[Critique] Everybody’s Gone to the Rapture

The Chinese Room, le studio Anglais derrière le mystérieux Dear Esther ainsi que Amnesia : A Machine for Pigs est de retour avec sa toute nouvelle création. Encore une fois, simplement par son titre ainsi que par sa bande-annonce, l’équipe laisse place à notre imagination. En effet, le studio indépendant nous arrive avec Everybody’s Gone to the Rapture, une autre expérience interactive qui nous fait réfléchir.

De nombreuses œuvres se sont servies du phénomène biblique connu en anglais sous le nom de « Rapture ». On n’a qu’à penser à Bioshock ou à la série The Leftovers dont la prémisse semblait si intéressante au départ. C’est quelque chose qui fait aller l’imagination des gens et c’est immédiatement pour cette raison que le titre m’a accroché. Est-il finalement à la hauteur?

En résumé

« Ici la docteure Katherine Collins. J’ignore si un jour quelqu’un entendra ce message. Tout est fini. Il ne reste plus que moi. »

C’est ainsi que débute le récit. Everybody’s Gone to the Rapture nous transporte dans la vallée de Yaughton, où l’on retrouve une colonie qui semblait encore en plein développement. Pourtant, il n’y a aucune trace d’habitants. Il semblerait que la population ait été placée en quarantaine par le gouvernement suite à un mystérieux virus. Dès l’introduction, un enregistrement du personnage de Katherine nous fait comprendre qu’on trouvera réponse à nos questions en suivant la lumière et les enregistrements du docteur. En vous promenant dans ce monde ouvert, vous pourrez retracer quelques événements de la vie de six différents personnages. C’est en mettant toutes les pièces ensemble que vous pourrez tirer vos conclusions.

Dans les mois menant sa sortie, on qualifiait régulièrement ce jeu de suite spirituelle de Dear Esther et je suis plutôt d’accord. On voit facilement que le travail a été fait par la même équipe, mais on dénote aussi rapidement qu’ils ont poussé le tout à un autre niveau. Effectivement, dans la brève introduction que nous a envoyée The Chinese Room, on nous mentionnait que plusieurs personnes ont remis en question leur choix d’offrir ce type d’expérience dans un univers aussi vaste. On leur a aussi mentionné qu’il ne serait plus possible de pousser ce genre et que tout passerait désormais pour de simples dérivés de Gone Home et de Dear Esther. Pourtant, ils ont fait confiance en l’intelligence des joueurs et je crois qu’ils ont gagné leur pari.

Expliquons d’abord que, tout comme Her Story, Everybody’s Gone to the Rapture ne sera pas considéré comme un vrai jeu selon le lexique personnel de bien des gens. Si les autres expériences du genre ne vous ont pas plu, celle-ci ne va probablement pas plus vous plaire. Par contre, si vous voulez explorer un grand monde ouvert qui saura piquer votre curiosité, malgré votre rôle un peu secondaire, vous êtes au bon endroit. Disons simplement que vos actions sont assez limitées. En fait, il suffit d’ouvrir des portes et d’activer les radios ou les téléphones qui gisent dans l’univers. Or, comme je le mentionnais, ce qui m’a maintenu dans le jeu et ce qui m’a fait explorer, c’est purement ma curiosité. Je ne voulais pas rater aucun dialogue entre les personnages pour bien comprendre le mystère derrière cette tragédie. Bref, c’est ce qui rend l’expérience beaucoup plus intéressante que les autres jeux comparables.

Les développeurs ne vous prennent pas par la main pour vous expliquer toute la situation ni qui vous êtes ou pourquoi vous êtes là. C’est à vous d’explorer cette colonie et d’aller chercher dans tous les recoins l’information manquante pour mieux comprendre les mystères qui se cachent derrière la trame narrative de cette histoire. De plus, vous devrez vous assurer d’aiguiser vos sens le plus possible afin de repérer les enregistrements dans l’univers. D’ailleurs, les effets sonores ont été adaptés de sorte à bien profiter de votre système de son. C’est grâce à mes haut-parleurs 5.1 que je pouvais rapidement m’orienter et trouver les indices. Ça prend aussi beaucoup de concentration pour comprendre chaque discussion et faire les liens entre celles-ci. D’ailleurs, j’ai fini le jeu une première fois en anglais et j’étais très impressionné par le jeu des acteurs. Cependant, j’en ai raté quelques bouts. C’est pourquoi je l’ai refait cette fois en français pour comprendre toutes les subtilités et les voix françaises étaient très bien aussi.

Cependant, c’est la trame sonore qui m’a le plus attiré. Les différentes musiques cadraient parfaitement avec cette sorte d’atmosphère post-apocalyptique qui planait sous un thème religieux. C’est très rare qu’un jeu réussi à capter mon attention autant et en utilisant que des aires créées pour l’œuvre. Pour compléter le tout, on a droit à un superbe rendue graphique. Les arbres et l’ensemble de la flore en plus d’un beau petit village en pleine nature étaient vraiment agréables à regarder. Ce qui m’a encore plus impressionné, c’est que les développeurs ont tout de même instauré un sentiment d’insécurité en moi, malgré toute la splendeur du jeu. Je me sentais réellement mal à l’aise de me retrouver seul dans un univers aussi immense. Bref, je suis surpris par ce qu’une aussi petite équipe a réussi à créer.

Everybody’s Gone to the Rapture m’a fait vivre un voyage spatio-temporel court, mais efficace. La première fois que j’ai fait le tour de l’univers, j’ai passé environ 6 heures alors que la deuxième occasion m’en a pris que quatre. Cependant, votre expérience ne sera pas complète sans avoir obtenu chacun des indices qui se cachent dans cet univers. Bien qu’on ne voie jamais concrètement de personnage, j’ai été captivé par leur petit bout de chemin qu’on nous a offert et j’ai bien apprécié l’ensemble du scénario. Aucun doute, The Chinese Room propose encore une fois un petit bijou qui restera dans vos pensées.

Ma note: 9/10

Exclusif à la PlayStation 4
Offert en français
Site Officiel:
http://www.thechineseroom.co.uk/