[Critique] KYN

J’ai découvert les ordinateurs assez tard dans ma vie. Quand j’étais jeune, je regardais, de temps à autre, des amis jouer sur leur ordinateur à des jeux sur un fond orange et noir rempli de pixels grossiers, installés à l’aide de commandes complexes et d’une large disquette.À ce moment, je n’y voyais honnêtement aucun intérêt. Ma console Nintendo NES était, de loin, supérieure à tout ce que j’y avais vu jusqu’ici. C’est seulement quelques années plus tard, durant mon adolescence, que j’ai réellement développé un amour pour les ordinateurs lorsqu’un de mes amis m’a fait connaître le jeu Baldur’s Gate. Les images, les animations, les voix et l’histoire d’une telle profondeur me paraissait impensable et, pourtant, c’était juste là, devant mes yeux. Ma passion pour les ordinateurs a pris son envol cette année-là et ne s’est jamais arrêtée depuis.

Plusieurs jeux de rôle, aussi appelés RPG, ont été lancés depuis l’époque de Baldur’s Gate. Certains étaient excellents comme Dragon Age Origins et d’autres ont vite été oubliés. Chose certaine, les jeux de rôle ont toujours la cote et plus de 16 ans après le tout premier Baldur’s Gate, de nouveaux titres voient le jour chaque année. Parmi ceux-ci, un petit jeu est sorti récemment et il se nomme KYN.

Des héros sans personnalités pour une quête sans profondeur

L’histoire débute avec deux guerriers s’appelant Bram et Alrik. Ils viennent tout juste d’achever un rite initiatique qui fait d’eux des guerriers Magni, c’est-à-dire les plus puissants de leur village du nom de Vinborg. Ils découvrent alors que des créatures appelées Aeshir, généralement pacifiques, s’attaquent désormais aux villageois.

Ils partent découvrir ce qui se cache derrière ces agissements. S’ensuit une multitude de péripéties sans grand intérêt et des rebondissements prévisibles. On ne s’attache ou ne s’intéresse à aucun personnage, ils ne sont qu’une coquille vide qui sert à remplir une fonction.

Une progression de niveau limité

Vos héros, qui passeront d’un groupe de 2 à un total de 6 personnages, ne gagnent pas d’expérience en battant des ennemis, mais plutôt des points d’attributs après chaque mission complétée. Vous pourrez alors utiliser les points pour développer les compétences de vos personnages.

Il existe 3 branches de compétences :  » body   » pour les combats au corps à corps,  »mind » pour les lanceurs de sorts et   »control  » principalement pour les attaques à distance. Chaque branche offre trois sous spécialisations pour un total de neuf classes possibles. Un des points intéressants est que vous pouvez, à tout moment, redéfinir les compétences, et donc également le rôle de tous vos personnages pour mieux vous adapter à votre façon de jouer.

J’ai été abasourdi par la limite de compétences que l’on peut utiliser en même temps ! Tout ce que vous aurez pour chacun de vos personnages c’est deux compétences de base et une spéciale. Pourquoi permettre de mélanger autant les classes si nous avons accès à si peu de compétences ?

Un bon défi pour les plus motivés

Concernant la difficulté du jeu, il est possible de jouer à KYN en cinq modes de difficulté, de facile à légendaire. Les modes de difficulté facile et normal sont plutôt ennuyeux et n’offrent que peu d’obstacles, mais certains combats du jeu en mode difficile représentent un bon défi.

Une micro-gestion extrême

Il n’est pas possible d’établir des stratégies par défaut pour nos personnages, ni même de définir le positionnement et l’ordre des guerriers sur le terrain. Si on ajoute à cela une intelligence artificielle souvent aléatoire, autant du côté des ennemis que de nos héros, on se retrouve à devoir tout gérer manuellement. Le temps pour établir notre stratégie, à l’aide d’un sablier qui ralentit le temps, est trop limité. Si l’exercice est plutôt facile avec deux héros, ça devient chaotique lorsqu’on en contrôle plus de quatre.  Si la micro-gestion a fait le charme de certains jeux comme Pillars of Eternity, celle de KYN est plutôt pénible.

Une musique qui colle bien au jeu

J’ai beaucoup aimé la musique du jeu. Je me suis même surpris à siffler certaines mélodies qui sont simples, mais qui correspondent bien à l’univers du jeu. Par contre, il n’y a aucun dialogue et les effets sonores sont plutôt limités. C’est difficile, dans de telles conditions, de bien s’immerger dans le jeu.

Un style dessin animé réussi

La modélisation de nos héros est plutôt simple, particulièrement pour les 2 principaux personnages. Heureusement, le jeu se rattrape en offrant des environnements réussis, bien que plutôt répétitifs, ainsi qu’une panoplie de monstres différents et des animations somme toute correctes. Le tout, dans un thème de dessin animé qui, à mon avis, va bien vieillir. Par contre, je regrette le peu de donjons ou de bâtiments visitables.

Quelque petits bogues

Le jeu a aussi quelques bogues qui n’ont pas encore été corrigés et qui sont parfois  dérangeants, comme de rester coincé à certains endroits ou de voir un groupe d’ennemis disparaître lorsque nous rechargeons la partie. Le pire, dans mon cas, reste l’incapacité à jouer avec un 6ème personnage, problème tout de même majeur. Heureusement, le studio semble être à l’écoute de la communauté et plusieurs correctifs ont été apportés et d’autres sont planifiés dans un avenir proche.

Un bon RPG générique

Même si j’ai globalement apprécié les quelques 18 heures que j’ai passées dans l’univers de KYN, je ne peux m’empêcher de trouver qu’il s’agit, au mieux, d’un RPG générique. L’histoire présente peu d’intérêt, les environnements sont réussis, mais répétitifs et les mécaniques de combats sont plutôt limitées. Je vais quand même suivre attentivement les prochains titres du studio Tangrin qui a, j’en suis certain, le talent pour faire quelque chose de vraiment solide avec plus de temps et probablement plus de ressources. Pour l’instant, je décerne la note de 7 sur 10 à KYN, un jeu amusant, mais qui n’a rien pour se démarquer de la compétition.

Ma note 7.0/10


Par Jonathan Harvey
Critique effectuée sur PC
Jeu disponible en anglais et allemand
Visitez le site officiel : http://www.kyngame.com/