[Critique] Omega Quintet

Beaucoup de gens croient à tort que d’être rédacteur pour un site ou un blogue de jeux vidéo est un emploi de rêve. Je peux les comprendre, on joue à des jeux et on vous transmet cette passion de la façon la plus précise possible. Mais ce n’est pas toujours rose. Les raisons peuvent être diverses : le jeu à couvrir n’est pas de qualité, les serveurs sont instables (pour un jeu en ligne, c’est essentiel), le style ne correspond pas à nos préférences, etc. Lorsqu’est venu le temps de trouver un rédacteur pour Omega Quintet, je dois admettre que je n’étais pas chaud à l’idée. Étant un amateur de jeu de rôle par le passé, mais loin d’être une référence sur le sujet, j’ai tout de même décidé de me lancer dans cette aventure et contrairement à ma petite intro, ce n’est pas devant un jeu médiocre que je me suis retrouvé, mais bien devant un bon titre.

Pour ceux que ça intéresse, Omega Quintet est ce que l’on appelle un JRPG, donc un jeu de rôle japonais. Pourquoi cette précision? Tout simplement pour signaler où le jeu a été réalisé puisque cela peut faire une distinction auprès des consommateurs japonais qui consomment énormément de production locale. Par la même occasion, on peut remarquer des différences avec ce qui se fait de notre côté du globe. Les Japonais sont plus friands de jeunes demoiselles en légère tenue, avec des attributs mis bien en évidence, des conversations qui peuvent s’éterniser et autres. Produis par le studio Compile Heart, qui sont responsable de la série Hyperdimension Neptunia et Record of Agarest War pour ne nommer que ceux-là, le jeu à une histoire bien particulière.

En fait, la première chose qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai entamé le jeu est ceci : vient-on de faire un copier/coller de Sailor Moon? Peut-être en raison du peu de référence que je possède concernant le marché nippon, mais il y a plusieurs ressemblances. Des exemples? Il s’agit de jeunes demoiselles qui doivent vaincre le mal (baptisé le Blare dans cette histoire), elles ont une double identité pour bien séparer leur vie professionnelle de leur vie personnelle (elles s’appellent les Verses Maiden), un garçon fait parti de l’équipe (qui ne se souvient pas de Tuxedo Mask?) et la protagoniste principale est une jeune fille maladroite dans la vie de tous les jours. Pour moi, la ressemblance fût frappante et j’ai été déçu du peu d’efforts qui semblent avoir été fait afin de trouver une histoire qui sort de l’ordinaire. De plus, tout comme le célèbre manga, les dialogues sont tout de même ennuyants et j’ai même trouvé qu’ils ne mènent à absolument rien. Elles parlent sans arrêt, mais cela apporte peu à l’histoire. La grande différence réside dans la façon de combattre le mal. Les Verses Maiden ont comme ressource le chant pour vaincre les méchants.

Dans ce cas, pourquoi est-ce que j’ai tout de même aimé mon aventure avec les Verses Maiden? Simplement parce que la jouabilité est très bien pensée et apporte son lot de fraîcheur comparativement à ce qui se trouve présentement sur le marché. Pour ce qui a trait au style de combat, nous sommes dans le tour par tour, ce qui me correspond beaucoup plus que le style prédominant présentement avec des combats en temps réel. Il y a possibilités, après quelques heures de jeu, d’ajouter des combos entre les actrices afin d’augmenter significativement les dommages fait à l’ennemi. La dimension prend aussi son importance sur l’attaque que vous désirez faire puisqu’il sera possible d’attaquer plus d’un ennemi à la fois selon la profondeur ou la distance entre les ennemis. Le jeu est nerveux à souhait, cela ne vous prend pas une éternité avant de décider quelle action poser, ce qui rend l’aventure plus divertissante. Il existe aussi un mode qui pourrait s’apparenter à la réalisation d’un vidéoclip. Vous décidez où chacune des héroïnes est placée, dans quelles sections de la chanson elles participeront, quels mouvements elles doivent faire, etc. Énormément de choix pour celui ou celle qui voudra s’y investir.

Malheureusement, au niveau graphique, nous sommes loin de pousser la machine dans ses derniers retranchements. Les décors sont fades, les animations sont ordinaires, les vidéos se font rares. Les combats sont ce qu’il y a de plus intéressant à se mettre sous la dent avec les animations qui se mettent en marche lors du combat. Heureusement, le passé nous a souvent prouvé qu’un jeu somptueux visuellement ne fait pas tout.

Ce qu’il faut retenir de l’expérience que j’ai vécue en ce qui concerne Omega Quintet est qu’il ne faut pas se fier à l’enveloppe, mais plutôt voir ce qui se trouve à l’intérieur. Si on prend la peine de fouiller avec assez de patience, on retrouve une offre de bonne qualité qui saura plaire aux amateurs du genre. Parce qu’il ne faut quand même pas être aveugle : le jeu vise une clientèle qui se régale de ce type de jeu. Pour le simple amateur, il faudra peut-être faire l’impasse sur cette sortie, mais le vrai amateur du genre saura comment trouver son compte avec Omega Quintet.

Ma note : 7/10

Par Kevin Cormier
Exclusif à la PlayStation 4
Disponible en anglais et en japonais
Site officiel: http://ideafintl.com/omega-quintet/