[Beta] Skyforge

Mourir en soldat et renaître sous la forme d’un dieu ! C’est l’entrée en matière de Skyforge, ce nouveau MMORPG développé par Allods Team en collaboration avec Obsidian Entertainment.

Une histoire de base

Qu’on se le tienne pour dit, ce n’est pas pour son histoire que vous allez jouer à Skyforge. Vous êtes mort au cours de la mission qui vous sert d’introduction et vous êtes revenu à la vie sous les traits d’un dieu immortel. Vous devrez donc défendre le monde d’Aelion, qui est sous le joug d’attaques de dieux maléfiques qui veulent dominer le monde. Les dialogues sont vides, plutôt ennuyeux et vous n’avez absolument aucune liberté de choix de réponse. En termes de scénario, nous sommes donc plutôt loin de la profondeur de The Secret World  ou d’Elder Scrolls Online, mais ce ne serait pas le premier ou le dernier MMORPG à ne miser que sur une couche d’histoire très superficielle pour justifier une suite de quêtes interminables.

Toutes les classes sont accessibles, mais …

Le développement de votre avatar est assez particulier. Théoriquement, vous avez accès à la douzaine de classes disponibles, mais vous devrez débloquer chacune d’entre elles.

Le système de classe fonctionne avec une grille de statistiques qui rappelle un peu celle de Final Fantasy X. Vous devez dépenser différents types d’étincelles pour développer vos habiletés et votre puissance. Les étincelles sont obtenues comme récompenses de quête, de fin de mission de groupe ou lors des parties de joueur contre joueur.

Il existe deux types de grilles : une propre à la classe que vous jouez et une globale qui vous permet de débloquer des améliorations qui s’appliquent sur toutes vos classes  et grâce à laquelle vous pouvez également débloquer de nouvelles classes. Débloquer l’ensemble des classes ainsi que leurs habiletés est une tâche titanesque que seuls les joueurs les plus assidus parviendront à accomplir.

Vous débutez en ayant la possibilité d’incarner au choix le lumancien, une classe de support, le paladin, une classe de « tank » ou le cryomancien, un mage spécialisé dans les pouvoirs de glace. Libre à vous d’aller débloquer la ou les classe(s) qui vous intéresse(nt) le plus.

Vous n’avez pas de niveau dans Skyforge, votre puissance est établie en fonction du prestige que possède votre dieu. Le prestige est calculé en combinant les statistiques ainsi que les habiletés que vous avez débloquées et il n’y a aucune limite au niveau de Prestige.

Une interface mal pensée… Encore !

Je ne comprends pas pourquoi certains MMORPG ont des interfaces aussi difficiles à utiliser. L’interface dans ce genre de jeu est plus que primordiale et, pourtant, celle de Skyforge est absolument horrible, pire que celle de The Secret World. Changer le groupe dans lequel vous voulez parler demande une série de manœuvres, de tabulations et de déplacements avec les flèches de direction et c’est franchement désagréable à faire.

La plupart des guides, de la gestion du forum du jeu ou du groupe de discussion, sont basés sur un fureteur interne au jeu qui prend parfois un temps fou à charger la page. Normalement, j’y verrais une fâcheuse tendance de certains studios à faire un MMORPG qui a été beaucoup trop pensé pour les consoles et pas assez pour les ordinateurs, mais dans ce cas-ci, une manipulation avec une manette risque d’être encore plus complexe. Pour ajouter l’inutile au désagréable, il est impossible de modifier l’interface.

Le modèle gratuit

« Free to Play ou Pay to Win ? » C’est la crainte de bien des joueurs qui abordent un MMORPG qui ne demande pas d’inscription mensuelle. J’ai toujours considéré qu’il est possible d’évaluer le modèle selon les restrictions qui s’appliquent au joueur. Certains jeux comme Guild Wars 2 réussissent à merveille à offrir un jeu équilibré, qui offre un certain avantage à ceux qui sortent leur porte-monnaie sans toutefois les avantager réellement face à d’autres joueurs.

Les avantages sont, la plupart du temps, esthétiques ou optionnels. D’autres comme Star Wars : The Old Republic ou Rift ont un modèle gratuit beaucoup trop restrictif et la différence entre ceux qui y jouent gratuitement et ceux qui paient pour jouer devient écrasante.

Le modèle gratuit de Skyforge est très bien pensé et est accessible aux joueurs qui ne désirent pas mettre d’argent dans le jeu. La différence entre le joueur qui paie et celui qui ne paie pas est surtout basée sur la vitesse à laquelle le joueur va progresser. Celui qui paie a accès à des déplacements rapides de zones gratuitement et reçoit un bonus d’étincelles après une mission. Il peut ainsi débloquer plus rapidement les différentes habilités et les différentes classes du jeu.

Par contre, Skyforge impose un maximum d’argent et de gemmes qu’il est possible d’accumuler chaque semaine. Un joueur qui ne paie pas peut donc atteindre sa limite hebdomadaire au même titre qu’un joueur qui paie, mais il doit, bien entendu, jouer deux fois plus que celui qui paie.

Faut admettre que c’est joli !

Le jeu est vraiment joli, bien au-delà de la plupart des MMORPG du marché et de bien d’autres jeux qui s’y apparentent. D’un autre côté, ça manque un peu de variété et nous avons souvent l’impression de revoir les mêmes ennemis et de rejouer dans les mêmes zones, mais ça n’empêche pas que c’est vraiment beau à voir ! Autant dans les environnements, que dans la modélisation de nos personnages et des ennemis, vous aurez droit à un design soigné à condition d’avoir un ordinateur suffisamment puissant. Les effets de lumières et les animations assez variés ajoutent beaucoup de dynamisme aux combats.

De petits ajouts par ci par là

Le jeu possède quelques particularités plutôt intéressantes comme un système de prime rotative qui fait en sorte que, durant un laps de temps, certaines missions vous donneront de meilleures récompenses. Ceci permet, entre autres, de trouver beaucoup plus facilement des joueurs avec qui faire votre mission.

Qui dit Dieu dit fidèles et c’est un des aspects que j’ai trouvé vraiment intéressant dans le jeu. Vous pouvez recruter des fidèles et les envoyer accomplir des missions pour vous. Par la suite, vous pourrez débloquer des temples dans les régions que vous avez visitées et obtenir certains bonus pour rendre votre dieu plus puissant.

Une impression de confinement omniprésente

Nous nous téléportons sans arrêt, que ce soit à partir de notre zone de départ ou lors de nos différents types de missions. Le jeu est séparé en plus d’une vingtaine de donjons et de régions à visiter, mais elles sont toutes séparées l’une de l’autre et varient en taille de très petite à extrêmement grosse. Au final, nous restons cloîtrer dans la région où nous sommes et la seule façon d’aller ailleurs, c’est de passer par la téléportation. J’ai trouvé que ça brisait un peu l’effet de monde ouvert que possèdent la plupart des jeux du même genre.

C’est probablement le prix à payer pour avoir un seul serveur unique par continent. En effet, vous n’aurez pas à vous demander sur quel serveur jouer pour retrouver vos amis puisque le jeu n’offre qu’un seul serveur pour toute l’Amérique. Je n’ai remarqué aucun ralentissement dû à une surcharge ou une demande excessive ni de zone surpeuplée. N’oubliez pas de garder un dictionnaire français / espagnol pas trop loin, car une forte concentration de joueurs sud-américains jouent à Skyforge.

Un mode joueur contre joueur débalancé

Le mode joueur contre joueur est classique et, comme il n’y a pas de limite au niveau du prestige et, donc, de la puissance du joueur, vous risquez de tomber sur des dieux qui vous écraseront en quelques coups. Différents modes sont offerts comme du trois contre trois ou une mêlée générale, mais encore là, rien d’extraordinaire.

La mécanique de combat ressemble un peu à celle de TERA, il n’y a pas de « focus » sur une cible, vous devez correctement viser et gérer vos distances ainsi que votre approche. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais ça donne des combats très dynamiques.

Un MMORPG de base sans extra

En dehors de son système plutôt unique de progression et de déblocage de classe, Skyforge est un MMORPG qui n’a absolument rien pour se démarquer.

Le jeu reste globalement beau et offre quand même pas mal de contenu, même si le tout demeure répétitif et peu original.

Je n’ai pas eu le temps ni le courage de me rendre assez loin dans le jeu pour voir le contenu de fin aussi appelé « High-end Content ». Après 10 000 de prestige, la progression ralentit énormément et les événements de fin de jeux demandent au moins 35 000 de prestiges. Avec plus d’une cinquantaine d’heures de jeu à mon actif, j’ai un peu plus de 12 000 de prestige, et ce, avec un abonnement payant.

Heureusement, si vous voulez l’essayer, ça ne vous coûtera absolument rien et malgré toutes ses lacunes, je pense qu’il vaut largement le coup d’œil.


Par Jonathan Harvey
Aperçu effectué sur PC
Jeu disponible en français et en anglais
Visitez le site officiel : sf.my.com

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