[Critique] Super Mario Maker

J’ai été tout simplement charmé lors du dernier Championnat Mondial de Nintendo par Super Mario Maker. Pourtant, à la suite de son dévoilement à l’E3 l’an dernier, je n’aurais jamais cru qu’il serait un des jeux sur lesquels Nintendo allait miser en 2015. L’idée était bonne, mais même la compagnie semblait vouloir initialement la minimiser. Or, devant la constatation du potentiel d’un tel outil, les dirigeants de l’entreprise nipponne se sont rapidement ravisés. D’ailleurs, le produit final est très loin de la première version que j’ai essayée l’an dernier. Maintenant que j’ai pu mettre la main sur la version complète, est-ce que Super Mario Maker répond aux attentes et profite-t-il pleinement de tout son potentiel?

En résumé

Super Mario Maker peut être séparé en deux catégories : la partie « jouer » et, évidemment, la partie « création ».

Le volet création est l’outil ultime que les amateurs de Mario ont toujours souhaité avoir. Il s’agit d’une version simplifiée du moteur de développement de niveaux de quelques itérations des jeux de plateforme de Mario. Ce qui rend le tout accessible au grand public. J’ai toujours voulu être assez talentueux pour faire mes propres tableaux. Or, à défaut de bien dessiner, je peux enfin répondre à ce besoin. En effet, il y a un très grand nombre d’ennemis, d’obstacles et différents éléments de l’environnement qui peuvent être placés à votre convenance. Et, une fois que votre niveau est prêt, vous devez réussir à le traverser avant de le partager en ligne avec le reste du monde.

Le seul « hic » par rapport à ce mode, c’est que tous les outils ne sont pas disponibles immédiatement. Au départ, je voulais me servir des tuyaux pour créer des scènes secondaires, mais je n’avais pas encore débloqué l’option. Il faut patienter et s’exercer à créer tous les jours si on veut que notre livraison de nouveaux items arrive le lendemain. Pour ma part, j’en avais quand même suffisamment pour satisfaire mes avis, mais je comprends que cet aspect pourrait en frustrer plusieurs.

Alors, pour ceux qui veulent s’en tenir à jouer, ils peuvent essayer toutes les créations qui ont été mises de l’avant par la communauté. On y retrouve divers classements qui vous montrent les tableaux et les créateurs les plus populaires présentement. On peut aussi suivre certains utilisateurs afin de toujours mettre de l’avant ce qu’ils ont mis en ligne pour le public. Moi et Mel avions beaucoup de plaisir à s’échanger des tableaux et s’envoyer des défis. C’est assurément un des attraits principaux du jeu. Ça veut aussi dire que la personne qui veut simplement jouer est plus servie que jamais.

Il y a aussi le mode « 100 Mario » dans lequel vous devez passer à travers un certain nombre de tableaux fait par les utilisateurs. C’est fait aléatoirement et on peut avoir de belles surprises. Cependant, on est limité à 100 vies, mais heureusement on peut passer par-dessus certains niveaux qui semblent trop difficiles. Il y a plusieurs choix de difficultés et j’avoue, qu’une fois rendue à expert, la marche à franchir est très haute. Puis, il y a le mode « 10 Mario » dans lequel Nintendo vous fait visiter quelques-unes de leurs inventions. Par contre, j’ai trouvé qu’il en manquait en peu. Néanmoins, dans l’ensemble, on peut vraiment dire que les possibilités sont illimitées.

Les plaisirs de la nostalgie

Même si je n’ai pas grandi avec une NES ni même une SNES dans mon salon, j’accourais pour y jouer chez bien des amis. Et, parmi cette vaste gamme de jeux de la franchise, Super Mario World a toujours su se démarquer dans mon esprit. C’est lui qui m’a le plus marqué. Or, dès que je suis embarqué dans un des tableaux de cet univers, j’avais cette envie incontrôlable de sourire. Les effets sonores, la musique, le style visuel et la précision des contrôles m’ont vite replongé en enfance. J’étais agréablement surpris de constater que le jeu avait très bien vieilli et, qu’encore aujourd’hui, la jouabilité était aussi accrocheuse.

À chacun sa physique

Super Mario Maker nous fait revisiter quatre jeux phares de la franchise. En ordre, on a : Super Mario Bros. sur NES (1985), Super Mario Bros. 3 sur NES (1990), Super Mario World sur SNES (1991), New Super Mario Bros. U sur Wii U (2012). Or, chaque élément présent dans chacun des jeux fait partie de cette collection et vous pourrez les ajouter à vos tableaux. De plus, on peut transformer notre création sur le vif en passant d’une édition à l’autre en plus d’aussi pouvoir changer le style (par exemple : d’un niveau souterrain à un niveau couvert d’eau). La particularité lorsqu’on change d’édition, c’est aussi que la physique et les habiletés de Mario ne sont pas pareilles. Ça fait en sorte qu’en un seul clic, on peut modifier toute la dynamique du niveau. Heureusement, on a droit à un guide qui explique individuellement comment fonctionne chaque élément pour vous aider à optimiser vos inventions. Ça devrait permettre aux nouveaux venus et aux plus jeunes d’apprendre un peu plus aisément.

Enfin, pour pimenter le tout davantage, on permet aussi aux joueurs de mélanger ou modifier des objets de manière totalement nouvelle. Par exemple, on peut se servir de certaines carapaces comme un casque pour protéger Mario. On peut aussi s’amuser à modifier les grandeurs de tous les ennemis. Pour utiliser une expression anglophone : « Sky is the limit ». Vous voulez mettre des ailes à vos plantes piranhas, c’est possible. Vous voulez que vos canons catapultent des étoiles, essayez-le. Les petits comme les grands pourront laisser aller leur imagination. Bref, tous les éléments sont en place pour amener notre expérience à un autre niveau.

Les hauts et les bas de la nature humaine

En essayant ce que les autres avaient à offrir, la première chose que j’ai remarquée, c’est qu’il y a très peu de justes milieux dans les fabrications de la communauté. On a droit à beaucoup de designs minimalistes alors que, de l’autre côté, on a un nombre incroyable de créations qui sont pratiquement infaisables. J’assume que le tout va rapidement se balancer une fois le jeu disponible au public, mais pour l’instant ça manque de peaufinage. D’ailleurs, certains tableaux sont assez durs pour mon orgueil, mais cela amplifie énormément l’effet de satisfaction qui se dégage une fois complété… Surtout après 86 vies. Alors qu’on n’a pas vraiment de contrôle sur la sélection des niveaux dans le mode « 100 Mario », on peut toujours se tourner vers le classement des niveaux les plus appréciés pour contrebalancer le tout. Certains utilisateurs sont particulièrement créatifs et, grâce à cet outil, ils peuvent sortir du lot.

Dans l’ensemble, on peut dire que Nintendo a réussi un très bon coup en étant capable de moderniser sa franchise tout en conservant ce qui la rendait aussi unique. Pour ma part, ça m’a fait réaliser à quel point il y a énormément de facteurs à prendre en considération lorsqu’un tableau est créé. Que ce soit au niveau de la physique ou du côté de tous les éléments qu’on peut ajouter, on prend enfin conscience chaque facteur. On apprécie donc encore plus le talent qu’on sut en démontrer plusieurs. Surtout lorsqu’on voit quelques niveaux qui font traverser Mario de manière très ingénieuse sans même toucher à notre GamePad.

D’ailleurs, parlant de GamePad, je pense que c’est justement l’outil idéal pour faciliter le développement de nos tableaux. Après seulement quelques explications rapides, on se sent suffisamment à l’aise pour laisser aller notre imagination. En plus, on peut sauter à n’importe quel endroit dans le tableau pour tester certains pièges et obstacles.

Pour compléter le tout, on peut aussi trouver des costumes un peu partout dans notre aventure. Par contre, en scannant nos amiibo, on peut immédiatement débloquer le costume de ce personnage et ainsi transformer notre plombier en un autre personnage iconique. Cependant, ceci se limite aux tableaux se déroulant dans la première édition de la franchise.

Le verdict

Pendant que tous les studios s’amusent à nous ressortir des éditions HD de leurs jeux populaires, Nintendo sort encore du lot en proposant quelque chose de complètement différent. Super Mario Maker m’a permis de réaliser encore plus à quel point cette franchise était unique et si importante encore aujourd’hui. Je sais que j’ai à peine effleuré la surface du jeu et que je vais continuer d’être impressionné un peu plus chaque jour par ce qu’il offre. J’ai eu, j’ai encore et je vais continuer d’avoir du plaisir avec ce petit bijou et il en vaut amplement l’achat.

Ma note 9.5/10

Exclusivité Wii U
Site officiel: http://supermariomaker.nintendo.com/

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