[Critique] Fallout 4

Fallout 4, un des jeux les plus attendus de cette décennie, est sur les tablettes depuis deux semaines et, déjà, des millions de joueurs ont passé des centaines d’heures de jeu dans les terres désolées du futur apocalyptique produit par Bethesda. Disponible dans le même mois que le dernier Tomb Raider et Call of Duty, cette mégaproduction arrive avec une promesse de liberté, de durabilité et d’aventure comme peu de titres avant elle.

Attention, il y a quelques gâcheurs mineurs dans le prochain paragraphe. Cette fois-ci, le joueur incarne un parent du Massachusetts en 2077. Celui-ci se fait offrir une place dans un des bunkers communs fabriqués par Vault-Tec. Peu de temps après, la guerre nucléaire éclate et le parent ainsi que son ou sa conjointe et leur enfant Shaun doivent survivre en se rendant au bunker 111. Contrairement à ce qui leur est expliqué, les survivants sont mis dans un sommeil cryogénique. Éventuellement, un homme vient dans le bunker et kidnappe Shaun tout en éliminant la douce moitié du héros. Ce dernier tombe de nouveau dans un état congelé. Cependant, plus tard, une erreur fait en sorte que toutes les stations cryogéniques brisent et le protagoniste est le seul survivant. La rage au cœur, il décide de sortir du bunker avec un seul objectif : retrouver son fils.

Fallout 4 est un jeu immense aux possibilités pratiquement infinies. Malgré la mission principale, le joueur devra continuellement choisir où il veut se rendre et qui il veut aider. Des centaines d’objectifs secondaires lui seront proposés et, après quelques minutes, l’objectif si clair du départ devient très flou parce qu’il y a tant à faire dans cet Univers post-apocalyptique qui se nomme maintenant le Commonwealth.

La création du personnage est vraiment bien ficelée. Honnêtement, le matériel de construction facile est très simple à utiliser. Ainsi, il est possible de fabriquer un personnage très différent de ce qui est proposé au départ et, donc, de vraiment s’approprier la vie du protagoniste. Plus tard dans le jeu, il sera possible d’accéder à des barbiers et des chirurgiens pour modifier de nouveau l’apparence du héros.

Pour ce qui est des compétences, le système est à la fois simple et complexe. Il est simple parce qu’il ne requiert la compréhension que d’une seule page dans laquelle toutes les options sont visibles. Il est facile à comprendre parce que tout est ordonné intuitivement; la rangée la plus haute montre les attributs avec leurs explications et les images en dessous démontrent les compétences reliées auxdits attributs. Ainsi, un personnage avec trois points en Agilité pourra apprendre les trois premières compétences sous la section de l’Agilité, mais pas les autres. Il est aussi possible de mettre des points directement dans les attributs pour augmenter les choix ou atteindre d’autres compétences.

Il est complexe parce qu’à la première visite, le joueur ne saura pas vraiment où mettre ses points puisque, d’un côté, toutes les fonctions du jeu ne sont pas disponibles dès les premières minutes du jeu et, de l’autre, il est difficile de savoir exactement comment une personne jouera et se développera en tant que survivant du Commonwealth. Autrement dit, il y a de fortes chances que la plupart des premiers points assignés dans l’arbre de compétence ne soient pas nécessairement utiles pour le restant du jeu. Ainsi, même tout au début du jeu, les premiers points que le joueur inscrira dans son S.P.E.C.I.A.L. (Strength, Perception, Endurance, Charisma, Intellect, Agility, Luck) ne seront peut-être pas ceux qu’il utilisera plus tard dans le jeu.

Mécaniquement, le jeu permet toutes les approches. Ce titre mélangeant tellement de systèmes différents laisse au joueur le choix de sa méthode de jeu : discrétion, fabrication d’objets, charisme et alliés, brute au combat rapproché, scientifique qui s’augmente grâce à des drogues, pistolero à la précision inquiétante, etc. Il y a tellement de manières différentes et uniques de jouer qu’il est difficile de ne pas se perdre, mais il ne faut pas s’inquiéter puisque les systèmes permettent d’évoluer constamment et d’acquérir de plus en plus de compétences jusqu’à devenir pratiquement un dieu de cette dystopie.

Durant les combats, le joueur possède des points d’action qu’il peut utiliser pour courir, frapper ou utiliser le SVAV (le Système de Visée assistée Vault-Tec qui sert à ralentir le temps et demander au personnage de visée automatiquement). Selon l’arme utilisée et des statistiques du personnage, ce dernier usera un certain nombre de points d’action. Viser les points faibles de ses adversaires et comprendre le système de défense contre certains éléments (radiation, feu, balles, chocs, etc.) est important pour bien savoir comment résister dans les batailles, mais surtout pour infliger de graves dégâts à ses ennemis avant qu’ils n’aient la chance de répliquer, car Fallout 4 ne pardonne pas. Sauvegardez très souvent; le jeu ne le fera pas pour vous.

Le combat en tant que tel se déroule plutôt simplement. Outre le SVAV, les systèmes de visée et de tir à l’arme à feu fonctionnent très bien et sans accros. Il est de même pour les coups en mêlée malgré le fait qu’il est plus difficile de viser un membre. J’ai un peu de difficulté avec les lancées de grenades puisqu’il n’y a rien pour indiquer où elles tomberont, mais ce n’est pas si dérangeant. Il est possible d’assigner des objets comme des armes et du matériel de soin pour qu’ils soient facilement accessibles sans avoir besoin d’ouvrir les menus. C’est important, il faut le dire, d’avoir différentes armes pour différentes situations puisque le Commonwealth regorge d’ennemis ayant des compétences, résistances et capacités uniques : pilleurs, super-mutants, insectes géants, monstres gigantesques, etc.

Sans passer trop de temps sur la description des interfaces, il faut dire qu’elles ne feront pas le plaisir de tous. L’objectif de ces écrans est l’immersion plus que la compréhension. La grande majorité des interfaces est à l’intérieur de Pip-Boy, un ordinateur portable attaché au poignet. Donc, le joueur doit naviguer au travers des diverses fenêtres de l’engin et parfois l’information peut être difficile à trouver. Il faut l’admettre, les menus sont contre-intuitifs. Par contre, ils ne demandent pas au joueur de sortir temporairement du jeu pour faire des choix, ce qui est très bien pour qu’il reste immergé dans l’action. Néanmoins, des systèmes comme la furtivité et la construction pourraient suivre un peu plus les règles heuristiques.

La carte du monde de Fallout 4 est énorme. C’est une des plus grandes cartes que j’ai vue et le point le plus surprenant c’est qu’il y a vraiment beaucoup de villes, d’instances et de zones à y découvrir. Il y a des centaines d’endroits dans lesquels il est possible de pénétrer et des milliers de situations uniques, scriptées ou non, se déroulant à l’extérieur. Les décors sont immenses et même au niveau graphique le plus bas, les animations et l’environnement sont très bien! Le simple fait de se balader est suffisant pour avoir du plaisir tellement il y a des choses à découvrir.

De surcroît, le joueur a aussi la possibilité de construire des tonnes de choses : des campements, des armes, des armures, des bombes et même des médicaments. Pour ce faire, il aura à chercher plusieurs types de débris qui lui serviront d’ingrédients à ces recettes. Ainsi, pour cet opus-ci, la collecte de babioles et de détritus est largement plus utile dans que les prédécesseurs de la série. Avant, ça ne servait qu’à être vendu à des prix modiques, maintenant, grâce à ces ordures, il est possible de construire des armes très dangereuses et même de se faire des copains.

Finalement, et c’est une sorte de mini-gâcheur, une activité additionnelle de ce titre à laquelle le joueur peut s’abandonner est la gestion des campements. Effectivement, au fur et à mesure que le joueur aide un certain PNJ, il recevra des quêtes qui lui permettront de construire des campements et d’y inviter des survivants. Des tonnes d’options de construction sont disponibles pour faire des villages uniques, bien défendus et originaux. Il faut surveiller le bonheur de ses citoyens et aussi faire attention à bien protéger les campements sinon ils se feront attaquer par des pilleurs et autres trouble-fêtes de la ville de Commonwealth.

En conclusion, Fallout 4 est un jeu gigantesque aux possibilités très variées. Si un joueur fait plusieurs fois la même mission avec le même personnage, il aura sûrement des expériences très différentes. Puisqu’il y a vraiment beaucoup de choix de compétences ou de style de jeu divers, il est difficile de savoir à quoi s’attendre et chaque partie devrait apporter son petit quelque chose d’unique et de rafraîchissant. Tous les mauvais côtés, comme les interfaces, les quelques bogues ou bien la quantité de choses à apprendre et à se souvenir, sont complètement surpassés par un jeu solide, plaisants, jolis et vraiment grands. J’avais eu des centaines d’heures de plaisir avec Fallout 3 et Fallout New Vegas et je pense en avoir encore plus avec Fallout 4.

Ma note 9/10

Testé sur PC
Aussi offert sur Xbox One, PlayStation 4
Disponible en Anglais, Français et plusieurs autres langues.
Site officiel: https://www.fallout4.com