[Critique] Lord of Magna: Maiden Heaven

Que fait-on lorsque l’on rencontre une jeune demoiselle évanouie et sans défense? Et que l’on s’aperçoit que celle-ci fait de l’amnésie? La moindre des choses est de faire d’elle une ménagère, non? En tout cas, c’est ce qui se passe dans Lord of Magna : Maiden Heaven.

Le nouveau-né de Xseed sur 3DS raconte l’histoire de Luchs, jeune garçon sans histoire qui a fait une promesse pour le moins particulière à son père : prendre soin de l’auberge familiale, quoi qu’il arrive et de traiter chaque visiteur comme s’il s’agissait d’un membre de la famille. Le seul hic c’est qu’il n’y a jamais personne qui fait un arrêt dans cet établissement. C’est pourquoi notre héros doit trouver d’autres sources de revenus. Avec l’aide de son ami Bart, il recueille des pierres précieuses et les revend sur le marché. Alors que Luchs se dirige vers une de ses cueillettes habituelles, il fait la rencontre d’une jeune demoiselle. Qui est-elle? D’où vient-elle? Qui sont ces ennemis qui ont fait leur apparition? Existe-t-il une corrélation entre les deux nouvelles découvertes? Et le plus étrange : comment se fait-il que cette personne sache se défendre avec une force hors de l’ordinaire? Des questions auxquelles vous connaitrez les réponses au fil de votre aventure.

J’ai sincèrement aimé l’histoire dans laquelle nous sommes embarqués. La raison principale est l’affection qu’on finit par développer pour les protagonistes. Ils ont tous une personnalité propre et franchement attachante. Parce qu’en plus des personnages dont je vous ai parlé plus tôt, il y en a beaucoup plus. Une fois les nouvelles rencontres faites, ces personnes prennent la peine d’aider notre ami dans les tâches quotidiennes qui sont nécessaires pour entretenir l’établissement de Luchs. Comme mentionné, elles sont uniques, autant dans leur trait de caractère que dans leur manière de se battre. Libre à vous de choisir vos préférés et de développer des affinités avec eux. Cela pourrait avoir des effets sur l’histoire que vous allez vivre et également sur le champ de bataille.

Graphiquement, le jeu fait partie des plus beaux que j’ai vus sur la console portable de Nintendo. Premièrement, parce que les graphiques sont particuliers, avec une finition à la fois un peu enfantine, mais aussi très mature. Je vous dirais qu’il s’agit d’un heureux mélange entre les dessins animés japonais, avec les expressions qu’on leur connait (émotions affichées par des bulles au-dessus du personnage) et les jeux en deux dimensions, où les personnages apparaissent soit à gauche ou à droite lors d’une discussion. Il est impossible de passer outre l’effet trois dimensions lorsque l’on parle de cette petite portable. L’effet est franchement très bien et on peut y jouer constamment sans ressentir de syndromes négatifs liés à son utilisation. Il ne faut pas laisser en reste les cinématiques, tour de force qui semble être réalisé à chaque nouveau titre de la part de Xseed. Encore une fois, la réalisation est impeccable de ce côté. La mélodie est également un plus pour le jeu, avec des balades accrocheuses et de la musique qui se prête bien aux différents événements auxquels ont fait face. Certaines éditions viennent avec la bande sonore, un plus appréciable.

En ce qui a trait au système de combat, le jeu joue la carte de la sûreté en empruntant à d’autres ce qui a fait leur succès, mais avec assez de variantes pour rendre le tout au goût du jour. Comment fonctionne-t-il? Il s’agit d’un tour par tour, où chacun de nos combattants doit attendre avant de passer à l’action, même chose du côté des ennemis. Une fois que notre personnage doit se battre, il se déplace sur la carte et celui-ci dispose d’un champ de vision qui indique la superficie dans laquelle l’attaque sera portée. Étant donné que chacun des personnages n’a pas les mêmes pouvoirs, ce champ est différent d’un à l’autre. Lorsque l’on parle de magie, il y a également des particularités qui sont propres à chacun de nos héros. De plus, il est préférable de réaliser des combos lors de nos attaques puisque si celles-ci sont adéquates, il sera alors possible de se porter à nouveau à l’attaque afin d’éliminer des ennemis. Cependant, le jeu est beaucoup plus difficile qu’il n’y parait.

Pour commencer, le niveau de force de certains méchants semble mal balancé, ce qui rend l’objectif moins évident. On obtient plus de points d’expérience lorsque l’on réussit à faire la sous-mission, mais les combats sont déjà tellement bien relevés pour la plupart qu’il s’agit beaucoup plus d’une distraction que d’une possible réalisation. Surtout que la majorité des combats prennent tout de même un bon moment avant d’être terminés, il serait dommage de devoir recommencer uniquement parce que l’on a été trop gourmand (ce qui m’est arrivé bon nombre de fois). Et pour ajouter à cela, des appareils font apparaitre des ennemis supplémentaires lors des combats. Cela devient très frustrant lorsqu’on n’a même pas le temps de s’y rendre et que d’autres monstres font leur apparition sur la carte. Sincèrement, le niveau de difficulté est loin d’être parfait et c’est cela qui joue réellement en défaveur du jeu.

Au final, Lord of Magna est un bon jeu sur cette console. Il y a heureusement beaucoup plus de points positifs que négatifs, mais en raison du système de combat qui m’a frustré à plus d’une occasion, il est impossible d’être totalement satisfait par le titre de Xseed. Il est préférable d’être averti avant d’en faire l’essai, surtout que la difficulté survient après quelques heures de jeu. Pour ceux qui recherchent un bon challenge, ils seront bien servis. Au moins, vous serez averti.

Ma note : 7.5/10