[Critique] APT

Vous aimez les casse-têtes ? Vous aimez enchaîner une suite complexe de déplacements parfaitement orchestrés afin de vous rendre d’un endroit à un autre dans un parcours toujours plus difficile ? Recommencer encore et encore ne vous fait pas peur ? Alors APT est là pour vous !

Vous êtes Alice, une femme amnésique, et vous avez été envoyés dans l’ « APT Science facility » afin de procéder à des tests hautement importants ! Du moins, c’est ce qu’on vous dit. Un tutoriel avec des dialogues vous montre les bases du fonctionnement de votre habit robotisé et c’est tout ce dont vous aurez droit comme « scénario » dans l’univers d’APT.

Sauter, s’agripper et activer des plates-formes

L’équipement robotisé dans lequel vous vous trouvez vous permet de sauter et de lancer une sorte de grappin laser qui vous permet de vous accrocher à certains éléments du décor pour vous lancer plus haut. Vous pouvez aussi effectuer un double saut pour vous propulser dans les airs.

Le jeu nous propose comme défi de se déplacer du point A au point B le plus rapidement possible en utilisant notre laser et notre double saut, en plus d’activer des plates-formes qui seront accessibles seulement pour une courte durée.

Un jeu qui ne fait pas de concession

Ça semble facile sur papier de simplement se déplacer du point A au point B en ayant une belle armure aux pouvoirs spéciaux, mais la réalité est bien différente ! Le jeu demande une précision sans faille. Vous devez exécuter un enchaînement de déplacements, d’utilisation de vos capacités et de pivots de caméra à la seconde près, si vous espérez réussir un tableau.

Vous n’arrivez pas à réussir un tableau ? N’espérez pas trouver de solution miracle sur internet parce que même si vous trouvez une vidéo qui vous montre exactement comment faire pour réussir certains passages difficiles, répéter la même séquence est excessivement ardu. Ça demande des nerfs d’acier pour passer au travers du jeu. Surtout qu’à part une petite musique d’ambiance, vous n’aurez rien pour vous encourager à persévérer. Pas le moindre indice, pas le moindre coup de pouce ni même seulement une petite trame narrative… rien !

Je n’aurais pas dit non à un petit coup de pouce après une centaine d’essais ou, du moins, la possibilité de passer par-dessus un tableau, surtout que les tableaux ne sont pas liés l’un à l’autre. En toute honnêteté, je n’ai pas réussi à terminer le jeu et j’ai pourtant terminé les deux jeux Portal sans aucune difficulté. On parle réellement d’un défi très exigent !

Est-ce que je vise mal ?

J’ai eu énormément de difficulté avec certains contrôles du jeu. J’ignore si je suis juste mauvais pour viser correctement les sphères sur lesquelles je dois m’accrocher ou si certains angles sont moins enclins à permettre de s’accrocher correctement, mais je pense que presque tous mes essais ont échoué à cause de ma difficulté à m’accrocher aux sphères en mouvement. J’ai même filmé certaines séquences pour voir au ralenti si j’ai réellement manqué mon tir, mais c’est difficile de se prononcer quand le laser est un faisceau bleu et que la sphère dégage un grand nombre d’étincelles bleues qui nous empêchent de savoir si nous avons tiré trop tôt, trop tard ou si le problème provient de l’angle de tir.
Il y a un délai de 3 secondes pour la recharge de notre laser ainsi que pour l’utilisation de notre double saut, donc si on manque notre coup, nous n’avons pas de deuxième chance.

Le moteur Unreal Engine 4 au rendez-vous

Je dois admettre que le jeu est vraiment beau. Les pièces dans lesquelles nous évoluons sont généralement simples, rectangulaires et contiennent peu d’éléments, mais le tout est très beau à voir. Les effets de lumières, les halos et les reflets donnent vraiment une esthétique soignée au jeu. Ce n’est pas avec ce jeu que nous allons pouvoir déterminer le plein potentiel de l’Unreal Engine 4, mais ça donne une belle idée des possibilités à venir pour le moteur.

Un petit air de déjà-vu

On ne se le cachera pas, dès l’ouverture du jeu on retrouve un visuel et une entrée en matière qui rappellent fortement l’univers de Portal. Le titre de l’« APT Science facility » rappelle un peu celui d’« Aperture Science » de Portal. La différence, par contre, se fait sentir tout de suite par l’absence complète de scénario. Si Portal nous entraînait dans une histoire qui mélange l’action, l’humour et les casse-têtes, APT se trouve ici à n’être qu’une suite sans lien de casse-têtes. La ressemblance s’arrête donc au niveau de l’esthétique de certains niveaux et dans un moindre degré à son entrée en matière.

Une durée directement liée à vos capacités

Difficile d’évaluer la durée de vie d’un titre comme APT. J’ai complété le tutoriel et 8 des 29 tableaux de base disponibles dans le jeu en moins de trente minutes et j’ai passé ensuite plusieurs heures sur le même tableau sans avoir réussi à en voir le bout.

Si vous possédez une dextérité légendaire et qu’aucun tableau n’est un obstacle pour vous, vous aurez probablement fait le tour de ce qui est proposé en moins de trois heures. Pour les autres, comptez facilement de six à douze heures pour achever le parcours au complet, voire plus, si, comme moi, vous vous butez à certains tableaux en particulier.
Le titre aurait énormément à gagner en offrant un éditeur de tableaux pour permettre à la communauté de partager ses créations, ce qui aurait décuplé de façon exponentielle la durée de vie du jeu. Espérons qu’une prochaine mise à jour vienne pallier à ce manque.

Un sacré casse-tête

Certains tableaux représentent un défi de taille et vous aurez fort à faire pour venir à bout de tout ce qui est proposé. Ceux qui adorent ce type de jeux seront ravis de la complexité du titre, supporté par une esthétique simple, mais soignée.
Le titre, à mon avis, manque de substance. J’aurais aimé y trouver quelque chose qui me pousse à continuer, à persévérer, surtout que je ne suis pas particulièrement amateur du genre. Après plus de 100 essais, à rencontrer les mêmes problèmes à la même place, mais sans support, sans solution, sans humour et sans dialogue de toute sorte, j’étais plus frustré qu’autre chose. On dirait une très belle démonstration technique d’un titre qui aurait gagné à être plus poussé et à offrir mieux que la satisfaction d’accomplir un tableau ou, dans mon cas, la frustration de revivre sans cesse le même échec.

Ma note 6.5/10


Par Jonathan Harvey
Critique effectuée sur PC
Jeu disponible en anglais
Visitez le site officiel : http://apt-game.com/

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