[Critique] Forza Motorsport 6

Vitesse. L’excitation du départ, le stress dans les courbes, la satisfaction d’un bon dépassement, la hargne d’une sortie de piste, la vitesse, la victoire. C’est pour ça que j’aime autant la course automobile dans le jeu vidéo. Certains n’y voient que de tourner en rond, moi j’y vois le dépassement d’abord des autres, mais surtout de soi-même. Bienvenue dans Forza Motorsport 6.

Paru en 2013 en même temps que le lancement de la Xbox One, Forza Motorsport 5 était peut-être le plus faible de la série diront certains. Évidemment, viser le lancement d’une console pour un studio comporte un grand nombre de défis : nouvel engin graphique, manque de temps, unité de développement en constante évolution : bref ce n’est pas évident. Et malgré cela, Forza 5 a réussi à amasser une note d’environ 80% sur MetaCritic. Ce n’est pas banal. Au chapitre des déceptions : contenu plus faible qu’à l’habitude (par rapport aux autres titres de la franchise), inclusion trop poussée de microtransactions et l’absence totale de météo.

Évidemment depuis il y a eu aussi Forza Horizon 2, titre que j’ai énormément apprécié ainsi que la critique en générale. Personnellement j’y ai investi plus de 170 heures, j’ai tout près de 200 véhicules dans mon garage (je suis le premier de ma liste d’une centaine d’amis Xbox à ce chapitre) et je n’ai toujours pas complété tous les championnats. J’ai adoré Horizon 2 pour son monde ouvert, sa conduite accessible, la météo dynamique et la tonne de contenu à faire. Quel bon titre !

Alors cette année mes attentes sont très élevées pour Forza Motorsport 6. D’autant plus que celui-ci souligne le 10ième anniversaire de la franchise et du studio Turn 10, j’attends ce titre d’un pied ferme depuis très longtemps.

Un graphisme à couper le souffle

J’ignore comment Turn 10 a réussi cet exploit, mais Forza 6 est plus beau encore que le 5ième titre. À première vue, on ne remarque rien. Tout est subtile. Puis on remarque de la poussière laissée sur la piste de Laguna Seca, puis les vents qui soulèvent cette poussière et la saleté qui s’accumule au fil de la course dans votre pare-brise. Y’a aussi les courses de nuit qui donne un look complètement nouveau et différent à la piste de Yas Marina, mais aussi la pluie torrentielle qui rend presque méconnaissable le circuit Le Mans. Les pneus qui servent à absorber les chocs en cas d’accidents qui peuvent maintenant rouler sur la pistes en cas d’impact. Et plus on y joue, plus on remarque ces petits détails qui ont été ajoutés un peu partout dans le jeu. Et le tout sans jamais, jamais aucune baisse de fluidité de l’image. Une résolution de 1 080p à 60 images par seconde sans aucun essoufflement, mis à part un aliasing (effet escalier) visible par moments. C’est tout un exploit technique. Loin de la situation qui touche encore aujourd’hui Project Cars.

Mais c’est encore plus impressionnant de voir cette stabilité graphique sous la pluie dans une course endiablée à 24 véhicules. Jamais l’engin ne bronche, jamais il ne faiblit. Je n’ai pas été témoin d’une telle stabilité depuis très, très longtemps. La pluie est très bien rendue d’ailleurs. En vue cockpit, on voit perler l’eau de pluie sur le pare-brise et aller de gauche à droit ou inversement selon le sens où le véhicule tourne, ou même s’il ralenti. L’effet météo est vraiment bien réussi visuellement, quoi qu’il n’atteint pas le niveau de DriveClub qui reste la référence en la matière. Je dirais que dans l’ensemble, Forza Motorsport 6 fait mieux avec son graphisme et sa fluidité, mais sur le point précis des effets météos, DriveClub reste supérieur.

Évidemment lorsqu’on parle du graphisme, on arrive aussi rapidement aux effets sonores et fidèle à ses habitudes, Turn 10 Studios ne déçoit pas. On distingue bien les différents engins, que ce soit BMW ou Lamborghini, la puissance brute d’une Dodge Viper ou même le moteur à très haute révolution d’une monoplace Indy Car. Encore là rien à redire, c’est à la limite de la perfection.

L’eau c’est n’est pas juste beau : c’est dangereux

Trop peu de jeux de courses mettent beaucoup d’emphase sur leurs qualités à reproduire les effets météo en oubliant complètement que la pluie sur la piste a un effet direct sur la conduite. Turn 10 Studios ont pris une approche tout à fait unique pour traiter la pluie dans leur titre. D’abord, il faut comprendre que ce n’est pas tous les circuits qui peuvent être joués sous la pluie. La raison est simple : la pluie a été numérisée au laser sur les vrais circuits. Ce n’est pas un rendu artificiel de l’engin, c’est carrément une reproduction de la vie réelle. Et tout comme dans les vrais circuits, la pluie amène aussi des flaques d’eau importantes qui viennent complètement briser votre ligne de conduite, une reproduction presque parfaite de l’aquaplanage. Évidemment tout cela a le défaut de limiter le nombre de pistes et de courses disponibles avec la pluie, mais le rendu est stupéfiant de réalisme. C’est un choix que l’équipe a fait et c’est un choix que j’approuve parce que ça fonctionne.

Ainsi, les courses sous la pluie changent complètement la dynamique de la piste et de l’intelligence artificielle. Les coureurs doivent non seulement essayer de maintenir la meilleure ligne de course possible, mais aussi éviter ces flaques pour éviter de terminer dans le sable et les pneus. L’emplacement même de ces flaques d’eau sur la piste a été mesuré et reproduit selon les numérisations laser. Encore une fois, un gros souci du détail.

Je n’ai pas eu l’occasion d’y jouer avec un volant, mais je dois dire que la calibration sur la manette de la Xbox One est excellente. La progression du volant est bien reproduite dans votre stick analogique et progressive aussi, contrairement à Project CARS qui a tendance à vouloir vous envoyer dans le décor très rapidement si vous n’usez pas de finesse. Et évidemment les gâchettes vibrantes sont utilisées à merveille : celle de droite vibre lorsque vous accélérez trop et que vos roues glisses, celle de gauche vibre lorsque vous freinez trop fort et que votre véhicule dérape. Si vous êtes le moindrement attentif à cette fonctionnalité, vous pourrez optimiser comme jamais votre pilotage, une rétroaction toujours inexistante sur la manette de la PlayStation 4.

Enfin, l’intelligence artificielle est ingénieusement imparfaite. Évidemment ce n’est pas à bas niveau que vous pourrez en profiter puisqu’elle est plutôt passive (ce qui est justement l’objectif d’ailleurs, il ne faut pas effrayer les novices), mais en grimpant la difficulté, on peut de plus en plus l’apprécier. Les niveaux de difficultés sont très progressifs d’ailleurs, ce qui aide beaucoup à trouver le niveau qui nous plait le plus. J’utilise « ingénieusement imparfaite » parce que c’est ce que sont les meilleurs pilotes automobiles. À haut niveau, un pilote automobile gère ce qui se passe devant lui mais aussi derrière. Certains sont plus agressifs que d’autres et certains perdront leur calme en première place lorsqu’on leur met trop de pression durant trop longtemps et vivront une sortie de piste. C’est exactement ça dans Forza 6 : un mélange de situation imparfaite qui finalement représente beaucoup la réalité d’une course.

Et du contenu à la tonne

Dans Forza 5, l’un des défauts retenus était la baisse de la quantité de contenu. Cette fois, Turn 10 s’est bien repris. Au lancement, ce n’est pas moins de 450 véhicules qui seront disponibles pour les joueurs, et quelques modèles de plus par la suite pour ceux qui prendront l’édition ultime. C’est plus du double que lors du lancement de Forza 5. Le titre offre aussi 25 circuits mondiaux ainsi que plusieurs tracés sur chacun d’entre-eux, notamment Le Mans, Nürburgring, Bathurst et nouvellement Rio de Janeiro. Aussi, aucune microtransaction : tous ces véhicules et circuits sont disponibles dans le jeu. De plus, vous en débloquerez plusieurs grâce à la roulette chanceuse d’Horizon 2 qui a été implanté dans Forza 6. Vous aurez donc une chance de gagner un véhicule ou beaucoup de crédits à chaque fois que vous grimperez de niveau. Enfin, les Mods sont une nouveauté du titre que j’apprécie un peu moins, du moins je trouve cette fonction plutôt inutile. Il s’agit en fait de cartes qui peuvent donner des bonus, des défis ou des avantages permanents ou temporaires. Vous gagnerez les modes avec la chance dans la roulette ou vous pourrez aussi en acheter des paquets avec les crédits du jeu. Au moins, j’étais très sceptique au départ qu’il s’agissait là d’une technique pour implanter les microtransactions, mais il n’en est rien, fort heureusement.

Encore une fois, Forza Motorsport 6 propose aussi la possibilité de jouer seul ou en ligne, mais aussi avec un ami en écran partagé, une option de plus en plus rare. On apprécie l’attention. En ligne, quelques nouveaux modes font leur apparition, de quoi vous donner plus de liberté sur le style de course en ligne que vous voulez faire. Évidemment lors de mon essai, les serveurs étaient occupés mais pas surchargés. Je n’ai donc pas eu de problématiques de latence mais nous suivrons cette situation avec intérêt pour voir si l’infrastructure tiendra le coup au lancement.

C’est drôle, j’ai l’impression que je pourrais en parler encore bien longtemps. Chose certaine, je vais y jouer encore très longtemps car le contenu de Forza Motorsport 6 ne manque pas et j’ai énormément de plaisir à y jouer. Évidemment en étant catégorisé comme une simulation, plusieurs joueurs ne voudront pas se lancer mais moi je vous dis essayez-le. Essayez-le car Forza 6 est une simulation facile à approcher avec assez de paramètres pour rendre le jeu beaucoup plus accessible pour les novices, ou très difficile pour les experts. Forza 6 propose aussi une quantité incroyable de contenu, des circuits à couper le souffle que ce soit sous le soleil, sous la pluie ou même la nuit. C’est le jeu de course le plus complet de tout le marché actuellement et le meilleur que j’ai pu jouer. Non seulement le meilleur, mais aussi le plus fun et le plus excitant.

TL:DR – Forza Motorsport 6 est le meilleur jeu de course au monde, présentement.

Ma note : 9.5 / 10


Par Maxime Tremblay

Exclusivité sur Xbox One
Disponible en français
Visitez le site officiel : http://forzamotorsport.net


3 Comments

  1. Salut Max!

    Tu m’as donné le goût d’investir dans ce petit bijoux. Tant qu’à y être, j’aimerais ajouter un volant pour xbox One pour ajouter encore plus de réalisme si s’en vaut la peine. Idée: si tu as l’expertise pour en discuter dans la section OR, ça serait intéressant de nous guider dans ce domaine un peu plus niche. Merci pour ton excellente critique!

  2. Content de l’entendre! Je vais peut-être commencer par un simple Thrustmaster Ferrari 458 Spider. À 120$, c’est un prix très raisonnable pour un volant qui semble bien. À suivre!

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