[Critique] Corpse Party: Blood Drive

Ceux qui ont suivi notre site web durant les dernières années savent que j’aime bien les jeux d’horreur. J’aime le stress et l’adrénaline qu’ils me procurent et je suis toujours prêt à me lancer dans une telle aventure. Par contre, je suis quand même assez difficile quand vient le temps d’évaluer leur qualité et je ne pensais pas pouvoir être satisfait par un titre de ce genre sur une console portable. Pourtant, j’ai découvert la série Corpse Party en 2013 avec Book of Shadows et j’ai beaucoup aimé. Aujourd’hui, je vous présente le troisième opus de la collection et le premier qui est paru en version physique en Amérique du Nord.

Synopsis

Deux mois se sont écoulés depuis les tragiques événements de Corpse Party : Book of Shadows. Ayumi Shinozaki se remet difficilement de sa dernière visite dans le sombre endroit qu’est Heavenly Host Elementary High School. Étrangement, elle et ses autres amis qui ont survécu se retrouvent dans une réalité parallèle où les gens n’ont aucun souvenir de l’existence de leurs amis qui ont laissé leur peau dans le dernier opus. C’est comme si leur existence était carrément disparue de l’histoire. Parmi les victimes, il y a entre autres sa sœur. Or, quelque temps avant son hospitalisation, une proche de sa sœur est venue la voir pour lui dire qu’elle devait absolument remettre la main sur le livre des ombres. Entre de mauvaises mains, il serait très dangereux de laisser ce tome protégé par la famille Shinozaki depuis des décennies. De plus, un étrange garçon vient lui promettre qu’en utilisant l’étrange bouquin, elle sera en mesure de ramener ses amis à la vie. Malheureusement, les indices lui portent à croire qu’elle devra revenir dans l’école maléfique qui lui a fait vivre tant de moments horrifiques. Saura-t-elle s’en sortir à nouveau et ramènera-t-elle ses amis à la vie?

Une fin satisfaisante

Comme le chapitre précédent, le scénario d’introduction place ses pions assez lentement et on n’a pas d’autre choix que de lire de nombreux dialogues avant de sauter dans le vif. C’est vraiment long avant que tout se mette en branle, mais les amateurs de la franchise seront sans toute heureux de suivre les discussions entre les nombreux personnages surtout ceux qui sont récurant. C’est une bonne chose qu’on soit mis au courant dans le détail de ce qui est arrivé entre les deux jeux, mais il me semble qu’on aurait pu mieux résumer le tout. De plus, pour les nouveaux venus ça va difficilement être lourd et difficile à suivre. Néanmoins, l’histoire est intéressante et il y a plusieurs nouveaux personnages qui amènent une nouvelle dynamique. C’est aussi la fin d’une trilogie et je crois que les amateurs qui ont suivi le tout depuis le début auront réponse à beaucoup de leurs questions. Pour ma part, j’étais assez rassasié. D’ailleurs, pour moi cette conclusion a offert le scénario le plus entraînant de la série nord-américaine jusqu’à maintenant.

Une refonte complète

Le premier point qui est très positif, c’est que pour cette itération, Corpse Party a revampé son style en nous présentant une vue isométrique au-dessus de ses personnages dont on contrôle désormais complètement les mouvements. Fini la jouabilité à la « dungeon-crawler » où on devait se promener une case à la fois. Maintenant, on voit très bien les décors et on a un regard plus complet sur l’environnement. J’aime beaucoup ce changement et je crois qu’il était nécessaire pour amener la franchise à un autre niveau. Cependant, le titre semble un peu en retard du point de vue graphique si on le compare à d’autres jeux modernes sur console portable.

Plus épeurant et plus stressant

Heureusement, on peut quand même dire que cette nouvelle jouabilité rend l’atmosphère encore plus stressante qu’avant puisqu’on voit mieux les esprits qui hantent l’école et qui se promènent dans les environs. D’ailleurs, lorsque j’ai rencontré mon premier vrai ennemi, je me suis rendu compte à quel point les développeurs avaient réussi à m’immerger dans cette expérience. D’abord, il faisait un bruit totalement satanique et il ne laisse aucune chance à notre pauvre protagoniste. Il faut réussir à l’éviter et s’enfuir suffisamment loin de lui pour qu’il ne nous voie pas nous cacher dans un placard. Une fois, cacher l’écran nous montre le corps de notre personnage qui bat et la couleur des battements indique si l’ennemi est proche. Il m’est arrivé une fois de me cacher et de voir l’œil du monstre qui regardait par la craque de l’armoire. J’ai vraiment fait le saut et s’en était fini de mon personnage qui a connu une mort assez violente. Bref, lorsqu’on entend l’esprit dans les haut-parleurs de la Vita, un sentiment de panique nous empare et la seule solution est de courir. La vulnérabilité de nos protagonistes ajoute beaucoup à l’immersion.

L’autre élément qui est important dans la jouabilité, c’est qu’il faut jauger l’utilisation de notre lampe de poche. Personnellement, j’essayais de la laisser allumer en tout temps et de faire beaucoup d’exploration afin de trouver des batteries un peu partout. Sans lampe de poche, c’est plus difficile de voir les obstacles qui se trouvent un peu partout sur le sol de l’école. Et la grande majorité d’entre eux vont faire très mal à votre personnage. Si vous perdez toutes vos vies et que vous n’avez plus de bandages pour vous soigner, ce sera la fin. C’est important de surmonter nos peurs et de prendre le temps de visiter chaque recoin pour ne pas se retrouver à court de moyens de défense, même si c’est parfois risqué. Un des ajouts qu’on remarque rapidement et qui ajoute à l’immersion, c’est les nombreuses plaques de caillot sanguins qui traînent un peu partout dans l’école. Ceux-ci semblent respirer comme s’il s’agissait d’entités vivantes et si on marche dessus, d’immonde tentacules de sang viennent endommager notre personnage. Bref, mieux vaut faire attention et, grâce à ceux-ci, l’atmosphère est plus inquiétante que jamais dans l’école.

Le verdict

C’est dommage que la série soit si peu connu en Amérique du Nord, parce qu’il s’agit d’un des très bons jeux auxquels j’ai joué sur console mobile. On peut aussi dire que Team GrisGris et 5pb, les deux développeurs derrière cette nouvelle édition, ont fait des changements adéquats à la jouabilité pour l’amener à un autre niveau. Ce n’est pas parfait, mais il faut souligner qu’ils ont réussi leur mission. Celle de nous offrir un jeu qui nous fait sentir inconfortable par son atmosphère immersive et son mystérieux scénario qui nous tient bien en haleine. C’est juste dommage qu’il faut passer par deux opus qui ont un peu mal vieillis afin de profiter pleinement de ce que celui-ci nous offre.

Ma note : 8/10

Exclusif à la PS Vita
Pas offert en français
Site officiel: http://www.corpsepartyblooddrive.com/