[Critique] Assassin’s Creed Syndicate

Qu’on soit amateur de la franchise ou non, Ubisoft ne semble pas démontrer de signe de ralentissement dans la production de jeux Assassin’s Creed. Malgré des sorties annuelles, la compagnie réussit à amener des idées originales qui passent généralement par l’exploration d’une toute nouvelle période de l’histoire. Après la Révolution française, on fait cette fois un saut dans la révolution industrielle avec Assassin’s Creed Syndicate.

Synopsis

Pour la première fois, le studio nous raconte l’histoire de deux protagonistes : les jumeaux Evie et Jacob Frye. Ces derniers laissent donc la ville de Crawley au profit de Londres alors sous l’emprise de Crawford Starrick, un grand maître Templier. Heureusement, nos héros ont été entraînés sous la tutelle de l’ordre des assassins et ils sont prêts à renverser ce régime totalitaire. Ensemble, ils tenteront de sauver Londres de l’une des périodes les plus sombres de son histoire et ainsi libérer tout un peuple vivant dans l’oppression.

Rivalité entre frères et sœurs

Alors que j’avais apprécié les nombreuses améliorations apportées à Unity au niveau de la jouabilité et du rendu graphique, j’étais plutôt perplexe par rapport au personnage de Arno et de l’ensemble de l’histoire. Cette fois, c’est une tout autre réalité. Jacob et Evie sont à la fois intéressants à suivre et attachants. Ce que j’ai aimé le plus, c’est leurs interactions entre eux. Moi qui ai aussi une sœur, j’ai bien aimé voir la sorte de rivalité auquel les deux se prêtent et qui ressemble beaucoup à ce que j’ai vécu en grandissant. Ensemble, ils nous offrent des dialogues savoureux et ils se complètent en ayant des personnalités assez différentes. Alors que Jacob incarne les muscles et l’arrogance du duo, Evie est plus pragmatique, plus consciencieuse, et elle se sert de son intelligence pour établir les meilleures tactiques afin de surprendre ses ennemis.

Pour amplifier le tout, je me suis amusé à spécialiser chacun de nos deux assassins dans des branches de talents bien différents. Du côté d’Evie, je me suis concentré à maximiser son côté furtif alors qu’avec Jacob j’ai surtout mis des points d’attributs dans ses talents de combats. Ainsi, bien que chacun a droit à ses propres missions principales, lorsqu’il était temps de faire les quêtes secondaires, j’avais deux personnages suffisamment complémentaires pour me permettre de réussir le tout plus aisément. Je dois avouer cependant que j’avais une grande préférence pour Evie puisqu’elle cadre plus avec l’approche d’assassin que j’ai développé au fil des opus.

Outre notre duo de protagoniste, l’ensemble de l’histoire était bien intéressant. Comme les titres précédents, on a droit à une panoplie d’importants personnages importants de notre histoire qui viendront nous accompagner à travers l’aventure. Les Charles Darwin, Alexander Graham Bell, Charles Dickens et bien d’autres viendront nous aider dans notre quête. Personnellement, j’ai bien aimé « participer » à certains événements importants de l’histoire comme la création des premières lignes téléphoniques. Bref, c’est intéressant de vivre une période aussi proche de la nôtre et c’est toujours aussi éducatif.

Plus violent et plus sombre que jamais

Assassin’s Creed Syndicate est bourré d’action et c’est sans aucun doute le plus excitant opus depuis quelques années. C’est aussi le plus violent et le plus sombre parut jusqu’à maintenant. En effet, c’est fini les combats à l’épée. D’une part, Jacob se bat principalement à main nue avec des poings américains alors qu’Evie se sert d’une puissante canne doublée d’une lame très tranchante. Avec de telles armes, le jeu n’a d’autres choix que d’offrir une expérience assez violente toujours axée sur les combats rapprochés. Je ne me souviens pas d’avoir vu autant de sang giclé, de dos brisés, de gorges tranchées en plein durant les combats. Parfois, on pouvait entre les os de nos ennemis se fracasser et c’était satisfaisant. D’ailleurs, même lorsqu’on doit abdiquer durant un combat, on a droit à une scène assez violente pour notre personnage.

De plus, avec la période visitée, le jeu laisse place aussi à une atmosphère assez sombre. On visite des quartiers très pauvres et sales. Je ne voudrais pas m’y promener seul. L’arrivée de l’industrialisation laisse aussi place à la montée des usines et de l’utilisation du charbon qui laissent place à de nombreux nuages de fumée ce qui assombrit parfois le paysage.

Cependant, ce que j’ai trouvé le plus choquant, c’est de voir l’implication des enfants dans cette époque. Évidemment, le récit rapporte les faits, mais ça m’a frappé d’être placé devant cette réalité. En effet, j’avais de la difficulté à voir le régime en place exploiter les enfants pour les forcer à travailler dans des conditions complètement atroces. Ça m’a fait détester encore plus détester Starrick et sa bande. Bref, même s’il est difficile à aborder, c’est un thème nécessaire et qui m’a conscientisé de la chance qu’on a que la société s’est beaucoup développé depuis.

Enfin, j’ai aussi beaucoup apprécié les améliorations qui ont été apportées à la jouabilité comme le grappin qui nous permet enfin de grimper plus rapidement le long des structures. Avec les édifices qui sont de plus en plus hauts, c’est agréable d’avoir cette option supplémentaire et c’est encore plus génial de pouvoir s’en servir pour se déplacer entre deux maisons pour surprendre nos ennemis. L’autre aspect, c’est l’arrivée des calèches qui m’ont encouragé à privilégier cette option de déplacement plutôt que de me téléporter partout comme dans Unity. J’ai l’impression d’avoir pu davantage profiter de la recréation de cette immense ville ainsi, même si conduire des chevaux n’est vraiment pas évident.

Un opus plus difficile

L’autre aspect que j’ai bien aimé, c’est que le jeu devient plus difficile en progressant. C’est-à-dire que c’est pratiquement impossible de se concentrer seulement sur la quête principale puisque vous allez atteindre un plafond. En effet, en faisant les missions principales et secondaires, on obtient des points d’attributs qu’on utilise pour améliorer nos personnages. Après un certain nombre de points distribué, on monte de niveau. Selon celui-ci, le jeu va vous recommander ou non de visiter certains endroits et faire certaines missions. En vous limitant à la quête principale, vous allez vous retrouver éventuellement devant des ennemis simplement trop forts pour vous. Heureusement, les quêtes secondaires sont quand même assez diversifiées et suffisamment intéressantes pour qu’on ne s’en décourage pas. Il y en a pour des heures et des heures si on veut tout compléter et maximiser nos deux protagonistes. D’ailleurs, non seulement on obtient plus d’expérience, mais on gagne plus de sous et de matériaux pour fabriquer de meilleures pièces d’armures ainsi que des armes plus puissantes. Ça vaut donc amplement la peine de les faire.

Une excellente trame sonore

J’ai joué à pratiquement tous les Assassin’s Creed jamais parus et je ne me souviens pas d’avoir autant accroché à une de leur trame sonore. Même qu’une fois, pendant que je me promenais de toit en toit, je me suis arrêté pour pleinement profiter de la musique qui venait d’embarquer. Notre collègue Marc-Antoine avait d’ailleurs mentionné dans un de ses articles qu’on devrait s’attendre à quelque chose d’assez unique avec Austin Wintory à la tête de cette composition. Celui qui est derrière de la musique d’autres excellents titres comme Journey et The Banner Saga, offre plus de trois heures de trame sonore. C’est impressionnant comment le tout cadre parfaitement avec cette période de l’histoire.

Puis, je ne sais pas si c’est parce que le paysage était plus sombre, mais j’ai eu l’impression que le jeu était un peu en arrière en terme de graphique par rapport à Unity. Cependant, je crois que ç’a été fait ainsi au profit de beaucoup moins de problèmes techniques et d’une meilleure fluidité.

Le verdict

Je suis conscient que ça fait beaucoup d’opus dans un temps trop restreint aux yeux de plusieurs, mais Assassin’s Creed Syndicate a été mon préféré depuis Brotherhood. D’une part, les développeurs ont apporté toutes les améliorations qui avaient été faites avec Unity. Ils ont enlevé le multijoueur qui était un peu inutile en plus de faire quelques ajustements nécessaires à la jouabilité. Enfin, ils ont ajusté le tout avec une bonne histoire et une excellente trame sonore qui font de cet opus une expérience plus complète et mieux peaufinée que la précédente. Bref, j’aime mon Syndicate et j’ai bien hâte de voir Jack l’Éventreur dans le DLC et les prochains projets d’Ubisoft Québec.

Ma note : 9/10

Testé sur PlayStation 4
Offert en français
Site officiel: http://assassinscreed.ubi.com/