[Critique] Kholat

Heureux de pouvoir sortir torse nu et en sandales, content que l’été soit enfin arrivé au Québec, je passais quelques minutes sous un doux et chaud soleil lorsque l’Épée Légendaire m’a informé qu’il y avait une critique pour la compagnie imgn.pro à faire. Revigoré, je m’empresse de répondre que je m’en charge.

Vous n’imaginez pas la taille de ma surprise lorsque je me suis mis à jouer aussitôt le téléchargement complété. Kholat se déroule complètement dans la neige et le vent froid de la Russie. Plusieurs jeunes alpinistes sont retrouvés morts dans d’étranges circonstances dispersés à différents endroits de la chaîne de montagnes du Kazakhstan nommé Montagnes Ourals. Ce titre indépendant se base sur des faits véridiques d’un événement connu comme l’Incident du Col de Dyatlov.

Frigorifié par les décors véridiques et crédibles, entouré de neige, de glace et poussé par de puissants vents froids du Nord, j’embarque dans l’intrigue à la première personne de ce titre d’exploration, d’horreur et de survie. Justement, le genre horreur est combiné à tort au mot survie dans la plupart des jeux simplement parce qu’éviter de mourir est une mécanique importante. Cependant, dans Kholat, la survie prend un autre sens. Il faut savoir déchiffrer une carte et même apprendre à suivre une boussole tout en esquivant des zones dangereuses où le protagoniste peut aisément mourir. C’est la véritable survie en montagne, en condition climatique horrible. Par contre, le joueur n’a pas à chasser ou à cuisiner pour survivre.

Sans contexte, sans comprendre comment ni pourquoi, le joueur incarne un aventurier qui s’y rend. Peut-être est-ce un homme perdu ou peut-être est-ce un nouvel enquêteur qui veut démystifier l’affaire qui fut fermée, en 1959, pour cause de manque d’information. Quoi qu’il en soit, il se rend à la rencontre de leur campement et débute, à partir de là, ses recherches seulement avec une carte pour se diriger. Ayant préalablement inscrit les coordonnés à investiguer, l’homme doit se rendre à chacun de ses endroits pour y chercher des indices dans l’espoir de comprendre ce qu’il s’est passé parce que les faits n’expliquent présentement pas la mort des jeunes.

Je ne sais pas si c’était volontaire, mais le jeu a des temps morts terriblement longs. Au début, j’ai cherché pendant au moins une vingtaine de minutes avant de finalement passer l’introduction. L’histoire m’a été présentée après mes recherches, mais avant, je ne faisais que me déplacer sans réellement savoir où aller ni même comprendre ce que je devais chercher. C’est très bien de vouloir créer un jeu qui ne passe pas trop de temps à expliquer, mais en allant à l’inverse et en ne dirigeant absolument pas le joueur, ce dernier peut être confus et même frustré. En fait, le sentiment d’être perdu revient souvent dans le jeu. Je crois que c’est parce qu’il manque de repères importants puisque tout est blanc neige.
Néanmoins, l’environnement autant graphique qu’auditif m’a impressionné. Le jeu est très beau et tout ce qui est son amène une ambiance vraiment particulière! J’avais honnêtement l’impression d’être quelque part au nord, entouré de monts et poussé par des vents. J’avais, parfois, quelques frissons et je sentais bien l’effet de la neige et de la glace. Ça, c’est un boulot incroyable!

Éventuellement, une des voix qui s’occupe de la narration attire mon attention. Après quelques recherches, je découvre pourquoi j’étais si intrigué par la voix. Je la reconnaissais! La narration est faite par nul autre que Sean Bean! C’est sûrement parce que je ne voulais rater aucune parole de l’acteur qui meurt dans tous ses rôles que j’ai réalisé qu’à certaines occasions, la balance de son entre les voix et les effets n’est pas toujours parfaite et fait en sorte que quelques mots sont plus difficiles à entendre.

En dehors de l’ambiance incroyable, le jeu est malheureusement banal. D’un côté, il y a le côté survie et solitude vraiment impressionnant et, de l’autre, il y a ce qu’il faut faire dans le jeu qui est quelconque : se diriger jusqu’à un point, éviter des créatures de lumière rouge – car, sinon, on meurt en un seul coup et réapparaît super loin – et retrouver des mémos ou des missives. Ça pourra paraître spécial comme note, mais Kholat m’a fait découvrir que j’aimerais jouer à un jeu de survie alpine comme The Long Dark. Effectivement, le côté enquête paranormal est vraiment ce qui m’a repoussé puisqu’elle ne prend forme qu’en événements scriptés où il faut fuir, en sursauts parce qu’un monstre de fumée rouge apparaît ou bien en attentes parce que l’espèce de monstre doit passer et ne pas nous voir. J’aurais préféré une ambiance lourde et des apparitions et poltergeists qu’un genre de monstre comme ça, sans finesse ni introduction.

Kholat est un jeu vraiment unique. Visuellement et du côté auditif, il est vraiment au-dessus de la moyenne et possède une touche vraiment spéciale. Tout le côté recherche, découverte, survie et orientation est vraiment intéressant à utiliser. L’autre partie du jeu, celui qui vient englober l’histoire, est plutôt ordinaire et inintéressant. Les mécaniques ne sont que la fuite et se cacher, le monstre des montagnes ne fait que faire le saut au joueur ou bien le tuer en un seul coup ce qui oblige à refaire un chemin immense et qui devient très vite lassant.

Ma note: 5/10

Testé sur PC
Site web officiel: http://www.imgn.pro/