[Critique] Splatoon

Depuis un certain moment maintenant, on attendait avec impatience le lancement de la nouvelle franchise faite directement par Nintendo et faite pour leur console Wii U. Alors que les Mario, Legend of Zelda, Fire Emblem et Super Smash Bros. sont de valeurs sûres, tout le monde accueillait avec beaucoup d’enthousiasme l’annonce de l’arrivée imminente de Splatoon l’an dernier. Alors, quel est le verdict à son lancement un an plus tard?

Tout d’abord, malgré que ce soit les premiers pas de la franchise, on sent immédiatement la touche de Nintendo dans ce jeu. En effet, les décors sont très jolis et super colorés. On n’essaye pas de sortir l’expérience la plus réaliste. À la place, on nous plonge dans un monde totalement disjoncté et fantastique. Un univers dans lequel vous incarnez un Inkling qui tente de faire sa place. D’abord, dans un mode multijoueur en participant à de furieux combats en 4 contre 4, mais aussi dans un mode solo dans lequel il tentera de contrecarrer les plans de la méchante armée octarienne tout en améliorant ses habiletés.

Une personnalisation limitée, mais intéressante

D’entrée de jeu, on nous offre d’abord le choix d’incarner un garçon ou une fille puis de décider la couleur de ses yeux. La personnalisation initiale se limite à ces deux petits éléments et j’ai trouvé ça un peu dommage. Par contre, une fois votre aventure commencée, il est possible de faire quelques modifications supplémentaires au niveau des souliers, de votre chandail et vous avez aussi un choix d’accessoire pour votre tête. En plus de vous donner un look très stylisé, les nombreuses options vous permettront d’obtenir différents bonis afin d’améliorer votre personnage. Des statistiques intéressantes peuvent donc être obtenues comme le fait de courir plus vite ou encore devenir totalement invisibles de la vue des ennemis en nageant dans l’encre de votre équipe. Il existe plusieurs autres additions qui vous permettent de vous différencier légèrement des autres. Enfin, ce que j’adore, c’est que dans votre centre personnel, vous pourrez retrouver les personnages des joueurs que vous avez croisés récemment. Ainsi, vous voyez leur message personnel, mais aussi l’équipement qu’ils portent. Si jamais un de ceux-ci vous plaît énormément, il est possible de faire une commande spéciale, une fois par jour, afin d’en obtenir une réplique. Bref, on ne fait pas de jaloux.

Et la prise en main?

Ensuite, on vous lance dans un court tutoriel qui vous permet d’apprendre la base des déplacements dans Splatoon. Au début, ça prend un certain temps avant de s’ajuster au gyroscope de la GamePad qui permet de contrôler la caméra et d’envoyer de l’encre un peu partout. Par contre, une fois maîtriser on se sent nettement plus impliqué dans le jeu grâce à son utilisation. D’autre part, j’apprécie le fait que les mécaniques soient relativement simples, mais ingénieuses à la fois. La physique de ce que vous projetez est d’ailleurs assez réaliste. Aussi, le fait de pouvoir se transformer en calmar rapidement seulement en appuyant un bouton pour ensuite se déplacer et se promener furtivement dans l’encre amène une superbe dynamique. Le tout se fait de manière parfaitement fluide. Pour l’instant, il n’y a pas de jeux de tir qui apporte le même genre de jouabilité. Il faut donc être rusé, se déplacer rapidement et surprendre nos ennemis au bon moment pour donner l’avantage à notre équipe.

Je reviens sur cet aspect, parce qu’écraser l’équipe adverse n’est pas suffisant pour garantir la victoire. En effet, le multijoueur consiste en une guerre de territoire où le gagnant n’est pas celui qui élimine le plus de joueurs adverses, mais c’est plutôt l’équipe qui arrive à couvrir le plus de territoire avec son encre. Les meilleurs joueurs seront donc ceux qui seront en mesure de bien combiner ces deux aspects et ça laisse une chance à tout le monde de faire le meilleur score.

Une expérience solide

Splatoon a aussi dévoilé un solide arsenal d’armes bien diversifié. Cela permet à chacun d’amener sa propre expertise et les meilleures équipes seront toujours celles qui se complémentent le mieux. Par exemple, si vous avez le rouleau de peinture, vous êtes en mesure de plus facilement répandre votre encre au sol. Malheureusement, vos attaques ne portent pas beaucoup et il devient facile pour l’ennemi de vous garder à distance pour vous éliminer. C’est pourquoi, dans votre équipe de quatre, il faut, autant que possible, un bon mélange. Le seul « hic » c’est qu’à moins d’avoir un autre périphérique pour établir une bonne communication, c’est presque impossible d’ajuster la stratégie de vos alliés.

Puis, ce que je trouve particulièrement surprenant de ce nouveau titre, c’est qu’il peut combler deux types de joueurs assez distincts. D’une part, c’est une superbe introduction aux jeux de tir en ligne pour les plus jeunes ou pour les plus vieux qui n’y sont pas encore initiés. Ce n’est pas particulièrement violent et c’est vraiment très amusant. D’autre part, c’est aussi une expérience qui peut s’avérer très compétitive, même pour les vétérans comme moi. Qui plus est, c’est toujours fantastique lorsqu’on a l’impression d’être plongé dans des combats plutôt bien balancés comme c’est le cas ici. D’ailleurs, c’est tellement bien équilibré, que je le verrais parfaitement devenir éventuellement un e-sport où seuls les plus talentueux réussiront à se démarquer purement grâce à leurs habilités.

Du multijoueur et plus encore

Bien sûr, je vous ai beaucoup parlé du mode multijoueur de base qui a pris la grande majorité de mon temps de jeu, mais ce n’est pas tout. Il y a aussi un mode 1 contre 1 pour se mesurer à un ami ou encore un mode avec un classement lorsque vous atteignez le niveau 10. C’est à ce moment que la compétition devient encore plus féroce puisque les joueurs sont bien meilleurs. De plus, on tombe sur un autre mode où il faut protéger un territoire spécifique en le couvrant d’encre. Selon moi, c’est plus intéressant, car les parties durent plus longtemps et on est encore plus mis à l’épreuve. Enfin, la campagne solo est aussi un joli parc pour apprendre à parfaire notre maîtrise de notre petit protagoniste. Le scénario est plutôt simpliste et la difficulté l’ait certainement aussi au début. Par contre, ça devient rapidement un défi intéressant à mesure que l’on progresse d’un tableau à l’autre. Pour couronner le tout, chaque monde se termine par un boss qui requiert une stratégie bien précise. C’était ma partie préférée de la campagne.

J’aime beaucoup aussi la vitesse d’exécution du jeu. Une fois que l’on passe à travers le long processus d’attente de recherche d’une partie, elle ne dure que trois minutes. De plus, la musique suit parfaitement le rythme et nous immerge encore plus dans ce drôle d’univers et, pour compléter la trame sonore, on a des effets sonores hilarants. Je suis convaincu que le titre vous entraînera rapidement dans sa folie grâce à tous ces aspects.

Embarquez dans cette folie

En conclusion, Splatoon constitue un bon départ pour une nouvelle franchise. La jouabilité est à point, la fluidité est indéniable et je suis convaincu qu’il va vous faire plaisir dès que vous allez le sortir de sa boîte. La seule question que je dois me poser est : sera-t-il en mesure de perdurer et de plaire sur une longue période de temps? Il faudra que Nintendo maintienne l’intérêt avec du contenu supplémentaire régulier, car la présence de seulement cinq cartes et de deux modes est plutôt mince. Néanmoins, Splatoon reste une expérience excitante et très rafraîchissante pour une console et même une compagnie qui en avait assurément bien besoin.

Ma note 8,5/10

Par Anthony Gravel

Exclusivité Nintendo Wii U
Offert en français
Site officiel: http://splatoon.nintendo.com/