[Critique] Metal Gear Solid V: The Phantom Pain

Metal Gear Solid V

Je fais la déclaration suivante : je suis sans contredit un des plus grands amateurs de la série Metal Gear Solid. Mes attentes étant excessivement élevées, puis-je avancer que celles-ci ont été comblées avec Metal Gear Solid 5 : The Phantom Pain? Voici ce que j’ai à dire sur le dernier titre de Konami et du légendaire Hideo Kojima.

Le jeu commence sur les chapeaux de roue. En fait, après la première heure de jeu, la seule chose qui me vient à l’esprit est à quel point Big Boss est un homme malchanceux. Loin de moi l’idée de gâcher la surprise, mais pour les besoins de l’article, je peux vous dire ceci : Big Boss renaît sous le surnom de « ‘Venom »’ Snake. À vous de vivre l’aventure afin de comprendre pourquoi. Pour quelle raison est-ce que j’ai statué l’affirmation un peu plus tôt? Ce qui fait, à mon humble avis, de Metal Gear une série à part, c’est en raison de la complexité de son scénario, qui mélange habilement fiction et réalité. C’est également parce que les personnages, autant du côté des coéquipiers que des ennemis, possèdent une aura qui leur est propre et pour lequel on s’attache, avec leur complexité qui nous pousse à en savoir toujours un peu plus sur chacun d’entre eux. Puis, l’aspect réaliste dans le contrôle du protagoniste et du jeu amène une dimension que peu de jeux ont réussie dans l’histoire vidéoludique. Pour tout dire, il s’agit d’une série qui a révolutionné l’univers du jeu vidéo, que l’on aime ou non.

Donc, après avoir affirmé les commentaires suivants, est-ce que cela fait de Metal Gear Solid 5 automatiquement un jeu que j’aime? Est-ce qu’il serait juste d’avancer que je vais nécessairement l’aimer, peu importe si celui-ci est de qualité ou non? Je crois plutôt que je suis plus critique envers un jeu qui provient d’une série qui a déjà fait ses preuves et encore plus si je l’aime. Voici donc ce par quoi je vais commencer : vous avez tout simplement le choix de choisir d’aller dans la direction qu’Hideo Kojima a choisi de se diriger ou bien renier tout cela et ne jamais tenter l’aventure qu’est Metal Gear Solid 5. Où est-ce que je désire en venir? C’est que, contrairement aux autres jeux de la série qui ont à l’occasion semblé emprunter beaucoup plus au cinéma hollywoodien, cette fois-ci, le joueur est directement mis dans l’action, avec très peu de cinématique, que cela plaise ou non. En fait, le scénario, sans être mis complètement de côté, est beaucoup moins primordial qu’il l’a déjà été par le passé. C’est peut-être son manque le plus flagrant et je sais pertinemment que certains d’entre vous ne seront pas capables de pardonner à Konami et Kojima pour cet affront. Mais c’est le seul défaut que je peux trouver à Metal Gear Solid 5 : The Phantom Pain. Et voici pourquoi.

Premièrement, vous ne trouverez jamais un autre jeu qui vous permet de faire ce que bon vous semble. J’entends déjà les gens mentionner Grand Theft Auto 5 et la comparaison, sans loin d’être exagérée, n’est pas tout à fait juste. La grande différence réside dans l’intelligence artificielle qui doit exister dans un titre comme MGS puisqu’il s’agit avant tout d’un jeu d’infiltration, ce qui veut dire que l’ennemi doit réagir à toute action suspecte que l’on pourrait poser. Et quand je dis que vous pouvez faire ce qui vous plaît, c’est vrai, de A à Z. La même mission peut être complétée de maintes façons, que ce soit par le flanc gauche, le flanc droit, par la voie des airs, sans être vu ou bien tout simplement rentré dans le tas, c’est votre choix et vous devrez vivre avec celui-ci jusqu’à la réussite de votre objectif. Bref, le sous-titre qui a toujours été donné à cette série, soit « ‘Opération d’espionnage tactique »’, n’a jamais été plus prêt de la réalité et des aspirations d’Hideo Kojima. Le jeu nous amène dans un registre de réflexion que je n’ai jamais eu auparavant. J’eus dû réfléchir à chaque action que je fais, quels chemins dois-je emprunter, dois-je éliminer l’ennemi ou le laisser en vie, bref, à la meilleure manière d’arriver à mes fins. Et il sera primordial de savoir ce que vous comptez faire de celui qui se trouve sur votre chemin.

Pour ceux qui ont déjà vécu l’aventure du précédent titre appelé Metal Gear Solid : Peace Walker, vous comprendrez un peu plus le système devant lequel on fait face. Parce que le terrain n’est pas uniquement le seul nerf de guerre dans MGSV, il faut également devenir une puissance militaire afin de contrecarrer les plans des nombreux ennemis. De quelle manière peut-on améliorer cette force? Tout simplement en allant piocher chez l’adversaire, en kidnappant les ennemis, les convainquant de se joindre à nous et en les attribuant dans la division qui optimisera leurs forces. Parce que la gestion fait partie d’une des très grandes forces du jeu avec son centre névralgique, soit la Mother Base. C’est grâce à cette ressource que vous pourrez étoffer votre arsenal et ainsi devenir une véritable machine de guerre. Mais vous pourrez aussi améliorer votre centre de renseignements et avoir à votre disposition une meilleure idée des déplacements ennemis, de la météo qui peut faire une sacrée différence dans le jeu ou bien d’autres renseignements de qualité. Encore une fois, l’aspect tactique est mis de l’avant et doit être pris au sérieux dès le départ afin d’en tirer profit le plus rapidement possible. Malheureusement, il m’a été impossible de tenter l’aventure en ligne, les serveurs ayant des problèmes ou une mise à niveau étant en cours la grande majorité du temps.

Je n’ai même pas pris le temps de parler de la beauté du jeu, de l’aire de jeu qui se trouve devant nous. Souffre douleur des jeux de mots douteux en raison de son nom particulier, l’Afghanistan est majestueux à un point que je n’aurai jamais cru possible. La liberté que l’on éprouve lorsque Big Boss se déplace dans les désert aride contraste avec le sentiment d’urgence qui existe face à la situation dans laquelle on se retrouve. Les montagnes en quantité astronomiques, les villages pittoresques, la météo particulière avec ses tempêtes de sable (meilleur moyen de quitter un endroit risqué ou bien d’éliminer une cible en se déplaçant à notre guise), bref, le jeu est beau comme aucun autres jeux n’a su le faire jusqu’à maintenant sur les consoles de nouvelle génération.

Au final, Metal Gear Solid 5 : The Phantom Pain ne peut laisser indifférent. Je recommande fortement de vous laisser envoûter dans son environnement qui vous donnera des heures de plaisir si vous prenez la peine d’y mettre du vôtre. Je pourrais comprendre ceux qui auront l’impression d’avoir été trahis par Konami et Hideo Kojima, mais cela serait sans aucun doute faire impasse sur ce qui sera sans doute le jeu de l’année et un des meilleurs jeux de la dernière décennie.

Ma note : 10/10

Testé sur PlayStation 4
Aussi offert sur Xbox One, PS3, PS4, Xbox 360 et PC
Offert en français
Site officiel: http://www.konami.jp/mgs5/

13 Comments

  1. Pour ma par, un seul mot d’écrit ce jeu : I N T E N S E !!

    Je ne suis qu’au début mais pour le moment j’adore ce style de jeu. On sent toute la puissance de l’ennemi . Ayoye ça fait mal!

  2. Bonjour Sylvain. Je n’ai pas mentionné le bug en question parce qu’il sera fixé éventuellement. La critique se voulait sur le jeu dans son ensemble et je ne jugeait pas pertinent de le mentionner, un article pouvant faire le travail. Merci quand même pour le commentaire 🙂

  3. Je pense que Phantom Pain est un excellent jeu mais loin d’être un 10/10. Les problèmes provenant de sa structure et son pacing font vraiment surface lorsque le joueur essaie de faire le jeu à 100% en faisant toutes ses Side-Ops. Le système de Fast-Travel est mal fait et ça devient vraiment pénible de se traîner d’un coin à l’autre du jeu pour tout faire.
    Aussi, le chapitre 2 laisse l’impression d’être incomplet. Incluant des missions du chapitre 1 qui ne sont que des répétitions de missions du chapitre 1 avec des règles différentes. Et des séquences d’histoire qui arrivent sans cause précises.
    Bref, je trouve ça bizarre que toutes les critiques sur internet ne critiquent pas ces défauts du jeu et disent tous que le jeu est un 10/10.
    En somme, un excellent jeu (Meilleur que pas mal tout ce qui se fait ces temps-ci. Mais pas parfait.

    1. Nous avions un agenda, désolé. 😉

      Non sérieusement si tu consultes notre politique rédactionnelle, nous nous réservons le droit d’accorder un 10 même pour un jeu imparfait si celui-ci fait vivre des émotions fortes au testeur comme ça ne lui est pas arrivé depuis longtemps :). Je pense que c’est le cas ici pour Kevin Cormier.

      1. Ok, je ne vous accuse pas d’avoir un agenda en passant. 😉 J’imagine que tu dis ça parce que des gens t’en ont parlé. (?)
        Je comprends l’idée de votre système de critiques. C’est clair que ce sont surtout des problèmes qui apparaissent tard dans un playthrough alors c’est normal que ça n’affecte pas la majorité des joueurs. Mais ils valent la peine d’être mentionnés je pense.
        Merci pour ta réponse rapide Maxime! Toi au moins tu réponds. 🙂
        Pas comme d’autres sites de jeux vidéo. lol

        1. Non t’inquiète, je faisais une blague avec l’agenda, je n’insinuais rien du tout 🙂

          Pour les points négatifs, je suis d’accord avec toi, mais je n’ai pas joué au jeu moi même donc je ne suis pas en mesure de juger. Je vais faire signe à Kevin pour voir s’il peut venir poursuivre la conversation 🙂

      2. Just pour clarifier, tu parles à un méga-fan de la série de Metal Gear Solid. 🙂 Je suis juste de venu plus critique de la série en vieillisant. 🙂
        Je dis tout ça en tant que fan déçu des défauts de MGSVTPP aussi, dont le manque d’histoire mentionné dans la critique ici.
        Mon jeu préféré de la série reste MGS2 personellement. ^_^

        1. Salut MegaPhilX,

          Bien content de lire ton commentaire et surtout, que celui-ci soit respectueux. Je peux comprendre ton commentaire concernant la note et je t’explique mon point de vue. Pour commencer, personnellement, la note de 10/10 ne signifie pas la perfection puisque celle-ci n’existe tout simplement pas. On trouvera toujours un point à mentionner qui fait moins notre affaire. Disons qu’avec une note de la sorte, je veux surtout indiquer que ce jeu est un chef-d’oeuvre. Je compare cela à une oeuvre d’art. Il y en a qui nous ferons vivre des émotions plus profondes que d’autres malgré qu’elles ne soient pas parfaites. Et par la note ultime, c’est aussi un indicateur que le jeu fait parti de ceux qu’il ne faut absolument pas manquer, les incontournables. Malgré les changements importants qui ont été apporté en comparaison des autres épisodes, je trouvais que le jeu nous amenait dans une dimension qu’aucun jeux ne nous avaient jamais amené. Et crois-moi, avant de donner une note de 10/10, j’y réfléchi longtemps. 🙂

          Pour moi, MGS1 est celui qui à tout déclancher et reste mon préféré à ce jour.

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