi intéressant que dangereux à voir.

Plusieurs se sont aussi demandés pourquoi avoir appelé le film l’Ère d’Ultron en sachant que cet ennemi n’est présent que dans un seul film. La réponse à cette question est assez simple: c’est l’effet d’Ultron sur les Avengers et, plus globalement, sur l’univers de Marvel qui fait en sorte qu’on entre dans une nouvelle ère. Comme je l’ai mentionné, à travers ses actions et celles de ses alliés, Ultron a divisé et fait exploser le groupe original des Avengers. Nous sommes dans une nouvelle ère au sein de laquelle Captain America et Iron Man s’affronteront et où les Avengers devront se reformer à l’aide de nouvelles recrues, dont Falcon, War Machine, Scarlet Witch et le tout nouveau et puissant Vision. Oui, Whedon a pris le risque de faire imploser le groupe, mais c’est pour mieux préparer la suite de l’univers de Marvel. N’oublions pas non plus que même au sein des bande-dessinées, les Avengers n’ont jamais été un groupe uni, plusieurs héros ayant quitté puis réintégré ses rangs.

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Un gros terrain préparatoire

Ceci étant dit, même si j’ai beaucoup aimé ce long métrage, ma principale déception revient au fait que j’ai eu le sentiment que L’Ère d’Ultron est un entre-deux. C’est un film médian préparant la suite des choses de sorte que plusieurs intrigues ou éléments nous laissent sur notre faim. C’est normal venant d’un film situé en plein milieu du continuum des longs métrages prévus de Marvel, mais il n’en demeure pas moins que cela génère un peu d’amertume en sortant de la salle.

Ainsi, on sait que le début du conflit entre Captain America et Iron Man prépare le terrain pour Captain America 3: Civil War. On sait aussi que l’exposé de Thor sur les pierres de l’infini (dont quatre ont été trouvées jusqu’à présent selon le film) sert à paver la voie vers les prochains Marvel et plus spécifiquement les prochains Avengers. On sait aussi que ce n’est pas par hasard si une portion du film se déroule en Afrique et que certaines allusions ont été faites quant au personnage de Black Panther, qui fera également l’objet d’un film. Et on sait très bien que la scène bonie du film sert à préparer la venue d’un certain titan au grand sourire (il serait d’ailleurs temps qu’il entre en action). Bref, c’est ce qui ressort de L’Ère d’Ultron: une immense préparation pour la suite sans qu’il ne soit lui-même une boucle nouant les ficelles qu’il a tissées.

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Verdict

En somme, Avengers: L’Ère d’Ultron est un divertissement intelligent et de qualité, mais qui ne remplit pas toutes les attentes que nous avions à son endroit. S’il est supporté par d’excellentes performances de ses têtes d’affiche de même que de ses acteurs secondaires (le retour de ceux vus dans les autres films de Marvel est d’ailleurs très apprécié) ainsi que par de superbes scènes d’action, on en ressort avec l’impression qu’il s’agit d’un grand terrain de préparation pour la suite des choses. Certains trouveront leur compte et affirmeront que cette imbrication dans le continuum de Marvel en fait l’une de ses forces tandis que d’autres seront déçus de voir que le film est un complément à ce qui s’est fait et ce qui est à venir. C’est pourquoi, contrairement à son prédécesseur, il ne fait pas l’unanimité.

P.S. Un grand merci à Subway Canada et Veritas Communications, qui nous ont permis d’assister à l’avant-première du film et d’ainsi réaliser cette critique !

P.S. 2 Le 3D n’est aucunement nécessaire.

Note: 8 sur 10

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