[Critique] Dropsy

L’humain fait souvent l’erreur de juger les gens selon leurs apparences ou de se fier aux avis des autres sans trop porter attention aux détails, aux sources ou bien aux véritables faits. Enrobé d’une thématique macabre et même parfois terrifiante, Dropsy s’attaque indirectement à ces sujets tabous en plus d’avoir quelques blagues de pet.

Les jeux d’aventure de type « pointer et cliquer » ont toujours eu une très petite partie du marché vidéoludique ainsi qu’un public très niche. Pourtant, ce genre a pratiquement toujours existé puisqu’il touche à certains aspects de l’interaction que les autres genres souvent plus axés sur l’action ne visent pas. En l’occurrence, l’histoire ou l’ambiance sont souvent des points laissés de côté ou lancés rapidement pour laisser place aux mécaniques et systèmes que les joueurs se délectent de maîtriser. Le cas de Dropsy est vraiment particulier puisque ce jeu s’aligne d’un côté avec des titres comme Monkey Island, mais, d’un autre côté, il s’éloigne carrément de tous les repères habituels. L’ambiance lourde et sombre s’apparente plutôt à un épisode de Salad Fingers que d’un jeu usuel, ce qui est à la fois rafraîchissant, mais aussi déstabilisant.

Contrairement aux titres des compagnies telles que Telltale Games qui misent beaucoup sur l’histoire aussi, cette expérience développée à la fois par A Jolly Corpse et Tendershoot et publiée par Devolver Digital, laisse un goût amer et des tonnes de questions autant pendant qu’après les périodes de jeu. Ce n’est pas réellement une mauvaise chose, c’est simplement très différent. Toutes les parties de ce titre sont faites pour que le joueur se sente mal, qu’il ne se sente pas à sa place : le graphique, la musique, la vitesse de déplacement, les interactions, les animations, le design des locations et des personnages.

En résumé, le joueur prend contrôle d’un clown candide particulièrement laid qui désire se faire des amis et aider les habitants de la région. Ainsi, l’étrange imbécile heureux se balade selon les besoins du moment et tente d’accomplir des tâches pour tous ceux qu’il rencontre en chemin dans le but de leur faire des câlins. Le problème est qu’il y a eu auparavant un accident dans le chapiteau du cirque d’où vient l’énergumène et plusieurs habitants croient qu’il en est la cause. Donc, ils ne veulent pas de son aide ni même de sa présence. Certains lui hurlent des méchancetés tandis que d’autres ne font que l’ignorer. Nonobstant ces défis, le protagoniste cherche comment interagir avec tous les êtres vivants tout en s’impliquant involontairement dans quelque chose de beaucoup plus gros qu’il ne peut le gérer.

Mécaniquement, il ne s’agit de rien de plus qu’un jeu de recherche, de puzzles et de réflexion. Il n’y a pas vraiment de périodes où l’action est plus difficile outre les moments durant lesquels le joueur doit se creuser la tête pour découvrir comment résoudre un casse-tête. Souvent, je ne faisais que me promener dans les multiples décors du jeu en cherchant un objet sur lequel cliquer ou un nouveau personnage avec qui discuter. C’est donc ainsi que se déroule le jeu : se déplacer d’une place à une autre tout en cherchant comment acquérir des objets dans l’optique de les utiliser pour faire avancer l’histoire. Parfois, il est nécessaire d’avoir l’aide de son chien ou d’autres alliés pour continuer l’étrange aventure.

En terminant, Dropsy est un jeu très chambranlant qui n’est vraiment pas pour tout le monde, mais qui satisfera quiconque aimant découvrir de nouvelles sensations. C’est un titre aux mécaniques très simples et à l’action particulièrement lente qui demande souvent de la réflexion et, aussi, un cœur solide puisque les thématiques sont lourdes et l’ambiance très déconcertante. Je suggère définitivement de regarder des vidéos avant de l’acheter.

Ma note : 5/10

Testé sur PC
Site Officiel: http://dropsytheclown.com/