[Critique] Halo 5 : Guardians

Il n’y a pas de franchise de jeu vidéo plus importante pour Microsoft que Halo. Depuis les débuts de la marque Xbox, il n’y a aucun doute que c’est la franchise qui a su le mieux vendre la console. Opus après opus, c’est elle qui établissait les nouveaux standards de qualité. Même en fin de vie de la Xbox 360, 343 Industries avaient réussir à pousser la console à sa limite en nous impressionnant encore une fois avec Halo 4. C’est aussi synonyme avec la continuité de la quête de Master Chief et celle-ci s’annonçait plus ambitieuse que jamais.

Je vous recommande de finir le 4e opus avant de lire cette critique puisque ce nouveau chapitre fait suite à des événements importants du précédent.

Synopsis

Ça ne va pas très bien sur les colonies de la race humaine puisque cinq d’entre elles viennent de subir ce qui semblerait être des frasques explosives provenant directement des Forerunners. Le capitaine Thomas Lasky de l’organisation UNSC fait alors appel à Spartan Locke, notre nouveau protagoniste, et son équipe nommée Fireteam Osiris. Dre Halsey, kidnappée dans l’opus précédent, a réussi à rentrer en contact avec Lasky et elle pense avoir plus de détails sur les origines de ces attaques. Il envoie donc Locke et son équipe la chercher. Parallèlement, Master Chief et Blue Team continuent de faire plusieurs missions pour UNSC. Durant l’une d’elles, Chief perd connaissance pendant quelques instants et il a des visions de Cortana. Il décide alors d’aller à sa recherche malgré des indications contraires de l’organisation. Qu’arrivera-t-il lorsque le destin des deux protagonistes se croisera? Est-ce la fin pour Master Chief et est-ce que Cortana est réellement de retour? Ce sont toutes des questions que se posait la communauté avec le lancement de Halo 5 : Guardians.

Un scénario qui va dans toutes les directions

Suite aux premières missions et à toute la campagne de publicité qui a entouré ce nouveau chapitre, j’étais très excité de découvrir les mystères derrière cette histoire. L’arrivée d’un deuxième protagoniste d’importance est vraiment le bienvenu et ça apportait deux perspectives bien intéressantes. On atteint le point de culmination où plusieurs nouveaux personnages qui ont été introduits dans l’univers de Halo depuis le dernier chapitre se retrouvent enfin dans le même scénario. On pouvait donc s’attendre à ce que le jeu change un peu de direction et que j’allais en découvrir davantage sur les mystères que renferme encore cet univers. Le problème, c’est que le jeu s’en va dans de nombreuses directions, mais rien n’aboutit vraiment à la fin du scénario qui m’a pris environ 8 heures à terminer. En fait, j’ai eu carrément l’impression qu’Halo 5 était un prologue à Halo 6. C’est difficile à accepter, car je n’avais jamais été déçu d’un scénario de cette franchise, qui est aussi ma préférée, jusqu’à maintenant et j’anticipais quelque chose de grandiose.

Plusieurs améliorations

C’est dommage pour le scénario parce que, dans l’ensemble, le reste est très bien exécuté. D’entrée de jeu, on remarque tout de suite que la jouabilité est plus fluide que jamais. Comme je le mentionnais dans mon aperçu, le taux de rafraîchissement qui est finalement passé à 60 images par seconde en plus de la résolution de 1080 p fait grandement du bien à la qualité visuelle. On sent que notre personnage répond mieux à notre manette et qu’on a un meilleur contrôle. Outre cet aspect, nos Spartans sont désormais en mesure de donner de puissants coups d’épaule à leurs ennemis en plus de pouvoir sauter dans les airs pour ensuite charger sur des méchants au sol. Cependant, l’addition qui est la plus intéressante dans la campagne, c’est la possibilité de se faire ramener dans l’action par nos alliés. Dès qu’un ennemi nous vide de tous nos points de vie, c’est possible d’appeler les autres membres de notre équipe à l’aide. Par contre, dans certaines situations, il est impossible de revenir.

Un autre nouvel élément, c’est la possibilité d’utiliser une fonction zoom sur chaque arme. Bien que pour quelques-unes d’entre elles, c’est complètement inutile, j’ai bien apprécié cette nouveauté. D’ailleurs, si vous vous faites tirer pendant que vous vous servez de cette fonction, vous retrouverez votre vision régulière.

Si on reste dans l’optique de la campagne, le studio 343 Industries a tenté d’amener un peu de rejouabilité en cachant quelques « Intels » qui nous offre quelques dialogues de scénario complémentaires. De plus, les environnements sont aussi plus grands que jamais. Sans entrer dans un univers de monde ouvert, c’est la première fois qu’on voit des niveaux aussi développés et aussi larges dans une campagne de Halo. Enfin, j’ai eu aussi l’impression qu’il y avait plus d’ennemis que jamais. En solo, ça devenait parfois un peu chaotique puisque nos compagnons ne semblaient pas particulièrement alertes, mais c’est parfait pour un peu de coop à quatre joueurs. Après tout, c’est ainsi qu’on l’apprécie plus : en ligne avec des amis, mais c’est dommage qu’ils aient enlevé le coop local.

Puis, si nos coéquipiers ne sont pas très allumés, je ne suis pas prêt à en dire autant des ennemis qui ne nous laissaient souvent aucune chance. J’ai même eu quelques difficultés en étant seul même au niveau de difficulté moyenne. Il y a, entre autres, un nouvel ennemi très puissant qui est assez compliqué à vaincre les premières fois. En plus des ennemis, on a aussi droit à plus d’armes que jamais et j’étais bien content d’avoir autant de choix.

Plus beau que jamais

On a vu un aperçu de ce que pouvaient être des cinématiques de nouvelle génération avec le travail qu’avait fait Blur Studio en refaisant les scènes de Halo 2 pour Halo : The Master Chief Collection. Eh bien, pour Halo 5 : Guardians les scènes sont encore plus jolies et mieux définies. On le remarque particulièrement lorsqu’on voit les visages de Locke et de Buck (Nathan Fillion) puisqu’on est familier avec les acteurs qui les incarnent. Le décor aussi est plus complet, on a beaucoup de détails dans l’arrière-scène et c’est impressionnant lorsqu’on s’arrête et qu’on regarde l’action qui se déroule dans l’espace autour de nous. On le remarque dès la première mission. J’aime bien aussi qu’on visite différents environnements sur plusieurs planètes qui proposent des couleurs brillantes et très variées.

Un multijoueur qui pardonne presque la campagne

Une fois que j’avais avalé la pilule d’une campagne décevant, je me suis lancé dans le multijoueur avec beaucoup d’espoir. En discutant avec l’équipe de développeurs : Josh Holmes, Bonnie Ross et Tim Longo, j’ai vite compris que c’était une priorité pour eux. Alors que l’expérience avait été assez désastreuse l’an dernier, je dois dire que j’ai beaucoup aimé toutes les nouveautés qui ont été apportées. J’ai toujours rêvé de voir quelque chose semblable au nouveau mode nommé Warzone. Bien que j’aimais bien jouer quelques matchs en 2v2 ou 4v4 par le passé, j’appréciais aussi faire du Big Team Battle qui proposait surtout du 8 contre 8. Cette fois, on a droit à du 12 contre 12 et on retrouve deux choix. On a le choix entre d’immenses combats qui se concentrent surtout sur le contrôle de territoire à une équipe contre l’autre où l’une doit se défendre contre l’adversaire qui attaque. L’autre mode ajoute des ennemis qui fonctionnent sous l’intelligence artificielle. Ainsi, chaque équipe contrôle sa base, mais les deux groupes poursuivent aussi le même objectif qui est de réussir à anéantir les créatures ennemies. Ceci laisse place à d’énormes combats assez épiques et qui demandent beaucoup de coordination.

Pour ceux qui sont moins intéressés par le mode Warzone, il y a toujours la possibilité de se tourner vers les modes plus compétitifs comme « Slayer », « Free-for-all » ou « Swat ». Par contre, une y retrouve aussi une nouveauté et il s’agit de « Breakout ». Dans celui-ci, ça fonctionne par élimination. Vous n’avez qu’une seule vie et il faut réussir à anéantir l’ennemi avant qu’ils ne viennent à bout de nous. Je pense que c’est un mode parfait pour ramener la scène très compétitive du « e-sport » vers Halo.

Puis, les modifications de la jouabilité dont je parlais d’entrée de jeu ont aussi fait le saut dans le multijoueur. Cela permet des combats plus rapides, plus intenses et franchement plus excitants. J’aime beaucoup de me servir du bouton « B » pour rapidement esquiver une grenade ou pour surprendre un ennemi. Ça m’apportait beaucoup de satisfaction et ça teste bien les talents des joueurs.

Enfin, le jeu nous offre énormément de personnalisation dans le multijoueur. Bien que son système de carte encoure un peu trop les microtransactions à mon goût, on peut très bien s’en sortir sans. Celui-ci permet au joueur de débloquer certaines armes, des bonis divers ou même des véhicules afin d’être mieux équipé pour notre prochaine session en ligne. Bref, ça faisait un bon moment que je n’avais pas eu autant de plaisir dans le multijoueur d’Halo et je suis bien heureux. Les changements apportent beaucoup de fraîcheur et c’était nécessaire pour renouveler l’intérêt que plusieurs amateurs ont perdu depuis l’an dernier.

Verdict

Vous en aurez déduit que j’ai été bien déçu par l’histoire que nous présente Halo 5 : Guardians. La promotion menant au titre laissait place à tellement de possibilités et c’est bien dommage de constater que le scénario se développe finalement trop peu. Pourtant, le design de niveau est vraiment plus intéressant que jamais et les quelques changements apportés à la jouabilité apportent une plus-value indéniable. Heureusement, jusqu’à présent, le multijoueur pardonne presque ce faux pas et je vais continuer d’y jouer énormément. Il faudra voir si les serveurs tiendront cette fois.

Ma note : 8/10

Exclusivité Xbox One
Offert en français
Site Officiel : http://www.xbox.com/fr-CA/games/halo-5-guardians