[Critique] Batman: Arkham Knight

Après les deux succès retentissants que furent Arkham Asylum et Arkham City, Rocksteady était de retour aux commandes de la franchise dans le but d’offrir la suite de son histoire. Pendant que WB Games Montréal planchait sur Arkham Origins, l’équipe s’est mise à fond durant quatre années dans ce nouveau chapitre qui est paru le 23 juin dernier.

Alerte pour le bien de cette critique, je reviendrai sur les événements qui ont mené à la conclusion de Batman : Arkham City. Je vous recommande donc de finir celui-ci avant d’embarquer dans Batman : Arkham Knight puisqu’un important gâcheur sera révélé dès l’introduction.

Près d’un an suite à la mort du Joker, on aurait cru que la ville de Gotham serait plus tranquille que jamais. Pourtant, en moins de 24 h, les forces policières ont complètement perdu le contrôle de la population. Le grand responsable de ce désastre est Scarecrow qui a placé ses toxines de peur un peu partout dans la région.

Cette situation force l’évacuation des 6 millions de citoyens de Gotham, laissant la ville aux plus dangereux criminels. Jim Gordon n’a pas d’autre choix que de faire appel à Batman puisque ses forces se sont grandement amenuisées. Cependant, le chevalier d’Arkham, un nouveau et puissant ennemi, ainsi que le Riddler, Two-Face, Penguin et bien d’autres viendront mettre des bâtons dans les roues de notre héros.

Durant son aventure, Bruce Wayne sera régulièrement sous l’effet du puissant poison du vilain principal de cet opus, ce qui le fera halluciner sans cesse. En effet, certaines lourdes décisions du passé vont venir le hanter et il sent qu’il a brisé un de ses codes d’honneur en soutirant la vie de son éternel rival. Le studio s’est vraiment gâté en jouant avec notre tête à maintes reprises et c’est ce qui a rendu mon expérience tellement immersive. Je les en remercie, mais je vous laisse découvrir le tout.

En fait, l’ensemble de l’histoire de Batman : Arkham Knight est une des plus sombres que j’ai jouées. Rocksteady a creusé profondément dans la psychologie de son personnage iconique en l’obligeant à se remettre en question. Un problème sera particulièrement récurant et c’est qu’il veut constamment tout faire seul. Il croit qu’il doit se battre pour les autres au lieu de combattre avec eux. Il ne fait tout simplement pas assez confiance aux forces de ses plus proches alliés. Ainsi, il finit toujours, malgré lui, à les mettre dans des positions vulnérables. Bref, malgré un revirement de situation vers la fin de l’histoire qui était un peu trop prévisible, j’ai adoré la totalité de l’approche du scénario.

Ce qui me mène à parler de la plus importante addition à la franchise, la Batmobile. En tombant sur quelques opinions avant la sortie du jeu, j’étais devenu assez perplexe par rapport à celle-ci. Je dois aussi avouer que je trouvais la prémisse des missions du Riddler axé sur les courses assez douteuse. Cependant, j’ai vite trouvé que ça apportait une jouabilité rafraîchissante à une franchise qui en est quand même à son quatrième chapitre. Avec un monde cinq fois plus grand que ce qu’on avait vu dans Arkham City, le fait de pouvoir aussi se servir du char d’assaut ultra puissant de Batman pour se déplacer était le bienvenu.

J’ai bien aimé les casse-têtes qui m’obligeaient à faire passer mon énorme véhicule à travers des obstacles de manière assez ingénieuse. Les courses aussi sont assez stressantes, mais ce qui était le plus particulier, c’était de réussir à valser à travers les missiles des véhicules blindés qui ont pris d’assaut la ville. De plus, l’équipe de Rocksteady est allée dans les détails puisque pratiquement tout dans l’environnement est destructible sous le poids de la Batmobile. Enfin, le studio a même réussi à amener quelques séquences de furtivité avec ce véhicule. Vous le verrez un peu plus tard dans le jeu.

Ensuite, pour une des rares fois, j’ai eu envie de faire la très grande majorité des quêtes secondaires. En fait, aux moments d’écrire ces lignes j’ai fait environ 92 % de la progression totale du jeu. La force de celles-ci, c’est d’amener différentes jouabilités assez diversifiées au reste de l’histoire.

Je vous parlais des courses d’Edward Nigma, mais il y a aussi la chasse à l’homme chauve-souris à travers le ciel de Gotham. J’ai aussi aimé avoir à combattre des hordes d’ennemis en combats à main nue dans le but de sauver des pompiers ou encore de retracer des corps laissés pour contre par un tueur en série un peu partout dans la ville. Les combats en duo avec Nightwing, Robin et Catwoman sont parmi les moments les plus amusants du jeu. Si bien qu’ils m’ont fait rêver de voir peut-être un jour, un jeu du genre en coop.

Chacune de ces chaînes de quêtes secondaires a été bien pensée et m’ont fait passer encore plus de temps dans cet énorme univers. De plus, ils sont bien intégrés dans l’histoire de sorte à ne pas passer pour de lourdes corvées et on ne vous prend pas par la main pour atteindre vos prochains objectifs. Pour faciliter la transition d’une mission à l’autre, c’est intéressant d’avoir Alfred qui nous fait un bref récapitulatif de notre prochain objectif comme il le ferait probablement réellement.

J’aimerais revenir rapidement sur les combats, parce qu’à mon avis, aucun studio n’a été en mesure de reproduire un système aussi fluide et aussi satisfaisant. Alors que les bases demeurent similaires, plusieurs ajouts nous forcent à mieux prévoir nos combats. Par exemple, il y a désormais des soldats qui peuvent soigner ou électrifier leurs alliés afin de rendre la vie de notre célèbre détective encore plus difficile. Ça nous force à être encore plus alertes et à préparer mieux notre approche lors de rencontre contre de multiples ennemis.

Pour les gadgets, on obtient cette fois une expérience encore plus complète. Parmi les nouveautés, j’ai trouvé très intelligente la création d’un outil qui permet d’émettre la voix de personnages comme Harley Quinn à travers un microphone. Ainsi, on sème la confusion du côté des ennemis et leur donnant des ordres qui peuvent nous donner des ouvertures pour surprendre les méchants.

En fait, l’arsenal et le nombre de talents supplémentaires ont tellement été poussés, qu’on peut facilement s’y perdre. J’ai souvent oublié que j’avais certains outils, mais ils amènent tellement de diversité qu’on ne peut pas leur reprocher d’en avoir offert autant. Pour moi, c’était la meilleure manière de progresser. Lorsque j’étais coincé par des sections trop dures, je sortais le menu de mes gadgets et j’identifiais celui qui pouvait me rendre la vie un peu plus facile. Il n’y a pas de solution universelle, vous devrez être agile et quand même assez talentueux pour passer à travers toute cette aventure.

Visuellement, on a bel et bien droit à une version nouvelle génération de notre superhéros. Aucun détail n’a été omis. Tel que je le mentionnais, ça commence d’abord avec la destruction de l’environnement qui a été très bien détaillé. Il y a d’autres effets plus subtils comme la cape trempe de Batman lors de moment pluvieux et même trouée de balles. On la voit se déployer lors de nos envolées planées et c’était très impressionnant. Il en est de même pour les voix des personnages ainsi que les effets sonores de la Batmobile et bien d’autres qui nous enfoncent encore plus dans l’histoire.

Tout ce que je reproche à ce jeu, outre un seul problème technique que j’ai eu, c’est qu’on n’a pas suffisamment utilisé la meilleure nouveauté qui avait fait le saut dans la série avec Arkham Origins. Je parle ici de l’habileté de Batman de retracer en détail les événements d’une scène importante grâce à des indices retrouvés dans les environs. Je crois que ce fût le cas seulement une fois et j’aurais grandement aimé en avoir davantage.

En conclusion, Gotham est devenu une jolie et immense cour de récréation pour Batman. Un de mes amis me faisait remarquer que lorsqu’on est satisfait d’un jeu, il nous immerge au point de parfois nous frustrer. Évidemment, ce n’était pas à cause de défauts dans le design, mais bien parce que j’étais investi dans mon rôle et je savais parfaitement que c’était entièrement de ma faute quand je mourrais.

Je suis embarqué dans Batman : Arkham Knight rapidement et à 100 % dès le jour de sa sortie. Je ne voulais pas décrocher et j’avais hâte de revenir poursuivre mon aventure chaque jour après le boulot. Au total, j’ai passé environ 25 heures en une semaine et pas une seule minute ne m’a semblé longue. En terminant, je ne serais pas surpris qu’il fasse partie de mes cinq jeux préférés à la fin de l’année, mais c’est vrai qu’il reste encore beaucoup de temps d’ici là. Si les rumeurs se confirment et que c’est le dernier chapitre développé par RockSteady, on pourra dire qu’ils ont fini en grand avec une conclusion épique.

Ma note : 9,5/10

Il est important de noter qu’il n’est actuellement pas recommander de prendre la version PC, puisque plusieurs défauts rendraient l’expérience injouable.

Testé sur Xbox One (aussi offert sur PlayStation 4 et PC)
Offert en français
Site officiel: https://www.batmanarkhamknight.com/