[Critique] Mad Max

Je crois qu’on est tous un peu récalcitrants lorsqu’on entend parler d’un jeu basé sur l’univers d’un film. Très rares sont les développeurs qui ont réussi leur coup. Parmi les bons succès, il a eu Spiderman 2, Goldeneye 007 et même Lord of the Rings : The Two Towers, mais disons que les exemples sont minces. Alors, c’était difficile de prédire ce que WB Games et Avalanche Studios, responsable de la série Just Cause, allaient être en mesure de nous offrir.

Après un film rempli d’action que j’ai adoré, voyons ce que le jeu a dans le ventre.

Mad Max n’est pas une simple adaptation cheap faite à petit budget en deux temps trois mouvements pour faire une passe d’argent rapide sur le succès d’un excellent film. Non, à la place, on a droit à une tout autre histoire doublée de nouveaux personnages et d’une jouabilité assez poussée. Bref, d’entrée de jeu, on constate rapidement qu’il s’agit d’un titre qui se tient très bien.

Pour résumé, on incarne le célèbre Max qui se retrouve au beau milieu d’un univers post-apocalyptique où le paysage est recouvert de sable et la population est complètement sauvage. Sa famille semble avoir connu une fin tragique et il vit difficilement avec ses souvenirs auxquels ils « accrochent pour continuer. Il se souvient d’un monde meilleur et il espère pouvoir retrouver un peu de bonheur caché dans ce sombre monde. Après un furieux, notre protagoniste rencontre Chumbucket, une étrange créature qui n’est pas sans rappeler le personnage de Golum dans le seigneur des anneaux. Celui-ci parle d’une prophétie qui voudrait qu’un expert conducteur vienne de l’au-delà pour sauver le monde de cette grande noirceur. Il est convaincu que notre héros est son sauveur et, ensemble, ils partiront à l’aventure dans le désert où bien des péripéties les attendent.

Premièrement, Mad Max est un jeu à monde ouvert qui se déroule à la troisième personne. Vous y retrouverez un mélange de jouabilité provenant de plusieurs titres majeurs. Par exemple, la mini-carte et le monde ouvert nous rappellent les GTA et d’autres expérience du genre. Évidemment, la touche post-apocalyptique amène quelque chose de bien différent de Los Santos. Au niveau des combats, disons que c’est assez brutal et violent. Bien sûr, on a les fusils et les différentes armes, mais la satisfaction provient plutôt de la violence des combats à main nue. Lorsqu’on réussit une combinaison sans riposte et que Max devient enragé et plus puissant, on se sent comme un vrai guerrier. D’ailleurs, les techniques de combats peuvent être comparés à celles de la série Batman Arkham, mais sans les pirouettes et les talents du héros de DC. On y va plutôt avec la force brute et ça représente l’image que j’ai de Mad Max.

Côté scénario, comme je le mentionnais, le point fort pour moi c’est qu’on n’a pas essayé de nous raconter à nouveau l’histoire du film. On a droit à d’autres ennemis, d’autres alliés et de nouveaux environnements. Certes, Chumbucket est un personnage intéressant à suivre lors de chaque scène, mais celles mettant en vedette notre personnage principal le sont un peu moins. Quoiqu’on peut le défendre en disant que ça concorde très bien avec la personnalité un peu mystérieuse du protagoniste. Bref, dans l’ensemble, ce n’est pas un jeu qu’on achète pour son histoire puisqu’elle n’est pas très étendue et un peu mal racontée. C’est plutôt une expérience qu’on se procure si on veut un titre rempli d’action.

En second lieu, on peut dire qu’Avalanche Studios a fait bon usage de l’environnement du jeu pour faire quelques ajouts à la jouabilité. On met l’importance de la survie à l’avant-plan puisque Max doit régulièrement chercher des sources d’eau afin de remplir sa gourde et faire le plein d’énergie. Pour la nourriture, il faudra se contenter des cannes de nourritures pour chien et des vers qui traînent un peu partout. De plus, il sera important d’accumuler suffisamment d’essence pour nos véhicules et trouver des balles de fusil afin de survivre un peu plus faciles. Enfin, notre héros devra souvent traverser les iconiques tempêtes de sable qui sont propres à la série. Parfois, mieux vaut se donner un peu de répit avant de repartir sur le terrain. Dans l’ensemble, j’ai aimé ce stress constant.

De plus, un des aspects importants est la conduite puisque c’est avec différents bolides que vous parcourrez cette région et c’est aussi le but de la quête principale : créer l’auto la plus puissante. J’ai pris beaucoup de plaisirs à démolir les véhicules adverses lors de courses effrénées en glissant sur le sable. Cependant, l’arme le plus plaisante à utiliser est votre harpon. Avec celui-ci, vous pourrez faire tomber les tours ennemis ou déstabiliser les autres véhicules et c’est satisfaisant à chaque fois. C’est avec cet aspect de la jouabilité que je trouvais Mad Max particulièrement original. J’avais l’impression d’être plongé dans cet univers post-apocalyptique. Malheureusement, cet aspect est diminué par une conduite qui n’était pas particulièrement agréable et même difficile à contrôler.

Ensuite, en dehors de la quête principale, il y a énormément d’éléments secondaires à compléter. D’ailleurs, l’univers de Mad Max est carrément gigantesque et en regardant la carte du monde vous allez rapidement constater la très grande quantité de quêtes secondaires. En effet, il y a une panoplie de camps ennemis à anéantir, de nombreux convois à stopper, des mines à désarmer et des tours à faire tomber. Bref, l’important est de diminuer autant que possible le contrôle des forces ennemies sur les territoires. Ces quêtes deviennent un peu redondantes, mais au moins elles offrent quelque chose de concret. En fait, elles sont utiles pour améliorer les habiletés de notre personnage et surtout de transformer nos véhicules. On se sent alors au moins récompensé pour notre dur labeur.

En plus d’être énorme, l’univers de Mad Max est particulièrement joli. Étonnamment, je m’étais initialement dit que l’environnement serait assez ordinaire et semblable partout. Pourtant, même si on est constamment dans le désert, plusieurs monuments et différentes surfaces apportent un sentiment de renouveau assez régulier. J’aimais bien aller à la découverte de nouveaux endroits en me disant que j’allais finir par trouver quelques petits coins paradisiaques bien cachés dans ce sombre univers. C’était souvent le cas. Sans dire que le jeu offre les graphiques les plus beaux, il n’y a aucun doute que vous apprécierez le tout.

En terminant, Mad Max offre une bonne expérience qui saura sans doute vous divertir, sans toutefois passer à l’histoire. Il propose, certes, une plus-value en termes de longévité en plus de combler votre besoin d’action, mais il ne réinvente pas la roue. Bref, Mad Max est un bon jeu, mais n’est pas exceptionnel et, dans une période aussi faste, mieux vaut peut-être attendre une baisse de prix avant de sauter sur l’occasion.

Ma note : 7,5/10

Testé sur Xbox One
Aussi offert sur PC et PS4
Disponible en français
Site Officiel: http://www.madmaxgame.com/